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Crise au sommet de l’État : Diomaye bloque la promulgation de la loi électorale

Vendredi 8 Mai 2026

Le malaise au sommet de l’État sénégalais franchit un nouveau cap. En demandant une seconde lecture de la proposition de loi modifiant les articles L29 et L30 du Code électoral, le Président Bassirou Diomaye Faye désavoue de facto la démarche de la majorité parlementaire de Pastef, pourtant à l’origine du texte adopté à l’Assemblée nationale.
 

Cette décision présidentielle, annoncée jeudi à travers un message lu à l’hémicycle par le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye, intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et institutionnelles. Le chef de l’État dit vouloir « lever tout équivoque » après la découverte de deux versions différentes du texte transmis pour promulgation.

À l’origine de cette nouvelle séquence politique : une « erreur matérielle » reconnue par l’Assemblée nationale. Selon El Malick Ndiaye, le texte initialement envoyé au chef de l’État ne prenait pas en compte les amendements adoptés lors des débats parlementaires. Une « correction » aurait ensuite été effectuée avant la transmission d’une nouvelle version au Président de la République.

Mais cette explication n’a manifestement pas suffi à convaincre Bassirou Diomaye Faye. En invoquant l’article 73 de la Constitution pour exiger une nouvelle délibération, le chef de l’État marque publiquement sa distance avec la procédure suivie par sa propre majorité.

« Je note que le sujet des deux versions du texte s'est aussi invité dans la presse par la voix de certains députés. Pour lever tout équivoque et garantir la conformité du texte à promulguer à la volonté réellement exprimée par votre auguste institution, je soumets le texte de loi à une nouvelle délibération », a écrit le Président dans son message adressé aux députés.

Cette initiative intervient alors que l’opposition parlementaire, menée par le groupe Takku Wallu dirigé par Aissata Tall Sall, avait vivement contesté l’adoption du texte. Les députés non-inscrits n’avaient pas réussi à réunir les 17 signatures nécessaires pour saisir le Conseil constitutionnel. Quant au groupe Takku Wallu, il avait finalement renoncé à engager un recours, affirmant ne pas vouloir « interférer dans les tensions internes qui secouent le parti au pouvoir ».

En renvoyant le texte devant les députés, Bassirou Diomaye Faye semble désormais placer sa majorité face à ses propres contradictions, au risque d’exposer davantage les fractures qui traversent l’exécutif et la coalition au pouvoir.

Face à cette situation inédite, El Malick Ndiaye a annoncé la réunion du bureau de l’Assemblée nationale afin de définir la conduite à tenir pour la suite de la procédure législative.

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