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Arrestation puis libération de soldats : la Guinée et la Sierra Leone évitent l’escalade

Vendredi 27 Février 2026

Un incident frontalier survenu les 22 et 23 février 2026 dans la zone limitrophe entre la préfecture de Faranah, en Guinée, et le district de Falaba, en Sierra Leone, a brièvement ravivé les tensions entre Conakry et Freetown. À travers deux communiqués distincts publiés le 24 février, les autorités des deux pays ont livré des versions opposées des faits, avant qu’une initiative diplomatique ne permette un apaisement et la libération des soldats interpellés.



Selon les autorités guinéennes, des éléments sierra-léonais auraient installé une tente et hissé leur drapeau national à environ 1,4 kilomètre à l’intérieur du territoire guinéen, à un point géographique précisément identifié par des coordonnées. Les Forces armées guinéennes affirment s’être « immédiatement déployées sur les lieux » et avoir « réussi à interpeller seize (16) d’entre eux, tout en saisissant leurs matériels et équipements ».

De son côté, le gouvernement sierra-léonais propose une lecture sensiblement différente de l’incident. Dans un communiqué publié par le ministère de l’Information et de l’Éducation civique, Freetown soutient que « le lundi 23 février 2026, des personnels des Forces armées guinéennes (GAF) ont traversé la frontière pour entrer dans la ville frontalière de Kaleyerah, chefferie de Sulima, district de Falaba », où étaient déployés des membres des Forces armées de la République de Sierra Leone (RSLAF) ainsi que de la police sierra-léonaise.

Ces divergences d’interprétation ont alimenté, pendant plusieurs heures, les inquiétudes sur une possible escalade dans cette zone historiquement sensible.

Une médiation diplomatique rapide

Face à la situation, les autorités ont privilégié la voie diplomatique. Ce vendredi, le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Musa Timothy Kabba, s’est rendu en Guinée pour un échange de vues avec les responsables guinéens au sujet de la récente crise frontalière.

Cette visite a abouti à la libération de l’ensemble des soldats interpellés, qui, selon les autorités, se trouvent « dans un bon état ». Ce geste d’apaisement marque une volonté partagée de désamorcer les tensions et de préserver les relations entre les deux États.

Le Premier ministre guinéen, Bah Oury, a insisté sur l’option diplomatique retenue par Conakry. « Sur instruction du président de la République, nous nous acheminons vers une gestion diplomatique de cette question. Et nous allons encore réitérer à nos voisins, qui sont nos frères, avec qui nous partageons tous les bonheurs comme les malheurs », a-t-il déclaré.

« Nos destins sont liés »

Le chef du gouvernement guinéen a également rappelé la solidarité exprimée par Freetown lors des moments difficiles traversés par la Guinée. « Il faut rappeler que la Sierra Leone a toujours été, à travers le président Madaa Bio, à travers le vice-président Juldeh, aux côtés de la Guinée. Lorsque notre pays a traversé des périodes critiques, notamment l’explosion du dépôt d’hydrocarbures, nous avons traversé ensemble des tragédies collectives, la propagation de la fièvre hémorragique. Nos destins sont liés et nous dirons et nous réitérons à tous nos voisins que la Guinée est un pays de paix », a-t-il souligné.

Le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, et son vice-président, Mohamed Juldeh Jalloh, ont en effet, à plusieurs reprises, affiché leur soutien à Conakry lors d’épisodes critiques, notamment sanitaires et sécuritaires.

Vers un renforcement des mécanismes de concertation

Si l’incident n’a pas dégénéré, il met en lumière la nécessité de renforcer les mécanismes bilatéraux de gestion des frontières, notamment en matière de délimitation, de patrouilles conjointes et de communication entre unités déployées sur le terrain.

Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires transfrontaliers, Conakry et Freetown semblent avoir fait le choix de la retenue et du dialogue. La libération rapide des soldats et les échanges diplomatiques de haut niveau témoignent d’une volonté commune de préserver la stabilité et la coopération entre deux pays dont, selon les mots de Bah Oury, « les destins sont liés ».


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