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Sahel : Le boom de l’or permet aux groupes armés et Jihadistes de se financer

Mercredi 13 Novembre 2019

Les jihadistes et les autres groupes armés ont trouvé dans les mines d'or du Sahel une nouvelle source de revenus, profitant de la défaillance des États concernés, met en garde l'ONG International Crisis Group (ICG) dans un rapport publié mercredi.

Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, « des groupes armés s’emparent depuis 2016 de sites d’orpaillage dans des zones où l’État est faible ou absent. Leur convoitise est attisée par le boom du secteur aurifère artisanal depuis la découverte, en 2012, d’un filon saharien », écrit International Crisis Group (ICG).


Les « groupes armés, y compris jihadistes, trouvent dans les mines d’or une nouvelle source de financement, voire un terrain de recrutement », dit l’ICG. Les sites aurifères peuvent même servir de lieu de formation, par exemple au maniement des explosifs indique le rapport.

Près de 50% des volumes produits artisanalement
Ce dernier souligne l’importance des enjeux non seulement sécuritaires, mais aussi financiers. « La production artisanale (d’or) représenterait désormais près de 50% des volumes produits industriellement. Elle atteindrait chaque année 20 à 50 tonnes au Mali, 10 à 30 tonnes au Burkina Faso et 10 à 15 tonnes au Niger, soit une valeur monétaire globale située entre 1,9 et 4,5 milliards de dollars par an ».


« Plus de deux millions d’acteurs seraient directement impliqués dans l’orpaillage artisanal : un million au Burkina Faso, 700 000 au Mali, et 300 000 au Niger », estime l’ONG selon laquelle le nombre d’emplois indirects pourrait être trois fois plus élevé.

L’ICG préconise que les États « réinvestissent » les zones aurifères, soit directement, soit par l’entremise d’intervenants privés, et réglementent davantage l’exploitation artisanale. Il appelle les Émirats arabes unis – Dubaï spécifiquement -, la Suisse et la Chine, « principaux importateurs » de l’or sahélien, « à renforcer le cadre légal de leurs importations d’or » pour réduire le risque de blanchiment d’argent et de financement des groupes armés.

 Jeune Afrique 

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