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"Doumbouya est mal entouré... il préside mais ne dirige pas "

Mercredi 16 Février 2022

Farouche opposant à Alpha Condé, le militant a été nommé le 3 février à la tête du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Libéré de prison au lendemain du coup d’État, il ne mâche pas ses mots face aux autorités de la transition. Et se dit prêt, s’il le fallait, à redescendre dans la rue. Le 5 mars, six mois se seront écoulés depuis la chute d’Alpha Condé. Six mois durant lesquels Mamadi Doumbouya a imprimé sa marque au sommet de l’État et qui, pour Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, ont un goût de liberté. 


Le Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif de la transition, ne permet-il pas aux différents acteurs de s’exprimer ?

Il n’est ni représentatif ni légitime. La plupart de ses membres ont été cooptés, ils sont là par copinage. Si le CNT était représentatif, ses membres n’auraient pas besoin de réaliser la tournée annoncée pour rencontrer des citoyens à travers le pays. Et n’oublions pas que son président, Dansa Kourouma, a été un grand promoteur du troisième mandat d’Alpha Condé.



Une critique dont il se défend lui-même…

Il n’a pas la probité morale et la crédibilité requises pour le poste.

Que lui reprochez-vous exactement ?

Comme dit le dicton, qui ne dit mot consent. De la création du FNDC, le 3 avril 2019, à la chute d’Alpha Condé, Dansa Kourouma n’a jamais lutté contre le troisième mandat. De plus, il s’exprimait publiquement contre les opposants. Nous n’avons pas confiance en lui ni dans le CNT. La durée de la transition doit être très raisonnable et le retour à l’ordre constitutionnel rapide.

Quelle serait la durée raisonnable ?

Nous nous prononcerons très bientôt sur cette question.

Quelle opinion avez-vous de Mamadi Doumbouya ?

Il a pour l’instant ma confiance. Il est rentré dans l’Histoire, à lui maintenant de se battre pour y rester de façon positive. Mais des gens toxiques dans son entourage veulent l’induire en erreur. À mon sens, il préside mais ne dirige pas.

Au sein du CNRD ?

Au CNRD, mais aussi dans son entourage direct ou indirect. Certains partent nuitamment pour le rencontrer, lui disent qu’il faut qu’il reste au pouvoir. C’est mauvais pour lui. La même chose s’est produite concernant Alpha Condé. Certes, il avait lui-même la volonté [de se représenter]. Mais ses ministres auraient pu le convaincre de renoncer, ou à défaut démissionner pour manifester leur désaccord. On voit le résultat aujourd’hui.

 

Que pensez-vous de ces anciens du parti d’Alpha Condé, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), qui s’organisent pour les futures élections et pour désigner un candidat à la présidentielle ?

Tous ceux qui ont fait la promotion du troisième mandat doivent être sanctionnés. Il a coûté cher à la Guinée et causé la mort d’une centaine de Guinéens. Mais en attendant que la justice fasse son travail, ceux qui ont soutenu le troisième mandat doivent être écartés de la gestion publique pendant au moins cinq ans.


Si l’on suit votre raisonnement, tous ceux qui n’ont pas lutté activement contre le troisième mandat pourraient être entendus par la justice…

Les personnes aux postes de responsabilité sont facilement identifiables. Les procureurs, les ministres, par exemple, pourraient être convoqués. La justice est la priorité des priorités.



Qu’attendez-vous des leaders de l’ex-opposition à Condé, dont certains étaient ou demeurent proches du FNDC ?

Je pense qu’ils veulent s’impliquer et apporter leur savoir-faire. Mais sans discussions, comment faire ? L’avenir d’un pays n’est pas l’affaire d’un groupe de copains qui se retrouvent dans de petits bureaux.

Quel regard portez-vous sur la transition malienne, qui fait elle aussi suite à un coup d’État ?

Je préfère ne pas m’exprimer sur cette question.


Jeune Afriique 

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