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Dette publique — Les coulisses des discussions entre Diomaye, Macron et le FMI : « la France ne laissera pas tomber le Sénégal »

Mercredi 20 Mai 2026

À Nairobi, en marge du sommet Africa Forward organisé par la France les 11 et 12 mai, chefs d’État, dirigeants du FMI et responsables d’institutions financières africaines ont multiplié les échanges sur le dossier sénégalais.

Selon Jeune Afrique Kristalina Georgieva et Bassirou Diomaye Faye se sont rencontrés pour aborder le sujet. Le président sénégalais a évoqué avec la directrice générale du FMI les mécanismes d’échange de dette ayant permis au Sénégal de continuer à se financer sur le marché régional, notamment grâce à l’intervention d’investisseurs institutionnels tels que la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). L’établissement régional assume d’investir une partie de sa trésorerie dans des obligations souveraines émises par les États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), au nom de sa politique de gestion des liquidités. L’institution présidée par Serge Ekué également présent à Nairobi  insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un soutien budgétaire déguisé, mais d’une stratégie d’allocation d’actifs.


Cette stratégie, qui permet au Sénégal de gagner du temps, sera-t-elle suffisante pour pousser le FMI à revoir sa lecture du dossier ? Selon nos informations, l’institution est toujours dans l’attente de plusieurs documents essentiels à l’élaboration d’un programme d’aide. Le président Bassirou Diomaye Faye se serait engagé à s’en occuper personnellement. Sollicité par Jeune Afrique, le ministère des Finances sénégalais n’est pas revenu vers nous avant la publication. En attendant, les négociations durent depuis près de 18 mois. Pourtant, certains changements récents au sein du Fonds pourraient faciliter les échanges.


Parmi eux, on peut citer l’arrivée de Zeine Ould Zeidane à la tête du département Afrique du FMI au début du mois. Son profil, plus politique, diffère de celui de son prédécesseur, l’Éthiopien Abebe Aemro Sélassié, un pur macro-économiste. Dès sa prise de fonction, le Mauritanien a mis le Sénégal en tête des priorités de son département. Premier ministre entre 2007 et 2008, il fut un temps « le patron » de l’actuel président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, alors ministre de l’Économie et des Finances. Les relations cordiales entre le président de la BAD – également présent à Nairobi et très impliqué dans le dossier − et le directeur du département Afrique du FMI devraient faciliter le dialogue.

En effet, le Sénégal est aussi un bénéficiaire important des prêts de la BAD : un défaut du pays pourrait menacer son AAA et, par conséquent, tout son équilibre financier. Enfin, l’Espagnole Mercedes Vera Martin, la cheffe de mission du FMI nommée en début d’année en remplacement d’Edward Gemayel, serait particulièrement à l’écoute des besoins de Dakar.


Une chose est sûre : tout l’écosystème financier ouest-africain, et en particulier la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, se mobilise pour le Sénégal. Selon Jeune Afrique, le président ivoirien, ancien numéro deux du FMI, qui était également présent à Nairobi, regarde la situation avec une inquiétude croissante. En effet, environ 40 % de la dette sénégalaise est détenue par des banques ivoiriennes, et un défaut de Dakar provoquerait une déflagration dans la sous-région. En cela, le cas du Sénégal n’est comparable ni au Ghana ni à la Zambie, deux pays qui ont fait défaut et ont dû subir une lourde restructuration de leurs dettes ces dernières années. Même si le marché régional des titres publics offre un accès élargi aux capitaux, il ne pourra pas absorber l’ensemble des besoins de financements de Dakar et assurer seul sa sortie de l’ornière. « Il n’y a pas de scénario de sortie de crise sans un programme avec le FMI », estime ainsi une source impliquée dans les négociations.

 

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a eu un tête-à-tête avec Emmanuel Macron. Selon une autre source proche des négociations, le président français lui a assuré que « la France ne laisserait pas tomber le Sénégal ». Mais les scénarios de sortie de crise élaborés depuis 18 mois – dont l’objectif est de rendre la dette sénégalaise soutenable via un programme avec le FMI − ont été rendus partiellement caducs par la crise au Moyen-Orient. Avant les hostilités déclenchées par Donald Trump contre l’Iran, Abu Dhabi et le Koweït faisaient partie de l’équation à plusieurs inconnues visant à résoudre les difficultés de Dakar. Selon plusieurs sources, après des visites de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko, le Premier ministre sénégalais, les deux émirats s’étaient engagés à mobiliser trois à quatre milliards de dollars via leurs fonds d’investissement pour sortir le pays des difficultés. « Dans le contexte actuel, il est peu probable de voir des capitaux du Golfe intervenir rapidement en soutien indirect au Sénégal », déplore notre source précitée.

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