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Jeux olympiques : quand une athlète blanche porte-drapeau du Sénégal fait le buzz

Mercredi 28 Juillet 2021

Jeanne Boutbien, Marie Branser, Sandrine Billiet… Faut-il s’émouvoir que des athlètes blancs représentent des pays d’Afrique noire aux JO de Tokyo ?

Fin du XXe siècle. Alors que la médaillée d’or française d’heptathlon et de saut en longueur, Eunice Barber, apparaît dans des talk-shows grand public, des animateurs se gaussent de son accent anglophone à couper au couteau. Dans un public encore privé de réseaux sociaux, les uns crient à l’artifice d’une nationalité présumée opportuniste et les autres au pillage de talents africains. La championne est née en Sierra Leone et n’a été naturalisée française qu’à 25 ans, à la veille des championnats du monde de 1999…


Au millénaire suivant, en est-on encore à jauger la légitimité d’un athlète à son accent ou à sa couleur de peau, comme le journal français d’extrême droite Minute qui titrait, au début des années 2000 : « Y a-t-il trop de Noirs dans l’équipe de France ? ». En plein Jeux olympiques de Tokyo 2020 (mais se tenant en 2021), il n’y a censément pas d’effectifs surnuméraires de Blancs dans les sélections de l’Afrique dite noire. Cela n’empêche pas certains de pratiquer d’ambiguës statistiques, pas seulement appliquées aux pays héritiers d’un certain apartheid.

« Racisme »
Caucasienne sans métissage épidermique, la nageuse blonde Jeanne Boutbien a été nommée porte-drapeau de la délégation sénégalaise à ces JO d’été, avec le judoka Mbagnick Ndiaye. Les cheveux aux reflets tout aussi dorés, la judokate Marie Branser fut également annoncée porte-drapeau de la délégation de République démocratique du Congo, avant de se voir retirer le rôle, à la dernière minute, au profit du boxeur David Tshama. Une autre judokate blanche, Sandrine Billiet, représente, elle, le Cap-Vert.


Le brassage des origines et des « identités » dans le sport étant un fait avéré depuis longtemps, le parcours de ces trois athlètes aurait mérité de ne pas être souligné, si l’image de Jeanne Boutbien à la cérémonie d’ouverture des Jeux n’avait pas été propulsée en tête des clichés les plus commentés sur une timeline sénégalaise. Nul besoin de faire la publicité de commentaires désobligeants. Un post agacé de Pàppa Ismaayla Jen suffit à s’en faire un écho indirect : « Bientôt 24 h qu’on explique aux gens que Jeanne Boutbien est sénégalaise. Pour moi, la question n’avait même pas à être posée (…). Je ne suis pas loin de sortir le mot “racisme” pour ça. »

Performances

Les indélicats pouvant éventuellement arguer de l’effet de surprise – au regard des pratiques habituelles –, la présence de ces trois athlètes blanches dans des délégations de pays d’Afrique noire devrait plutôt susciter l’enthousiasme que procure une « réponse du berger à la bergère ». Ainsi serait venu le temps où le Sud « pille » à son tour les talents sportifs du Nord. À moins d’avaliser certaines réactions qui sous-entendent que, cette fois, ce ne serait pas les meilleurs qui seraient naturalisés ! La réciprocité apparaîtrait alors comme asymétrique, en espérant qu’elle ne soit pas une quête de folklore…


Il convient donc d’intercepter tout procès d’intention, rappelant que la présence dans une sélection de compétition internationale n’est pas le fruit d’un caprice néocolonial. Seuls deux critères peuvent être considérés : la « sincérité » de la nationalité et le niveau des performances.

Sur le premier point, si la Capverdienne Sandrine Billiet a des liens avec la Belgique et la Congolaise Marie Branser avec l’Allemagne – faits qui ne sauraient les disqualifier –, c’est bien à Dakar qu’est née la franco-sénégalaise Jeanne Boutbien en 1999. La presse locale précise d’ailleurs que cette dernière « a fait des pieds et des mains pour obtenir la nationalité ».


Le patriotisme se sonde davantage dans les cœurs que sur l’épiderme. Qui douterait de l’authenticité de la « sénégalitude » de la surfeuse sénégalaise – blanche – Margot Chevance, dont l’entière existence est intimement liée au pays de la Teranga ? Sa joie à représenter le Sénégal aux championnats du monde de surf, en 2018, était communicative et elle s’activa pour que les fonds nécessaires soient réunis au départ de la délégation. « Sport de Blancs », rétorqueront les rabat-joies ? C’est bien un Sénégalais « de souche », Lamine Guèye, qui fut le premier skieur d’Afrique subsaharienne à participer aux JO, en 1894.


Ces athlètes « inattendus » ne sont pas là par discrimination positive. Que parlent alors les muscles ! En février 2020, Jeanne Boutbien a bien battu le record du Sénégal du 100 mètres nage libre. Marie Branser a bien remporté la médaille d’or des championnats d’Afrique de judo en 2020 et 2021. Sandrine Billiet est bien médaillée d’argent des championnats d’Afrique de judo 2021. Et aucune de ses sportives ne s’est « fait la main » en Afrique pour mettre ensuite ses talents au service de nations européennes. À la demande de fédérations africaines, elles se battent bien aujourd’hui pour le Sénégal, la RDC et le Cap-Vert…
RED


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