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𝐄𝐃𝐈𝐓𝐎𝐑𝐈𝐀𝐋 : Ousmane Sonko a dĂ©jĂ  signĂ© la charte de non-violence

Lundi 22 Novembre 2021

Lors de son intervention au meeting d’investiture des candidats de Yewwi Askan wi des dix-neuf communes de Dakar aux Ă©lections locales du 23 janvier 2022, Ousmane Sonko a encore une fois fait parler de lui. Comme d’habitude, par souci d’uniformisation et par mimĂ©tisme, parfois, certains se sont empressĂ©s de condamner la position sans Ă©quivoque du leader de PASTEF qui a rejetĂ© toute signature d’une « nouvelle » charte de non-violence.


Pour comprendre cette position d’Ousmane Sonko, il faut remonter la pente du temps et convoquer les Ă©vĂ©nements rĂ©cents qui l’ont mis au-devant de la scĂšne. Certains passent Ă  cĂŽtĂ© de l’essentiel de son message, en se focalisant sur la forme, la maniĂšre de marquer son refus de participer Ă  ce qui pourrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une goutte d’eau dans l’ocĂ©an de la crise politique au SĂ©nĂ©gal, de plus en plus caractĂ©risĂ©e par une violence multiforme et inouĂŻe.
FidĂšle Ă  sa ligne de communication- celle de PASTEF-, Ousmane Sonko a refusĂ© de tourner en rond, en rejetant la signature de la charte de non-violence, initiĂ©e par une partie de la sociĂ©tĂ© civile, qui a toutes les chances de connaĂźtre le mĂȘme sort que les prĂ©cĂ©dentes, c’est-Ă -dire ĂȘtre classĂ©e sans suite.


En effet, le travail de cette sociĂ©tĂ© civile ne doit pas consister Ă  refaire le mĂȘme parcours- celui qu’elle a empruntĂ© en fĂ©vrier-mars dernier- pour aboutir au mĂȘme rĂ©sultat : la signature d’une charte mort-nĂ©e. Elle doit dĂ©ployer tous ses efforts pour faire respecter la constitution, la mĂšre des chartes, afin que des sujets sur les mandats de nos prĂ©sidents soient dĂ©finitivement rayĂ©s du dĂ©bat public. Cette sociĂ©tĂ© civile doit enfin rappeler au gouvernement ses engagements Ă  garantir la sĂ©curitĂ© des citoyens qui dĂ©pend en grande partie de l’organisation d’élections libres, apaisĂ©es et transparentes.


Quant Ă  Ousmane Sonko, il a simplement exprimĂ© sa ferme volontĂ© Ă  ne pas participer Ă  une mascarade, d’autant plus qu’il a dĂ©jĂ  signĂ© la charte de non-violence, dite de Bignona, qui comporte, entre autres, la mention suivante : « Nous lançons aujourd’hui, depuis Bignona, un appel Ă  toute la classe politique, ainsi qu’à tous leaders d’opinion, aux mouvements citoyens et Ă  la sociĂ©tĂ© civile, pour sceller un pacte, le PACTE DE BIGNONA.
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 Il s'agit d'agir individuellement et collectivement pour l’unitĂ© nationale, la paix et la concorde dans l’espace politique, de bannir dans les discours, comportements et dans les actions tout ce qui peut susciter, entretenir ou encourager la haine et la division sur des bases religieuses, ethniques ou communautaristes ». Ce pacte, cette charte dont Ousmane Sonko fait partie des principaux initiateurs reste toujours d’actualitĂ© et s’adresse Ă  tous les citoyens sĂ©nĂ©galais, toutes catĂ©gories confondues. Ce document vient renforcer le pacte « tacite » signĂ© sous l’égide du Khalife GĂ©nĂ©ral des Mourides pour Ă©viter de replonger le pays dans une spirale de violence, Ă  l’image de celle de fĂ©vrier-mars 2021.


Dans cette perspective, est-il pertinent de faire le tour des organisations politiques pour leur faire signer une « nouvelle » charte ? En termes clairs, Ousmane Sonko rappelle Ă  la sociĂ©tĂ© civile qu’elle doit veiller Ă  l’application des engagements pris par le gouvernement, au lieu de l’inviter Ă  rĂ©citer une leçon dĂ©jĂ  sue. La dĂ©claration du leader de PASTEF mĂ©rite d’ĂȘtre replacĂ©e dans son vrai contexte.

Amadou SOW

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