Serveur dans un restaurant de la station balnéaire de Cap-Skirring, Oumar Sadio, né le 15 juin 1981 à Ziguinchor, divorcé et père de deux enfants, se disant sans antécédent judiciaire, a comparu hier mardi 19 juin 2026 devant la Chambre criminelle de Ziguinchor pour répondre des faits d’assassinat et de détention illégale d’arme. Le Procureur de la République a requis contre lui vingt (20) ans de travaux forcés.
Les faits remontent au samedi 10 février 2024, vers 15 h 45. Ce jour-là, Oumar Sadio se serait présenté à la brigade territoriale de Cap-Skirring pour signaler la découverte du corps sans vie de Binta Diatta, plus connue sous le nom de « Binta Fall », dans son appartement situé au quartier Montagne de la localité. Le transport des forces de l’ordre sur les lieux avait permis de constater le corps de la victime allongé sur un matelas partiellement recouvert d’un drap, présentant plusieurs blessures visibles au niveau de la tête, de la mâchoire droite, de l’oreille droite, du cou et de l’avant-bras gauche. Des prélèvements avaient été effectués pour analyse.
La perquisition avait également permis la découverte d’un coupe-coupe déposé sur le toit d’une chambre ainsi qu’une culotte multicolore en tissu waax. L’analyse effectuée sur l’arme retrouvée aurait révélé des traces de sang. Une réquisition avait été adressée au médecin-chef de l’hôpital régional de Ziguinchor pour autopsie. Le rapport médico-légal, établi le 19 février 2024, faisait état d’une mort violente par hémorragie massive, consécutive à une plaie cervicale avec fracture du rachis cervical supérieur.
Au cours de l’enquête, la sœur de la victime, Penda Cissé, avait désigné Oumar Sadio comme étant l’auteur présumé du meurtre, affirmant que ce dernier exerçait régulièrement des violences sur la défunte. Elle avait également évoqué des éléments matériels retrouvés sur les lieux. Interpellé, Oumar Sadio avait d’abord nié les faits, avant de revenir sur ses déclarations et d’admettre être l’auteur de la mort de Binta Diatta. Il aurait toutefois évoqué un geste commis sous le coup de la colère, à la suite de provocations de la victime.
À la barre, il a reconnu les faits en ces termes : « Oui j’ai tué ma copine Binta Diatta dite “Binta Fall”, mais je ne peux vous dire comment j’ai pu arriver à commettre un tel crime », a-t-il déclaré. Pour le ministère public, les faits sont constants, même s’il a requis une requalification en meurtre avant de demander la condamnation de l’accusé à vingt (20) ans de travaux forcés. De son côté, la défense, assurée par Me Djiby Diagne, a plaidé l’absence de préméditation et sollicité une requalification en coups et blessures volontaires, assortie de circonstances atténuantes. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré jusqu’au 1er juillet 2026.

