L’état de siège en RDC , échec ou réussite ?

Lundi 9 Mai 2022

Au cours d’une réunion, le 4 mai, avec le gouvernement et les députés des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le président a dressé un bilan sévère de la mesure, avant de convoquer une table ronde dans les prochains jours.


Voilà exactement un an que Félix Tshisekedi a pris cette mesure exceptionnelle. Manque de préparation, dépassements budgétaires et complicités internes avec les groupes armés… L’état de siège est régulièrement dénoncé, notamment par les députés nationaux des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.


Ces derniers ont d’ailleurs suspendu leur participation aux plénières à l’Assemblée nationale, consacrées tous les quinze jours à sa prolongation, afin de protester contre la persistance des massacres de populations. Le 3 mai, le projet de loi portant prorogation de l’état de siège a malgré tout été adopté pour la 23e fois en première lecture. Le lendemain, le président a donc convoqué une réunion afin de discuter de la situation sur le terrain.

« Pas une réussite »
Félix Tshisekedi a réuni les députés nationaux abstentionnistes et le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, qui lui ont chacun remis un rapport. Se sont joints à cet entretien les ministres Aimé Boji (Budget), Gilbert Kabanda (Défense), Rose Mutombo (Justice), Julien Paluku (Industrie) et Patrick Muyaya (Communication), le chef d’état-major général de l’armée et le patron de la police nationale congolaise.


Selon Jeune Afrique, le chef de l’État a reconnu « qu’en dépit de quelques avancées indéniables, on ne peut pas parler de réussite ». Il a donc annoncé, dans les prochains jours, l’organisation d’un table ronde dans un format réduit, qui lui permettra de trancher avant la fin de l’actuelle session parlementaire, qui doit prendre fin le 15 juin. Félix Tshisekedi s’est enfin dit opposé à ce qu’une nouvelle loi d’habilitation soit prise à cette date, laquelle permet au gouvernement de statuer dans le domaine législatif pendant les vacances parlementaires.

Plus de 120 groupes armés
Placer les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri sous administration militaire, remplacer les gouverneurs et les vice-gouverneurs par des hommes issus des rangs de l’armée ou de la police et suspendre les juridictions civiles… L’état de siège devait aider à résoudre le casse-tête sécuritaire dans le Nord-Kivu et l’Ituri, où le Baromètre du Kivu – projet conjoint du Groupe d’étude sur le Congo et de Human Rights Watch qui cartographie les violences de ces régions –, recense plus de 120 groupes armés. Les rebelles des Forces démocratiques alliées seraient à eux seuls responsables de la mort de plus de 1 000 civils depuis novembre 2019, et sur le seul territoire de Beni.


Non seulement cette mesure exceptionnelle n’a pas permis de restaurer la paix, mais elle a également été pointée du doigt en matière de respect des droits de l’homme. Dans son rapport annuel de 2021, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme en RDC a relevé que « le surpeuplement des prisons s’est aggravé » durant l’état de siège, « ce qui pose des risques en matière de sécurité et de santé », en raison « du manque de personnel au sein des tribunaux militaires, et alors que le nombre de prévenus en détention préventive est très élevé. »
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