Une procédure pour actes qualifiés « contre nature » et transmission volontaire du VIH pourrait déboucher sur l’ouverture d’une information judiciaire à Dakar, après le démantèlement d’un réseau présumé par la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe, relevant de la compagnie de gendarmerie de Dakar.
Selon des éléments du dossier transmis ce vendredi 27 février 2026 au procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar, l’enquête est partie d’un travail de renseignement mené à la ZAC Mbao et à Ouakam. Les investigations ont été enclenchées à la suite d’informations fournies par une femme ayant infiltré un groupe d’échanges réunissant des personnes se présentant comme transgenres, lesbiennes et homosexuelles.
Se faisant passer pour une personne intéressée, elle serait parvenue à intégrer le groupe et à établir des contacts avec certains de ses animateurs. Un rendez-vous aurait ainsi été fixé dans un appartement situé à la ZAC Mbao pour une rencontre impliquant plusieurs participants.
Informés de la tenue de cette rencontre, les gendarmes en civil ont mis en place un dispositif de surveillance. Le jour convenu, O. Sall, 23 ans, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG), s’est présenté sur les lieux. D’après les éléments consignés dans le dossier, il aurait commencé à contacter d’autres participants, qui ne se seraient finalement pas déplacés en raison de l’intervention des forces de l’ordre. Il a été interpellé sur place.
Les investigations se sont ensuite étendues à Ouakam, où les enquêteurs ont procédé à l’arrestation de S. G. Preira, 35 ans, restaurateur de nationalité franco-sénégalaise. D’autres personnes présumées impliquées, dont un journaliste d’une chaîne de télévision internationale actuellement hors du territoire national, seraient identifiées et activement recherchées.
Selon seneweb, les enquêteurs indiquent que les mis en cause échangeaient via des applications de rencontre et des réseaux sociaux, notamment TikTok, WhatsApp et Grindr. Lors de son audition, O. Sall aurait reconnu avoir entretenu à trois reprises des relations intimes avec des personnes de même sexe, évoquant notamment un journaliste étranger rencontré à Dakar-Plateau, S. G. Preira et un ressortissant français prénommé Jean. Il aurait déclaré avoir agi par curiosité, tout en se présentant comme hétérosexuel, et exprimé des regrets.
De son côté, S. G. Preira aurait affirmé avoir adopté un comportement efféminé depuis l’enfance. Il a reconnu des faits similaires à l’étranger par le passé et admis des échanges avec plusieurs contacts via des applications spécialisées. Il s’est présenté comme « passif » dans les faits et a également invoqué la curiosité. Les deux hommes ont soutenu ne pas appartenir à une organisation structurée, tout en reconnaissant des contacts réguliers avec des personnes évoluant dans le milieu LGBT.
L’enquête aurait par ailleurs révélé l’existence de rapports sexuels non protégés. Au terme des investigations, les gendarmes ont retenu contre les deux mis en cause des faits qualifiés d’actes contre nature. S. G. Preira est en outre poursuivi pour transmission volontaire du VIH. Présentés ce vendredi au procureur de la République, les deux hommes pourraient faire l’objet de l’ouverture d’une information judiciaire afin de poursuivre les investigations.

