Derrière les tensions qui secouent Ecobank et les précédentes controverses autour d’Oragroup, une même question revient : qui détient réellement le pouvoir dans ces institutions bancaires stratégiques d’Afrique de l’Ouest ? Entre recomposition de l’actionnariat, soupçons de conflits d’intérêts et liens familiaux, la gouvernance de ces deux groupes suscite des interrogations.
Le 26 octobre 2026, l’assemblée générale d’Ecobank, qui devait examiner la révocation de mandats d’administrateurs, a été annulée sur instruction de la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Le régulateur a demandé la poursuite des consultations entre les parties concernées, sans rendre publics les motifs détaillés de son intervention.
Au cœur des tensions figure le Sénégalais Papa Madiaw Ndiaye, président du conseil d’administration d’Ecobank. Selon Jeune Afrique et Africa Intelligence, le dirigeant fait face à des soupçons de conflits d’intérêts liés à certaines de ses activités professionnelles. Des accusations qu’il conteste. Aucune faute n’a, à ce stade, été définitivement établie à son encontre.
Alain Nkontchou et Bosquet Investments au centre du jeu
L’arrivée de Bosquet Investments, société liée au financier camerounais Alain Nkontchou, constitue un autre élément important de cette recomposition.
Après l’acquisition de la participation de 21,22 % précédemment détenue par Nedbank, Bosquet Investments et Enko Opportunity Growth Fund représenteraient ensemble environ 24,05 % du capital d’Ecobank.
Ancien président du conseil d’administration du groupe, Alain Nkontchou retrouve ainsi une influence importante dans son actionnariat. Autre particularité : son frère Cyrille Nkontchou siège au conseil d’administration d’Ecobank. Si cette proximité familiale ne constitue pas une irrégularité en soi, elle soulève des interrogations sur l’équilibre des pouvoirs et les mécanismes de prévention des conflits d’intérêts.
Le précédent Oragroup
Cette situation rappelle le dossier Oragroup. En 2019-2020, un projet de cession de 61,45 % de son capital à la caisse de retraite ivoirienne IPS-CGRAE avait échoué après un avis défavorable de la Commission bancaire de l’UMOA. À l’époque, William Nkontchou, frère d’Alain et de Cyrille, exerçait des responsabilités au sein du fonds Emerging Capital Partners (ECP), actionnaire vendeur, et avait siégé au conseil d’administration d’Oragroup. Ces relations professionnelles et familiales interrogent sur les mécanismes de contrôle des opérations financières, sans permettre à elles seules de conclure à un conflit d’intérêts.
Qui détient réellement le pouvoir ?
D’Oragroup à Ecobank, les noms et les réseaux se croisent, ravivant le débat sur la transparence dans le secteur bancaire ouest-africain. Qui arbitre les intérêts lorsque participations financières, mandats d’administrateurs et relations familiales se superposent ? Comment garantir l’indépendance des décisions et protéger les intérêts des actionnaires minoritaires et des déposants ?
Dans un secteur où la confiance est essentielle, ces interrogations appellent des réponses précises. La Commission bancaire de l’UMOA et les instances dirigeantes concernées sont désormais attendues sur la transparence des décisions et le respect des règles de bonne gouvernance.
confidentielafrique.com
Le 26 octobre 2026, l’assemblée générale d’Ecobank, qui devait examiner la révocation de mandats d’administrateurs, a été annulée sur instruction de la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Le régulateur a demandé la poursuite des consultations entre les parties concernées, sans rendre publics les motifs détaillés de son intervention.
Au cœur des tensions figure le Sénégalais Papa Madiaw Ndiaye, président du conseil d’administration d’Ecobank. Selon Jeune Afrique et Africa Intelligence, le dirigeant fait face à des soupçons de conflits d’intérêts liés à certaines de ses activités professionnelles. Des accusations qu’il conteste. Aucune faute n’a, à ce stade, été définitivement établie à son encontre.
Alain Nkontchou et Bosquet Investments au centre du jeu
L’arrivée de Bosquet Investments, société liée au financier camerounais Alain Nkontchou, constitue un autre élément important de cette recomposition.
Après l’acquisition de la participation de 21,22 % précédemment détenue par Nedbank, Bosquet Investments et Enko Opportunity Growth Fund représenteraient ensemble environ 24,05 % du capital d’Ecobank.
Ancien président du conseil d’administration du groupe, Alain Nkontchou retrouve ainsi une influence importante dans son actionnariat. Autre particularité : son frère Cyrille Nkontchou siège au conseil d’administration d’Ecobank. Si cette proximité familiale ne constitue pas une irrégularité en soi, elle soulève des interrogations sur l’équilibre des pouvoirs et les mécanismes de prévention des conflits d’intérêts.
Le précédent Oragroup
Cette situation rappelle le dossier Oragroup. En 2019-2020, un projet de cession de 61,45 % de son capital à la caisse de retraite ivoirienne IPS-CGRAE avait échoué après un avis défavorable de la Commission bancaire de l’UMOA. À l’époque, William Nkontchou, frère d’Alain et de Cyrille, exerçait des responsabilités au sein du fonds Emerging Capital Partners (ECP), actionnaire vendeur, et avait siégé au conseil d’administration d’Oragroup. Ces relations professionnelles et familiales interrogent sur les mécanismes de contrôle des opérations financières, sans permettre à elles seules de conclure à un conflit d’intérêts.
Qui détient réellement le pouvoir ?
D’Oragroup à Ecobank, les noms et les réseaux se croisent, ravivant le débat sur la transparence dans le secteur bancaire ouest-africain. Qui arbitre les intérêts lorsque participations financières, mandats d’administrateurs et relations familiales se superposent ? Comment garantir l’indépendance des décisions et protéger les intérêts des actionnaires minoritaires et des déposants ?
Dans un secteur où la confiance est essentielle, ces interrogations appellent des réponses précises. La Commission bancaire de l’UMOA et les instances dirigeantes concernées sont désormais attendues sur la transparence des décisions et le respect des règles de bonne gouvernance.
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