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Attaques au Mali : le général Malick Diaw furieux contre les services de renseignement

Mercredi 20 Mai 2026

Le 25 avril dernier, le pouvoir de la junte malienne a vacillé après une série d’attaques coordonnées menées par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et les rebelles du Front de libération de l’Azawad contre plusieurs grandes villes du pays.
 

L’offensive a directement touché le cœur du dispositif sécuritaire malien. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué lors d’une attaque kamikaze visant son domicile à Kati, ville-garnison considérée comme le bastion du pouvoir militaire. De son côté, Modibo Koné, patron de l’Agence nationale de la sécurité de l’État (ANSE), a été grièvement blessé par balles. Un temps annoncé mort par des rumeurs persistantes, il a finalement survécu après plusieurs heures d’incertitude. Pendant trois jours, Assimi Goïta est resté silencieux et absent de la scène publique, alimentant les spéculations sur la stabilité du régime. Ce n’est que le 28 avril que le président de la Transition est réapparu publiquement. Il s’est d’abord affiché aux côtés de responsables russes et de proches de Sadio Camara, avant de rendre visite aux blessés hospitalisés à Kati. Quelques heures plus tard, une adresse à la nation a été diffusée sur la télévision nationale.

 

Visiblement tendu, Assimi Goïta a assuré que « la situation d’une extrême gravité » était désormais « maîtrisée ». Mais selon des informations publiées ce mercredi 20 mai par Jeune Afrique, plusieurs figures du régime avaient déjà occupé le terrain médiatique dès la veille. Ainsi, Malick Diaw, président du Conseil national de transition (CNT), et le Premier ministre Abdoulaye Maïga, s’étaient rendus auprès des blessés ainsi qu’au domicile de la famille du ministre défunt. Des déplacements qui ont rapidement alimenté les rumeurs de tensions et de luttes d’influence au sommet de la junte.

Selon deux sources sécuritaires citées par Jeune Afrique, Malick Diaw aurait particulièrement mal vécu les défaillances du renseignement malien, qu’il estime responsables de l’ampleur de l’attaque et de la mort de Sadio Camara. Pourtant, plusieurs mois auparavant, les services de sécurité maliens avaient intercepté des communications de groupes jihadistes évoquant un vaste projet d’attaques coordonnées visant plusieurs villes du pays entre fin 2025 et début 2026.

Mais ces alertes auraient été largement minimisées. « Ils étaient arrivés à la conclusion que les jihadistes de la Katiba Macina, fidèles à Amadou Koufa, n’accepteraient jamais de participer à un vaste plan visant à reprendre Kidal », confie une source sécuritaire citée par le magazine. Au lendemain de l’attaque du 25 avril, la disparition du ministre de la Défense a provoqué une vive colère au sein du pouvoir militaire, plusieurs responsables cherchant des coupables parmi les services de renseignement, devenus la cible de critiques particulièrement sévères.

Malgré les tensions internes, Malick Diaw, tout comme plusieurs anciens officiers putschistes, aurait finalement privilégié une stratégie d’apaisement et de cohésion autour d’Assimi Goïta. Longtemps considéré comme l’un des rares officiers capables de contester l’autorité du chef de la Transition, le président du CNT aurait choisi de préserver l’unité de la junte, conscient qu’une crise interne pourrait fragiliser davantage le régime et ouvrir la voie à d’éventuelles ambitions putschistes.

Selon Jeune Afrique, l’absence de Modibo Koné, hospitalisé, et du ministre de la Sécurité, Daoud Aly Mohammedine, alors en déplacement en Égypte, aurait conduit Assimi Goïta, Malick Diaw, Abdoulaye Maïga et Ismaël Wagué, ministre de la Réconciliation, à adopter une ligne commune : « serrer les rangs ». « Il aurait été suicidaire de changer l’architecture à la tête de la junte. Goïta démis, c’est le château de cartes qui s’effondrait », confie une source sécuritaire proche du pouvoir militaire malien.


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