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Dette « cachée » : Aïssata Tall Sall alerte sur une crise de confiance internationale

Mercredi 31 Décembre 2025

La séance d’examen de la seconde loi de finances rectificative (LFR) a tourné à la mise en accusation du gouvernement. Face au ministre des Finances, Cheikh Diba, la députée Me Aïssata Tall Sall a livré une charge sévère, dénonçant à la fois la méthode et le contenu d’un texte qu’elle juge révélateur d’un pilotage budgétaire défaillant.

Dès l’entame de son intervention à l’Assemblée nationale, l’ancienne garde des Sceaux a attaqué la procédure, qu’elle qualifie de méprisante pour la représentation nationale. « Nous ne sommes ni des machines, ni des extraterrestres », a-t-elle lancé, indignée par les délais imposés aux députés. En cause : un document de 46 pages transmis un vendredi, pour un examen en commission convoqué le lundi à 15 heures, alors que les parlementaires ne l’ont reçu qu’à 13 heures. Une précipitation qu’elle assimile à une volonté de bâcler le débat.

Mais c’est surtout sur le fond que Me Tall Sall a durci le ton. Selon elle, cette LFR expose crûment les contre-performances budgétaires du gouvernement : 21 milliards de FCFA de baisse sur les recettes fiscales, 24 milliards sur les recettes non fiscales, près de 80 milliards de chute sur les dons en capital et 10 milliards de recul sur les dons budgétaires. « Rien que des baisses, alors que vous avez tout taxé dans votre loi de finances initiale ! », a-t-elle asséné, mettant en doute la crédibilité des choix économiques de l’exécutif.

La députée n’a pas manqué d’égratigner la communication gouvernementale, notamment autour du récent déplacement du Premier ministre à Abou Dhabi. Des annonces de retombées financières avaient été faites, mais, selon elle, « elles brillent aujourd’hui par leur absence », au vu des chiffres présentés dans la LFR.

La dette « cachée », un choc de confiance

Sur le dossier explosif de la dette dite « cachée », Me Aïssata Tall Sall a tenu à opérer une distinction nette. Elle a pris soin de disculper les agents du ministère des Finances, qu’elle a publiquement salués. « Ils continuent de faire un excellent travail et ne méritent pas qu’on les stigmatise. Ils n’ont absolument rien fait de mal », a-t-elle affirmé.

Pour la parlementaire, la responsabilité est exclusivement politique. Cette affaire, estime-t-elle, a durablement écorné l’image du Sénégal auprès de ses partenaires techniques et financiers, provoquant « la contraction des dons en capital et des dons budgétaires » ainsi qu’une « érosion du degré de confiance » à l’international.

En filigrane, Me Tall Sall accuse le gouvernement d’avoir précipité le pays dans une situation où il doit désormais procéder à des ajustements budgétaires dans l’urgence, conséquence directe, selon elle, d’une gestion imprudente et d’une communication hasardeuse. Une LFR qui, loin d’être un simple exercice technique, devient ainsi le révélateur d’un malaise plus profond dans la conduite des finances publiques.

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