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"Le Franc Cfa est la monnaie du mal", selon l'économiste Ndongo Samba Sylla

Lundi 28 Mai 2018

Au cœur des débats. S’il est vrai que nombre d’activistes dénoncent l’existence de monnaie coloniale dans un monde aussi moderne, l’économiste Ndongo Samba Sylla croit dur comme fer que le franc Cfa est la monnaie du mal. Ceci, pour nombre de raisons qu’il a clairement expliquées.

La question est posée avec acuité surtout à un moment où dans plusieurs pays qui ont en partage cette monnaie, des activistes lèvent le ton pour une monnaie totalement affranchie de la France. D’ailleurs, au Sénégal comme un peu partout, le Front anti Cfa lève le ton et mène des actions pour sensibiliser les populations sur la pertinence de rompre avec la France. 

Mais, il faut dire que les membres de cette organisation – sans oublier plusieurs intellectuels – ne sont pas seuls dans leur combat. Et pour cause, leur position est bien partagée par d’éminents économistes. 

C’est par exemple le cas de Ndongo Samba Sylla, chercheur à la Fondation Rosa Luxembourg, qui a déclaré que « nous sommes dans une zone monétaire qui a des réserves qui sont placées dans un compte d’opérations à Paris. Ces réserves sont très peu rémunérées. Cela veut dire que c’est nous qui payons pour qu’on garde cet argent. Le taux d’intérêt, c’est 0,75%.

L’inflation, c’est 1% environ en zone Euro ». Une occasion pour faire savoir que « les intérêts réels sont négatifs ». L’invité de l’émission « Objection » va plus loin lorsqu’il affirme : « Nous, nous laissons cet argent là-bas parce que cet argent, on ne peut pas le prendre. 

Mais, on peut créer du crédit pour pouvoir financer l’économie ». Très critique par rapport au franc Cfa, M. Sylla fait également remarquer que « les États vont s’endetter à des taux prohibitifs, 6%, 7%. Et, en devises étrangères. Cela démontre que le franc Cfa n’est pas une monnaie souveraine. 

À chaque fois, on retourne à cette question du financement et le financement est toujours lié à la monnaie néocoloniale ». Clamant que dans ces conditions il est quasi impossible de parler d’émergence, à l’en croire, « ce système tant qu’il est là, se fera malheureusement au détriment du peuple et aux États qui vont devoir s’endetter. Et, à la prochaine crise, c’est-à-dire lorsque les taux d’intérêts augmenteront et lorsque le cours du pétrole, un peu des matières premières, ne sera plus

Intéressant on revient à la case de départ ». Par ailleurs, interpellé sur la marche du pays, celui qui est aussi membre du mouvement « Senegaal bu mom boppam- Deug », signale que nous avons une jeunesse de plus en plus nombreuse. Seulement, s’empresse-t-il de souligner : « À vrai dire, nous avons un système politique qui leur dit que vous n’avez pas d’avenir.

Cette jeunesse-là ne va tranquillement à ne rien faire. Donc, tôt ou tard, si on ne va pas vers des réformes audacieuses avec plus de démocratie, de souveraineté, d’égalité, de solidarité entre nous, c’est un système qui inexorablement doit imploser. »

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