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Assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi : la disparition d’un espoir pour une Libye unie

Mardi 3 Février 2026

Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen défunt Mouammar Kadhafi et figure centrale pour une partie importante de la population libyenne, a été assassiné mardi dans l’ouest de la Libye par des hommes armés non identifiés. Il avait 53 ans.


« Il a été tué aujourd’hui à 14 heures, à Zenten, dans sa maison, par un commando de quatre personnes », a déclaré à l’AFP son avocat français, Me Marcel Ceccaldi. Selon les informations rapportées par la chaîne Libya al-Ahrar, son conseiller Abdullah Othman Abdurrahim a précisé que les assaillants avaient pris d’assaut la résidence de Saïf al-Islam après avoir neutralisé les caméras de surveillance, avant de l’exécuter.


À ce stade, l’identité des auteurs et les commanditaires de cet assassinat demeurent inconnus. « Pour l’instant, on ne sait pas qui sont ces hommes armés », a indiqué Me Ceccaldi, affirmant s’être entretenu avec son client il y a environ trois semaines. L’avocat a toutefois révélé que des inquiétudes existaient récemment quant à la sécurité de Saïf al-Islam. « Le chef de la tribu avait proposé de lui envoyer des hommes pour assurer sa protection, mais Saïf avait refusé », a-t-il ajouté.


Longtemps présenté comme le successeur potentiel de son père avant la chute du régime en 2011, Saïf al-Islam Kadhafi s’était efforcé de construire une image de modéré et de réformateur. Docteur en économie, il prônait une Libye souveraine, réconciliée avec elle-même et affranchie des divisions imposées par des intérêts rivaux. Arrêté en 2011 dans le sud libyen, détenu plusieurs années à Zenten, puis condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès largement critiqué, il avait finalement bénéficié d’une amnistie.


Depuis lors, il menait une vie discrète et itinérante. « Il bougeait souvent », a confirmé son avocat. En 2021, il avait déposé sa candidature à l’élection présidentielle, misant sur le soutien des nostalgiques de l’ancien régime et de nombreux Libyens lassés de l’instabilité chronique. Le scrutin ne s’était finalement jamais tenu.


Pour l’expert libyen Emad Badi, la mort de Saïf al-Islam Kadhafi est « susceptible de le transformer en martyr aux yeux d’une partie conséquente de la population », tout en « modifiant profondément les équilibres électoraux en écartant un obstacle majeur à l’élection présidentielle ». « Sa candidature et ses chances de succès constituaient un point central de controverse », a-t-il souligné.


L’ancien porte-parole du régime Kadhafi, Moussa Ibrahim, a dénoncé un acte « perfide ». « Il voulait une Libye unie et souveraine, sûre pour tous ses habitants. Ils ont assassiné l’espoir et l’avenir, et semé la haine et le ressentiment », a-t-il écrit sur X, affirmant avoir échangé avec Saïf al-Islam deux jours avant sa mort.


Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye peine à retrouver stabilité et unité. Deux exécutifs se disputent le pouvoir : le gouvernement d’unité nationale (GNU) basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un pouvoir concurrent à Benghazi, contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils, dont l’influence militaire s’étend jusqu’au sud du pays.


Selon certains proches de la famille Kadhafi, un ordre d’arrestation visant Saïf al-Islam aurait été émis en décembre 2025. Des accusations circulent également sur les réseaux sociaux mettant en cause des figures de l’est libyen. Toutefois, ces allégations restent invérifiées et sont contestées par plusieurs observateurs, notamment en raison du fait que Saïf al-Islam a été assassiné dans l’ouest du pays, hors des zones de contrôle direct des forces de Haftar.


Une chose est certaine : la disparition de Saïf al-Islam Kadhafi prive la Libye d’un acteur majeur du processus politique et renforce le sentiment, chez de nombreux Libyens, que toute alternative susceptible de bousculer l’ordre établi est systématiquement éliminée. Pour ses partisans, il restera l’un des derniers symboles d’un État fort, indépendant et maître de son destin.
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