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Guinée : Mamadi Doumbouya investi président

Samedi 17 Janvier 2026

Arrivé au pouvoir à la faveur d’un putsch contre Alpha Condé en septembre 2021, l’ex-commandant du Groupement des forces spéciales a prêté serment devant 50 000 personnes, dont nombre de chefs d’État.


Parade d’hélicoptères, défilés et prestations artistiques : la cérémonie d’investiture de Mamadi Doumbouya, ce 17 janvier à Conakry, s’est voulue une démonstration de force et de légitimité. Le général de 41 ans, passé par la Légion étrangère française avant de servir l’armée guinéenne et de renverser Alpha Condé en septembre 2021, a été élu avec 86,72 % des suffrages à l’issue de l’élection présidentielle du 28 décembre, un scrutin qui s’est tenu sans les partis politiques traditionnels.

Dans le stade Général Lansana Conté de Nongo (banlieue de Conakry), aux 50 000 places toutes occupées, le chef de l’État a prêté serment devant les magistrats de la Cour suprême et un parterre d’invités, dont ses homologues du continent et des officiels étrangers : Assimi Goïta (Mali), Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Julius Maada Bio (Sierra Leone), Paul Kagame (Rwanda), Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie), Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Adama Barrow (Gambie)…


Étaient également présents les vice-présidents de la Chine, du Ghana et du Nigeria ou encore le ministre des Affaires étrangères burkinabè Karamoko Jean Marie Traoré et la présidente du Sénat ivoirien, Kandia Camara. La France était quant à elle représentée par Éléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger.

« Pacte sacré »
« Moi, Mamadi Doumbouya, président de la République élu, je jure devant Dieu et devant le Peuple de Guinée, sur mon honneur, de respecter et de faire respecter scrupuleusement la Constitution, les lois, les règlements et les décisions de justice, d’exercer loyalement et dignement les fonctions qui me sont conférées dans l’intérêt supérieur de la Nation, de ne jamais recourir aux pouvoirs qui me sont dévolus à des fins personnelles », a récité le tombeur d’Alpha Condé, conformément à l’article 59 de la Constitution qu’il a fait adopter lors d’un référendum organisé le 21 septembre dernier.

Son premier serment, après le putsch de 2021, reposait sur la charte de la transition qui l’interdisait d’être candidat aux élections devant favoriser le retour à l’ordre constitutionnel. Cette fois-ci, Mamadi Doumbouya, élu pour sept ans renouvelables une seule fois, respectera-t-il sa promesse ?


« La Cour suprême siège aujourd’hui non pour juger, mais pour attester, pour sceller le pacte sacré entre un homme et son peuple sous le regard vigilant de la loi », a en tout cas rappelé le président de la plus haute juridiction du pays, Fodé Bangoura. Le 4 janvier dernier, celle-ci a entériné les résultats provisoires de la présidentielle proclamés par la Direction générale des élections, mise en place en place par Mamadi Doumbouya et placée sous la tutelle du ministère de l’Administration territoriale.

Les élections étaient jusqu’ici organisées par un organe indépendant composé des membres de la majorité, de l’opposition et de la société civile. « Ce verdict des urnes vous confère une légitimité incontestable, a poursuivi le magistrat. Cependant, la légitimité électorale, si elle est une condition nécessaire, n’est pas une fin en soi. Elle est le prélude à une responsabilité écrasante, celle d’incarner l’État, d’assurer sa continuité, de garantir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire. »

« La Guinée restera une et indivisible »
Fodé Bangoura a également rappelé que la Constitution sur laquelle a juré Doumbouya « n’est pas un simple document juridique mais la boussole de notre vivre ensemble ». Auparavant, le procureur général de la Cour suprême, Sidy Souleymane Ndiaye, avait également insisté sur le fait que le texte fondamental promeut et protège les libertés publiques. Un rappel tout sauf anodin dans un pays où les opposants au régime sont emprisonnés, contraints à l’exil ou ont disparu sans donner de nouvelles.


Déclaré installé dans ses nouvelles fonctions, Mamadi Doumbouya a repris la parole. Dans un bref discours, il a dit dédier son mandat aux femmes et à la jeunesse, comme l’avait fait son prédécesseur, Alpha Condé. « En ce jour solennel, mon cœur est rempli d’émotion, de gratitude et d’humilité. Je mesure pleinement la responsabilité immense que le peuple de Guinée vient de me confier. […] Ce mandat n’est pas un honneur personnel, c’est un engagement envers les Guinéennes et les Guinéens. Je m’emploierai à répondre aux attentes de tous. La Guinée est une et indivisible. Elle le restera. »

Peu avant, le président de la Cour suprême n’avait pas manqué de lui rappeler la délicatesse de sa mission en ces termes : « Vous vous êtes présenté à la Nation non seulement comme un chef, mais également comme un bâtisseur. C’est une mission à la fois noble et redoutable. Si le maçon bâtit avec de la pierre et du ciment, vous bâtissez avec l’espérance des hommes et l’avenir du peuple. »

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