Massacre des civils au Mali, la Russie enfonce l'armée française (Vidéos)

Samedi 23 Avril 2022

Deux jours après le transfert de la base de Gossi aux Forces armées maliennes, l’armée française déplore une attaque informationnelle visant Barkhane, accusée d’avoir laissé un charnier derrière elle. Des vidéos prises par des moyens aériens relayées par des trolls russes sur les réseaux sociaux enfoncent l'armée française



Au lendemain du départ des derniers soldats français de la base de Gossi au centre-est du Mali, un premier tweet alerte : « les images des cadavres depuis la base de Gossi sont terribles ». Dans ce tweet publié mercredi 20 avril à 20h06 TU, l’auteur évoque « un crime contre le peuple malien fait par les Français » et une vidéo qui circule sur WhatsApp. Le lendemain, il publie une photo à 10h51 TU, où l’on voit des restes humains à moitié ensevelis. Ce même jeudi 21 avril, à 14h37 TU, est publiée la vidéo d’un charnier d’une dizaine de personnes dont les membres sont en partie recouverts de sable.




 

L’auteur de cette série de tweets, un certain Dia Diarra, qui se décrit comme un « ancien militaire », est manifestement un troll russe, selon rfi. Il s’agit en tout cas d’un faux compte repéré par l’armée française, créé en janvier 2022 avec une photo empruntée, remplacée dans le courant de la journée par le portrait du chef de la junte au pouvoir, Assimi Goïta.


 

La fabrication de l’infox dévoilée
En fait, deux autres vues de ce charnier existent. Elles montrent ces cadavres, avec onze hommes en uniforme qui évoluent à proximité. Deux d’entre eux jettent des pelletés de sable sur les corps inertes. 



 

Ces images, fournies par l'armée française, émanent d’une vidéo prise par un capteur aérien. L’armée française a décidé de recourir à ces moyens afin de surveiller la zone à l’issue du transfert de la base. Dès mardi 19 avril, l’état-major des armées avait prévenu de l’éventualité d’une attaque informationnelle visant à discréditer les forces de Barkhane. Il est arrivé par le passé que l’armée soit accusée à tort de divers trafics, voire d’exactions qu’elle n’avait pas commises. 

L’armée est donc en possession d’images montrant ce qu’elle présente comme des « mercenaires » russes de la milice Wagner, en train de fabriquer de fausses accusations à l’encontre des militaires français. Un travail de géolocalisation et d’analyse des vidéos et photos permettent de conclure que les clichés postés sur les réseaux sociaux correspondent bien à ce que montrent les vues aériennes. La scène se déroule à 3,5 kilomètres de l’ancienne base de Gossi.

On peut également voir sur d'autres images capturées depuis le ciel, des véhicules de marque chinoise Dongfeng, qu’utilisent Wagner et les Fama, entrer et sortir de la base. Lorsque les soldats français ont quitté Gossi le mardi 19 avril, seul un détachement d’une cinquantaine de militaires maliens était présent sur les lieux. 

Wagner pointé du doigt
D’après l’analyse de la situation par l’état-major français qui n’évoque pas la présence de maliens aux abords du charnier, les hommes de Wagner seraient seuls à la manœuvre. Mais d’autres images recueillies par l’armée française permettent de voir que la nuit précédente, des Fama dormaient au sein de la base, à proximité des tentes abritant généralement les mercenaires de Wagner. 

La publication de documents de ce type par l’armée française est une première. Il s’agit de court-circuiter la fabrication de cette infox et d’apporter une réponse à l'offensive informationnelle. Il n’est pas rare, sur le terrain malien comme en Ukraine, que la désinformation russe vise à détourner l’attention d’exactions commises par ses propres éléments.

Selon l’état-major français, les corps utilisés dans cette mise en scène pourraient provenir des opérations menées non loin de Gossi, à Hombori, le 19 avril. Après qu’un véhicule de la gendarmerie a été touché par un engin explosif improvisé, les Fama et leurs supplétifs russes ont mené des opérations au marché d’Hombori, faisant un nombre de victimes encore inconnu. À ce stade, les autorités maliennes ne se sont pas exprimées au sujet des images du charnier. Aucune mention n’est faite d’enquête en cours ou à venir.

Des échanges en bambara
On remarque par ailleurs que la circulation de ces images qui ont de quoi susciter l’émoi, n’est pas devenue aussi virale que l’on pourrait s’y attendre. Elles suscitent aussi beaucoup de commentaires sceptiques. En écoutant la bande son, on entend des échanges en bambara, une des langues nationales du Mali.

Les miliciens russes sont manifestement accompagnés par au moins deux Maliens. À en croire les propos tenus, ce sont eux qui sont chargés de jeter du sable sur les corps. Leur échange est édifiant : « Je ne crois pas à ce qu’ils nous racontent », affirme l’un d'eux, ajoutant : « je suis saoulé par cette attitude ». Réplique de son interlocuteur en bambara : « tu ne creuses pas assez, les corps doivent être bien recouverts ». Il apparaît que les deux hommes qui échangent ces quelques phrases ne craignent pas d’être compris par les hommes en uniforme. 

Le retrait des troupes françaises du Mali et la réarticulation de la force Barkhane ailleurs au Sahel constitue un défi logistique. Il se fait sous la menace d’attaques informationnelles de ce type. Pour l’armée, « cette manœuvre de décrédibilisation de la force Barkhane semble coordonnée » et « témoigne des modes d’action de Wagner » en Afrique, tels que déjà observés en République centrafricaine. 
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