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Nomination des membres du CNRA : le CDEPS alerte sur les dérives du ministre de la Communication

Lundi 6 Janvier 2025

Le président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, a fermement dénoncé les nombreuses irrégularités constatées dans le décret 2024-3401, portant nomination des membres du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA). Dans un communiqué rendu public, il critique ouvertement la gestion du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, qu’il accuse de bafouer les textes régissant le secteur de l’audiovisuel au Sénégal.


Selon Mamadou Ibra Kane, les nominations effectuées par le ministre relèvent d’une "forfaiture". « Il revient exclusivement au président de la République, et non au ministre de la Communication, de nommer aux postes civils et militaires par décret », a-t-il rappelé. Le président du CDEPS a également souligné que les membres du CNRA, bénéficiant d’un mandat de six ans non renouvelable, ne peuvent être remplacés en cours de mandat.

"Le CNRA doit rester une autorité indépendante"
Le CDEPS déplore que certains membres récemment nommés soient affiliés à des partis politiques, ce qui mettrait en péril l’indépendance du CNRA, une exigence pourtant inscrite dans la loi. « L’indépendance du CNRA est fondamentale pour garantir la liberté et l’impartialité de l’information dans le secteur audiovisuel », a insisté Mamadou Ibra Kane.

Le président du CDEPS a également saisi l’occasion pour rappeler l’urgence de remplacer le CNRA par la Haute Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle (HARCA), prévue dans le nouveau Code de la presse. « Cela fait longtemps que cette réforme aurait dû être mise en œuvre. Le respect des lois ne doit pas être un simple slogan », a-t-il déclaré avec fermeté.

"Un climat de terreur et d’arbitraire"
Mamadou Ibra Kane n’a pas mâché ses mots en qualifiant la situation actuelle de "règne de la terreur". Il accuse le ministre de la Communication de multiplier les atteintes à la liberté de la presse, citant notamment l’avant-projet de loi sur la publicité, qui exclut les médias de son élaboration, et les décisions jugées arbitraires concernant les entreprises de presse autorisées à opérer.

Pour Mamadou Ibra Kane, la presse sénégalaise, qui a été un pilier des trois alternances politiques successives du pays, mérite un environnement serein pour poursuivre son rôle crucial dans la stabilité démocratique. « Les médias sénégalais doivent pouvoir exercer sans entrave leur mission d’informer et de contribuer au développement national », a-t-il conclu.

Ce cri d’alarme du CDEPS met en lumière les tensions grandissantes entre les acteurs des médias et le gouvernement, appelant à une prise de conscience urgente pour garantir le respect des libertés fondamentales dans le pays.
exclusif net

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