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Libye : qui a tué Saïf al-Islam Kadhafi ?

Mercredi 4 Février 2026

L’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, survenu mardi à Zenten, dans l’ouest de la Libye, a immédiatement donné lieu à une avalanche d’accusations contradictoires, révélant les profondes fractures politiques et sécuritaires du pays. À ce stade, aucune autorité libyenne n’a revendiqué ni officiellement attribué ce crime, mais plusieurs pistes sont avancées par des proches, des acteurs politiques et des observateurs.
 

Selon son avocat français, Me Marcel Ceccaldi, Saïf al-Islam Kadhafi a été tué à son domicile par un commando de quatre hommes armés non identifiés. Son conseiller, Abdullah Othman Abdurrahim, a affirmé que les assaillants avaient neutralisé les caméras de surveillance avant de procéder à son exécution, suggérant une opération préparée et ciblée.
 

Dans l’entourage de la famille Kadhafi, certains évoquent l’existence d’un ordre d’arrestation émis en décembre 2025 à l’encontre de Saïf al-Islam. Selon ces sources, Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar, aurait chargé le capitaine Ahmed Al-Shamikh de superviser une vaste opération dans le sud libyen afin de retrouver Saïf al-Islam « mort ou vif ». Ces informations n’ont toutefois pas été confirmées par des sources indépendantes.
 

Sur les réseaux sociaux, une autre accusation a rapidement circulé. Un message attribué à une source proche de la brigade Abou Bakr al-Siddiq à Zenten affirme que Saddam Haftar aurait directement ordonné l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, rappelant qu’il avait déjà été poursuivi à Sabha après l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle de 2021. Là encore, aucune preuve matérielle n’est venue étayer ces affirmations.
 

Plusieurs analystes appellent néanmoins à la prudence face à ces accusations. Ils soulignent que Saïf al-Islam a été tué dans l’ouest libyen, une zone qui n’est pas sous le contrôle direct des forces du maréchal Haftar, principalement implantées dans l’est et le sud du pays. Cet élément géographique affaiblit, selon eux, la thèse d’une opération menée exclusivement par les troupes de Benghazi.
 

D’autres observateurs estiment que ce crime pourrait profiter à plusieurs camps rivaux. En tant que candidat potentiel à la présidence, Saïf al-Islam Kadhafi représentait un facteur de perturbation majeur pour les équilibres politiques existants, aussi bien pour le gouvernement d’unité nationale (GNU) basé à Tripoli que pour le camp de l’est. Sa disparition écarte un acteur capable de mobiliser une base populaire significative et de rebattre les cartes électorales.
 

L’ancien porte-parole du régime Kadhafi, Moussa Ibrahim, a dénoncé un assassinat politique, parlant d’un acte visant à éliminer « l’espoir d’une Libye unie et souveraine ». Pour lui, comme pour d’autres proches, la mort de Saïf al-Islam s’inscrit dans une logique d’élimination systématique de toute figure susceptible de remettre en cause le statu quo.
 

À ce jour, l’enquête officielle reste inexistante ou, à tout le moins, opaque. En l’absence de conclusions judiciaires, l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi demeure entouré de zones d’ombre, alimentant spéculations, accusations croisées et instrumentalisation politique dans un pays où la vérité se heurte encore aux rapports de force armés.


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