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Gambie: Trois ans après Jammeh, le président Barrow peine à convaincre

Samedi 29 Février 2020

Trois ans après le départ de Yahya Jammeh, les Gambiens savourent toujours la liberté retrouvée mais expriment plus que jamais un désir de changement pour tourner la page. Catapulté à la tête de l’Etat à la surprise générale, le président Adama Barrow se cherche toujours. Face à un quotidien difficile et les des résultats économiques qui tardent à se concrétiser, la pression s’accentue sur le président.


Pour le Parti démocratique unifié (UDP), première force politique du pays, passé dans l’opposition, il ne fait guère de doute que le bilan économique du tombeur de Jammeh est « négatif » le tout dans un immobilisme total. C’est ce que nous dit son porte-parole dans un entretien accordé à notre correspondant à Banjul.


D’emblée, Almay Fanding Tall, avocat, membre du barreau gambien et porte-parole de l’UDP déplore « les lenteurs » de la réforme de la justice. Il met en cause les lois « répressives » et « liberticides » votées sous Jammeh toujours en vigueur. D’où les tensions notées avec le collectif anti-présidentiel « 3 years - Jotna ».

« Où est le changement si les lois draconiennes de la dictature sont toujours en vigueur ? s’interroge l’avocat. Elles font toujours autorités dans ce pays. L’autorisation de manifester est toujours à la merci de la direction de la police. Tant que ces lois ne sont pas abrogées, l’on ne peut parler de changement », dénonce l’enseignant-chercheur à l’Université de Gambie.

Pour l’opposition gambienne, le plus grand échec du régime, c’est l’économie dans un pays où tout reste prioritaire. L’inflation est élevée, la monnaie nationale s’est fortement dépréciée à tel point qu’Almamy Taal doute de l’aptitude d’Adama Barrow à gouverner le pays.



« L’économie peine toujours à reprendre des couleurs. D’ailleurs, la politique économique du gouvernement nous intrigue. A mon avis, si on n’a pas les compétences requises pour gouverner, on ne doit pas faire du forcing pour continuer [faisant allusion au président de la République, NDLR]. Il faut tirer les conséquences et s’en aller », a-t-il suggéré.

Par ailleurs, Me Taal a dénoncé ce qu’il qualifie de « mise sous tutelle » de la Gambie par son grand voisin, le Sénégal. Il cite plusieurs dossiers dans lesquels le Gouvernement a fait preuve, dit-il, « d’atermoiements ». Mais ce qui choque le plus le porte-parole de l’UDP, c’est la reconduction de plusieurs ministres qui ont eu à travailler sous la dictature et qui détiennent aujourd’hui les portefeuilles stratégiques comme celui de l’Economie, de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

Emedia.sn

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