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Le silence intrigant de Adji Sarr

Samedi 13 Février 2021

Depuis qu’elle a accusé Ousmane Sonko, leader de Pastef/les Patriotes, de «viols répétés» et de «menaces de mort», la masseuse du salon «Sweet Beauté», Adji Sarr s’est emmurée dans un silence assourdissant.




Cela fait plus d’une semaine qu’elle porte le fardeau du silence. Pourtant, dans cette affaire présumée de viols répétés et de menaces de mort contre le leader du Pastef/les Patriotes, Ousmane Sonko, Adji Sarr, masseuse au salon «Sweet Beauté», est l’actrice principale. Après sa plainte déposée à la section de recherches de la gendarmerie de Colobane (Dakar), Adji Sarr s’est comme éclipsée. Aucune nouvelle d’elle. Son silence est intrigant. Malgré toutes les attaques et les menaces proférées à son encontre, l’accusatrice de Ousmane Sonko fait profil bas. Aucun signe de vie. Aucune nouvelle de Adji Sarr qui, pourtant, dans cette histoire de mœurs, est supposée être la victime. Seul Me El Hadji Diouf s’est affiché publiquement pour défendre la cause de Adji Sarr devant les tribunaux. Pourquoi cette posture ?


Aminata Libain Mbengue, psychologue clinicienne : «Adji Sarr a fait ce qu’elle devait faire. Elle s’est plainte et s’est adressée à qui de droit. Elle a porté l’affaire devant la justice. Elle devient une plaignante, une présumée victime. Je pense qu’elle a bien fait de garder le silence parce que vu le contexte, vu l’ampleur de l’affaire, elle a bien fait de ne pas s’exposer. C’est hyper violent ce qu’elle subit. On est en train de fouiller sa vie, son passé, on fouille ses relations, on la taxe de tous les noms pour dire qu’elle a menti. Si elle s’expose médiatiquement, ce serait beaucoup plus dangereux pour elle, d’autant plus qu’elle n’a pas de soutiens. On la traque et je pense que même sa vie est en danger. Sa santé mentale est en danger. C’est vraiment du harcèlement, ce n’est pas qu’on veut seulement qu’elle parle pour rééquilibrer la balance, mais en fait, c’est une traque et honnêtement, je ne pense pas que cela lui fasse du bien.»


Des craintes partagées par le psychologue conseiller Khalifa Ababacar Diagne. «Le silence de Adji Sarr peut s’expliquer car l'endroit où elle doit parler c'est au niveau de la justice. C'est là-bas que sa plainte se traite et que la vérité va se manifester. D'après les récits, Adji Sarr a 20 ans. A cet âge, elle n'est pas encore une vraie adulte. Elle est plus proche de l'adolescence. A cette période de sa vie, qu'elle soit réellement victime de viol ou pas, elle doit être dans un état de détresse psychologique au regard de la tournure qu'a prise cette affaire. C'est extrêmement lourd à supporter pour une fille normale de son âge. Elle pourrait être ainsi dans un état de stress et d'anxiété.» Aminata Libain Mbengue en rajoute une couche : «Je crains beaucoup pour sa santé mentale. J’espère qu’elle est bien entourée et que tout ce qu’on dit sur elle ne lui parvient pas. Ça peut créer le pire. Depuis une semaine, on ne parle que d’elle. On révèle des choses qui n’ont aucun lien avec cette affaire. Pour sa santé mentale et sa sécurité, il faut qu’elle soit coupée de tout cela. Il faut qu’elle soit protégée, mais surtout suivie. Cette affaire, c’est une parole contre une autre et elle subit ce harcèlement.»


Selon l’analyse du psychologue  Khalifa Ababacar Diagne, la tournure des événements n’est favorable à aucune partie. «Cette affaire opposant Sonko et Adji Sarr est envahie, biaisée et polluée par la passion, l'émotion et la manipulation. Elle est manifestement marquée par le populisme et la politique. Or, cette orientation n'est favorable à aucune des parties. A mon avis, les prétentions des deux parties doivent être respectées. Autant Sonko doit bénéficier d'une présomption d'innocence, autant on doit se garder de faire de mademoiselle Sarr une victime d'une présomption de culpabilité. Toutes les conditions doivent être réunies pour permettre à la justice de travailler à tirer cette affaire au clair dans la sérénité. Au delà des deux parties, il y a d'autres enjeux pour tous les autres Sénégalais. J'ai connu des cas d'accusation de viol par pure manipulation dans le but de nuire et d'autres cas de viol où l'auteur est hors de soupçon, du fait de sa posture morale ou de sa position dans la société. Car en réalité, contrairement à ce qu'on pourrait penser, personne ne connaît entièrement personne. Il n'y a que la personne elle-même qui sait son moi privé, c'est-à-dire ce dont elle est capable ou pas. Les autres, quant à eux, fondent leur jugement sur la perception et essaient de deviner son comportement par conjecture incertaine. A travers son moi public, c'est-à-dire ce dont elle fait montre en public.» Une position partagée par Aminata Libain Mbengue. «On ne se rend pas compte, mais ça aura un impact énorme. Les présumés victimes de viol n’oseront plus dénoncer leur violeur. C’est un précédent dangereux. C’est la même chose qui se passe dans les familles. A chaque fois qu’il y a supposition de viol, on dit que la victime raconte des mensonges. C’est une transposition de ce qui se passe dans les familles. Au lieu de lui accorder le bénéfice du doute, comme la présomption d’innocence pour l’auteur présumé, elle n’a aucun soutien. Dans cette affaire, on est en train de réactiver des éléments de la culture du viol. On a toujours tendance à chercher des éléments pour prouver que la présumée victime était consentante et que l’auteur n’est pas de ce profil-là.» C’est pourquoi, de l’avis de Khalifa Ababacar Diagne, il faut éviter dans le traitement de cette affaire que demain, en cas de viol commis par une personnalité influente, la victime se résigne à garder le silence, de même que l'homme public soit en proie à une accusation de viol dans le but unique de le liquider. Et si, dans la plupart des cas, la supposée victime ne réagit pas, c’est que selon Aminata Libain Mbengue, il y a un effet de sidération psychique qui se passe. « C’est un mécanisme de sauvegarde. C’est comme quand le corps est en danger, il y a un trop-plein d’hormones qui font que ton esprit est limité. Pour en parler, il faut avoir un minimum de soutien dans ton environnement. Les auteurs de viols sont des gens normaux, des gens que personne ne soupçonne. Cela explique cette omerta sur la dénonciation.»


L’accusatrice de Sonko en lieu sûr
Plus d’une semaine après l’ébruitement de la plainte - portant sur des viols répétés et menaces de mort - déposée le 3 février dernier contre Ousmane Sonko, une question taraude les esprits. Mais où se trouverait la masseuse Adji Sarr, qui a tenu en haleine le pays à la suite de son action en justice contre le leader du parti Pastef.


« Mais où est passée Adji Sarr ?» Auteure de la plainte contre le leader de Pastef-Les-Patriotes, Ousmane Sonko, pour viols répétés et menaces de mort, la masseuse brille par son absence depuis l’éclatement de cette affaire de mœurs qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Personne anonyme subitement mise au-devant de la scène médiatico-judiciaire, A. Sarr, présentée par certains comme une victime et par d’autres comme élément essentiel d’une cabale, s’emmure dans un mutisme « inquiétant ». Pas même une prise de parole, encore moins une apparition publique qui renseigne sur son état psychologique. Même son actuel lieu de résidence est un mystère. Mais selon un de ses avocats contacté par L’Observateur, «Adji  Sarr est gardée dans un lieu sûr, dans un endroit encore tenu secret, pour les besoins de sa sécurité et de la préservation de son intégrité physique.» Dans cette affaire qui l’oppose à Ousmane Sonko, candidat arrivé troisième à la Présidentielle 2019, soutenu par une frange jeune, la fille ne veut prendre aucun risque inutile qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Mais ne perd pas de vue le combat judiciaire qui l’entend. C’est pourquoi «Adji Sarr est bien entourée et constamment assistée par les avocats commis pour sa défense.» Elle observe le ramdam médiatique de loin avec stupéfaction. Un des membres de sa famille qui l’a eu au téléphone confirme : « Adji Sarr est profondément perturbée par les proportions que prend cette affaire. Elle souffre dans sa chair, parce que se sentant doublement victime pour ensuite faire l’objet d’un lynchage sans complaisance sur les réseaux sociaux. » Cible d’attaques et jusqu’ici sans défense solide sur la place publique, « Adji Sarr est meurtrie d’avoir été présentée comme étant une femme de mœurs légères. Elle est traumatisée au point que nous envisageons de la faire assister par un psychologue », confie-t-on dans son proche entourage.


Dans sa plainte adressée à la section de Recherches de Colobane le 3 février dernier, Adji Sarr qui accuse Ousmane Sonko de l’avoir « transformée en son objet sexuel » et qui « n’arrive plus à vivre sous ses viols répétés », dit « vivre dans un stress perpétuel et un dégoût de (son) corps ». Elle a accusé le leader de Pastef de l’avoir étranglée et violée avant de menacer de la faire « disparaître de la surface de la terre ». Des allégations battues en brèches par Ousmane Sonko. Ce dernier dénonce une cabale orchestrée par le pouvoir avec comme seul objectif d’éliminer un farouche opposant. Après l’enquête préliminaire de la Gendarmerie, le dossier a été transmis au procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye. Lequel a confié l’affaire au juge du 8e cabinet. Du côté de l’Assemblée nationale, une procédure pour lever l’immunité parlementaire du député est mise en branle.

L'OBSERVATEUR
La Redaction



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