Face à la multiplication des discours hostiles visant les Peuls originaires de Guinée sur les réseaux sociaux, le journaliste Souleymane Jules Diop monte au créneau. Dans une longue réflexion sur l'immigration, l'intégration et la nationalité, il condamne les appels à la violence contre cette communauté et rappelle la contribution historique des étrangers à la construction du Sénégal. Il plaide également pour une réforme des conditions d'accès à la nationalité sénégalaise.
« Les Peuls guinéens sont sénégalais ! » C'est par cette affirmation que Souleymane Jules Diop prend position dans le débat sur la présence des ressortissants guinéens au Sénégal. Le journaliste dénonce des propos particulièrement inquiétants diffusés sur les plateformes numériques. « Il y a, à travers les réseaux sociaux, des appels au meurtre de Peuls guinéens que rien ne saurait expliquer ni justifier », s'indigne-t-il.
Pour lui, les Sénégalais doivent tenir compte des engagements communautaires de leur pays et du principe de libre circulation au sein de l'espace ouest-africain.
« Nous avons décidé que notre territoire économique et juridique déborde nos frontières nationales. Voilà pourquoi notre identité nationale est celle de la CEDEAO », explique-t-il.
Il rappelle également que de nombreux Sénégalais vivent et travaillent dans les pays voisins. « Ce que nous voulons pour nous-mêmes, qui fait que vous comptez quasiment autant de Sénégalais que de Gambiens en Gambie, nous devons l'accepter pour les autres », soutient-il.
« Les étrangers nous apportent du savoir, de la culture et de la valeur travail »
Souleymane Jules Diop insiste sur l'apport économique des communautés étrangères et sur les opportunités dont bénéficient les Sénégalais établis dans d'autres pays africains.
« Nos plus grandes entreprises de BTP (CSE), nos sociétés (Sonatel), nos hôteliers (Noom), nos hommes d'affaires, universitaires, musiciens, prospèrent et font fortune à l'étranger », affirme-t-il, citant également les hommes d'affaires Silèye Guissé, Babacar Ndiouga Kébé et Djily Mbaye.
Selon lui, cette réalité impose une certaine réciprocité dans la manière d'accueillir les ressortissants des pays voisins.
« Les étrangers nous apportent du savoir, de la culture et de la valeur travail », souligne-t-il.
Le journaliste reconnaît néanmoins la nécessité de faire respecter les lois sénégalaises. « Il faut évidemment se battre contre l'illégalité, la délinquance, la violation de nos lois », précise-t-il, avant d'inviter à ne pas confondre la lutte contre les infractions et le rejet des communautés étrangères.
Un Sénégal construit par plusieurs vagues migratoires
Pour défendre sa position, Souleymane Jules Diop revient sur l'histoire du peuplement du Sénégal, qu'il présente comme le résultat de plusieurs vagues migratoires.
Il évoque notamment l'arrivée de populations maliennes dans les régions agricoles, l'installation de commerçants libano-syriens, l'immigration cap-verdienne et l'accueil de Guinéens ayant fui le régime de Sékou Touré.
« Ce pays s'est construit par strates successives de communautés qui ont fui les persécutions, la famine, la guerre, pour venir se greffer et constituer le merveilleux pays que nous sommes », rappelle-t-il.
Avant d'ajouter : « Nous avons tous, chaque Sénégalais, de ce point de vue, une part d'étranger en nous. »
« Il est quasiment impossible à un étranger de se faire sénégalais »
Au-delà de la dénonciation des discours haineux, le journaliste ouvre le débat sur les conditions d'acquisition de la nationalité.
« Mais paradoxalement, il est quasiment impossible à un étranger de se faire sénégalais, en raison du droit du sang. Voilà peut-être d'où doit partir la réflexion », estime-t-il.
Pour illustrer son propos, il évoque le système américain, fondé notamment sur le droit du sol, et les possibilités de naturalisation offertes aux résidents étrangers.
Souleymane Jules Diop rappelle également une enquête qu'il affirme avoir réalisée en 2001 pour l'Institut Panos auprès des communautés étrangères vivant au Sénégal.
« J'ai noté la détresse de nombreux jeunes Maliens, Guinéens nés au Sénégal, qui se sentent Sénégalais, devenus apatrides du fait de la rigidité de notre Code de la nationalité. Ils étaient sans-papiers de naissance », témoigne-t-il.
Pour lui, cette situation mérite une réflexion approfondie sur l'accès à la citoyenneté et les difficultés administratives rencontrées par certaines personnes nées et ayant grandi au Sénégal.
« Nous devons donc voir, aussi, pourquoi autant de gens fraudent désespérément pour devenir Sénégalais », conclut-il.
« Les Peuls guinéens sont sénégalais ! » C'est par cette affirmation que Souleymane Jules Diop prend position dans le débat sur la présence des ressortissants guinéens au Sénégal. Le journaliste dénonce des propos particulièrement inquiétants diffusés sur les plateformes numériques. « Il y a, à travers les réseaux sociaux, des appels au meurtre de Peuls guinéens que rien ne saurait expliquer ni justifier », s'indigne-t-il.
Pour lui, les Sénégalais doivent tenir compte des engagements communautaires de leur pays et du principe de libre circulation au sein de l'espace ouest-africain.
« Nous avons décidé que notre territoire économique et juridique déborde nos frontières nationales. Voilà pourquoi notre identité nationale est celle de la CEDEAO », explique-t-il.
Il rappelle également que de nombreux Sénégalais vivent et travaillent dans les pays voisins. « Ce que nous voulons pour nous-mêmes, qui fait que vous comptez quasiment autant de Sénégalais que de Gambiens en Gambie, nous devons l'accepter pour les autres », soutient-il.
« Les étrangers nous apportent du savoir, de la culture et de la valeur travail »
Souleymane Jules Diop insiste sur l'apport économique des communautés étrangères et sur les opportunités dont bénéficient les Sénégalais établis dans d'autres pays africains.
« Nos plus grandes entreprises de BTP (CSE), nos sociétés (Sonatel), nos hôteliers (Noom), nos hommes d'affaires, universitaires, musiciens, prospèrent et font fortune à l'étranger », affirme-t-il, citant également les hommes d'affaires Silèye Guissé, Babacar Ndiouga Kébé et Djily Mbaye.
Selon lui, cette réalité impose une certaine réciprocité dans la manière d'accueillir les ressortissants des pays voisins.
« Les étrangers nous apportent du savoir, de la culture et de la valeur travail », souligne-t-il.
Le journaliste reconnaît néanmoins la nécessité de faire respecter les lois sénégalaises. « Il faut évidemment se battre contre l'illégalité, la délinquance, la violation de nos lois », précise-t-il, avant d'inviter à ne pas confondre la lutte contre les infractions et le rejet des communautés étrangères.
Un Sénégal construit par plusieurs vagues migratoires
Pour défendre sa position, Souleymane Jules Diop revient sur l'histoire du peuplement du Sénégal, qu'il présente comme le résultat de plusieurs vagues migratoires.
Il évoque notamment l'arrivée de populations maliennes dans les régions agricoles, l'installation de commerçants libano-syriens, l'immigration cap-verdienne et l'accueil de Guinéens ayant fui le régime de Sékou Touré.
« Ce pays s'est construit par strates successives de communautés qui ont fui les persécutions, la famine, la guerre, pour venir se greffer et constituer le merveilleux pays que nous sommes », rappelle-t-il.
Avant d'ajouter : « Nous avons tous, chaque Sénégalais, de ce point de vue, une part d'étranger en nous. »
« Il est quasiment impossible à un étranger de se faire sénégalais »
Au-delà de la dénonciation des discours haineux, le journaliste ouvre le débat sur les conditions d'acquisition de la nationalité.
« Mais paradoxalement, il est quasiment impossible à un étranger de se faire sénégalais, en raison du droit du sang. Voilà peut-être d'où doit partir la réflexion », estime-t-il.
Pour illustrer son propos, il évoque le système américain, fondé notamment sur le droit du sol, et les possibilités de naturalisation offertes aux résidents étrangers.
Souleymane Jules Diop rappelle également une enquête qu'il affirme avoir réalisée en 2001 pour l'Institut Panos auprès des communautés étrangères vivant au Sénégal.
« J'ai noté la détresse de nombreux jeunes Maliens, Guinéens nés au Sénégal, qui se sentent Sénégalais, devenus apatrides du fait de la rigidité de notre Code de la nationalité. Ils étaient sans-papiers de naissance », témoigne-t-il.
Pour lui, cette situation mérite une réflexion approfondie sur l'accès à la citoyenneté et les difficultés administratives rencontrées par certaines personnes nées et ayant grandi au Sénégal.
« Nous devons donc voir, aussi, pourquoi autant de gens fraudent désespérément pour devenir Sénégalais », conclut-il.
