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Massalik Al- Djinane ou l’État de grâce ( Boucar DIOUF)

Lundi 30 Septembre 2019

Massalik Al- Djinane ou l’État de grâce ( Boucar DIOUF)
Au Sénégal, l’écume de l’actualité reste bien religieuse avec l’inauguration de la ‘’Grande Mosquée’’ de Dakar, construite par la communauté mouride.
Située au centre -ville, ce lieu de culte hors norme a fini de ravir la vedette à tous les monuments de la capitale et consacre la vision de Serigne Touba Khadimou Rassoul qui est parvenu à concevoir un islam ancré dans nos réalités africaines et conciliable avec notre propre identité.
Il est vrai que la religion populaire s’apparente à une armée mexicaine où tout le monde est Général. En revanche, dans les sociétés comme la nôtre, qui ont su produire de véritables autorités religieuses, il est facile d’instaurer une régulation de l’orthodoxie et de l’orthopraxie.
Dieu merci, ces guides religieux, détenteurs de nos parcelles respectives de souveraineté religieuse, existent au Sénégal et Cheikh Ahmadou Bamba en est l’exemple le plus abouti. Son autorité et la qualité de ses enseignements ont fait que la religion est devenue une religiosité vécue, en plus de la foi, au niveau des représentations, affects et autres coutumes typiquement africaines. Et dans ce cas de figure, la religion peut utiliser l’intelligence pour comprendre la représentation du monde et se frayer un chemin balisé dans les méandres d’un futur incertain.
La mobilisation exceptionnelle des croyants ainsi que la discipline dont ils ont fait montre témoignent du triomphe de l’Islam et de la puissance de Serigne Touba et de ses enseignements.
C’est cela qui explique cette symbiose de la communauté religieuse depuis une semaine pour l’inauguration, une autre manière de communier et de dire merci à tous ceux qui se sont investis pour l’implantation de ce joyau au cœur de la capitale qui va certainement devenir un fleuron du patrimoine religieux et historique de notre pays.
Au-delà de tous les contributeurs, il convient de réserver une mention particulière à Serigne Saliou MBACKE, Serigne Sidy Moctar MBACKE, Serigne Mountakha MBACKE ; Abdoulaye WADE, Macky SALL et Mbackiou FAYE, qui ont tous contribué à nous rendre notre fierté. Ils nous ont prouvé qu’avec de la détermination, de l’engagement et de la discipline, il est possible de renverser la table et que ‘’travailler uniquement avec la bouche’’ ne sert pas à grand-chose.
Les bâtisseurs de la mosquée nous ont, en plus, rendu notre indépendance religieuse, par ce fait remarquable de n’avoir pas fait appel à des fonds publics ou venant de l’étranger.
Cette indépendance, qui a permis à Serigne Touba de trouver un compromis spécifique avec la modernité et qui est ici réaffirmée par MassaliK Al- Djinane fait naturellement peur, notamment aux adeptes européens adeptes de l’islamophobie et aux néo colonisateurs. 
 C’est dans cet ordre d’idées qu’il faut classer cette sortie évidemment absurde, et même irresponsable de Cadenas qui ne fait que refléter une ignorance dégoutante de la gouvernance et de la laïcité sénégalaises.
Ce militant du Front National de Jean Marie le Pen qui a pris le nom de Rassemblement National pour crypter son idéologie islamophobe et raciste traduit le sentiment d’une frange de la population française qui ne date pas d’aujourd’hui. En effet, le Roi Hassan II avait été apostrophé en France par un journaliste sur l’opportunité de la construction de la Mosquée qui porte son nom à Casablanca, compte tenu de la situation économique de son pays.
Le souverain Chérifien avait répondu en lui rappelant les conditions de la construction de Notre Dame de Paris en 1163. A l’époque paris ne comptait que 25000 habitants et la construction a duré plus de deux siècles. Il a fait remarquer que même des fonds de brigands et autres malfaiteurs ont été appelés contre l’expiation de leurs péchés.
Voilà pourquoi cette sortie intempestive de Cadenas, qui aurait préféré entendre parler de catastrophes ou d’épidémies ne surprend guère et ne fait que nous renforcer dans nos convictions.
Sur un autre versant, Massalik Al-Djinan a été l’occasion pour Serigne Mountakha MBACKE de réconcilier le Président Macky SALL et Abdoulaye WADE. Une demande sociale qui va assurément accroître la bonne perception que les sénégalais ont déjà de Macky SALL et qui fait échec aux pécheurs en eaux troubles, qui ont toujours voulu faire du Président le porte-fort de leur haineuse vengeance.
Chapeau bas aux gladiateurs de la politique que sont ces deux présidents. Leur réconciliation va forcément nous faire effectuer un grand braqué dans le sens de la paix sociale, n’en déplaise à ceux qui vivent la bave aux lèvres et le couteau entre les dents. Car aussi bizarre que cela puisse paraître, au Sénégal, la haine a la fâcheuse tendance à ouvrir de nouvelles opportunités pour ceux qui la véhiculent.
J’apprends à l’instant la libération de Khalifa SALL suite à une grâce présidentielle. Un acte qui va dans le sens de l’instauration d’un climat politique apaisé. Le Président de la République a compris que la paix sociale n’est pas un simple moyen, mais une fin en soi qui n’existe pas ex-nihilo.
Le Président Macky SALL, lors de son discours d'ouverture des travaux du Sommet africain de la FPU à Dakar le 18 janvier 2018, dans l'Auditorium du Centre International de Conférence Abdou Diouf (CICAD) s’exprimait ainsi : ‘’Juifs, chrétiens, musulmans et adeptes d'autres religions, ce qui nous unit, c'est d'abord notre humanité, au-delà de toute forme d'identification religieuse, philosophique, culturelle ou idéologique’’, dont acte.

Boucar DIOUF : Président de la Convergence d’Idées et d’Actions autour de la République(CIAR) APR Fatick.

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