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Candidature de Macky Sall à l’ONU : les révélations explosives du magazine "Confidentiel Afrique"

Mercredi 4 Mars 2026

La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall (2012- 2024) au poste de Secrétaire général des Nations unies a été annoncée comme portée par l’Union africaine. Les investigations du magazine 'Confidence Afrique" révèlent une autre réalité : c’est le Burundi qui a déposé le dossier, en usant de son statut de président en exercice de l’UA pour donner l’illusion d’un soutien continental. Le Sénégal, quant à lui, s’est tenu à l’écart, révélant un déficit stratégique profond dans sa diplomatie et son réseautage sur la scène internationale. 

Un diplomate africain basé à Addis-Abeba confie sous anonymat à Confidentiel Afrique: «Le Burundi a joué sur l’ambiguïté. En tant que président de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye a présenté la candidature comme si elle émanait de toute l’Afrique. Mais en réalité, aucun vote ni consensus n’a été obtenu. Le dossier d’une quelconque candidature n’a été discutée en sérénité par les Chefs d’État lors d’une session formelle.»



Cette stratégie visait à : projeter Macky Sall comme candidat africain unique, renforçant l’image d’un continent uni, créer un effet d’annonce à l’international, en donnant l’impression que l’UA avait tranché et positionner le Burundi comme acteur diplomatique influent, capable de peser sur les grandes manœuvres mondiales. Le président Évariste Ndayishimiye a achevé toute la mise en scène voulue et entretenue par l’ancien président Macky SALL, qui est parvenu, in fine à se retrouver dans la salle d’attente des candidats au poste de Secrétaire général des Nations Unies.

Le paradoxe est saisissant : le Sénégal n’a pas soutenu son ancien président. Un haut fonctionnaire sénégalais, proche du ministère des Affaires étrangères, explique : « Soutenir Macky Sall aurait été politiquement explosif. Son bilan est contesté, ses dossiers sur les droits humains sont évoqués à Genève, et certains parlent même de la CPI. Le gouvernement actuel a choisi la neutralité pour éviter d’être entraîné dans une bataille risquée. » Mais tout ce silence sur une candidature qui engage de facto la légitimité et le leadership du Sénégal sur le toit de la Tour de Manhattan?

Trois facteurs expliquent ce retrait, à savoir: les crises internes et la mémoire des martyrs. Le soutien aurait été perçu comme un affront à ceux qui ont dénoncé son régime. Il y a aussi le manque d’anticipation diplomatique. Le communiqué du ministre Cheikh Niang illustre bien une diplomatie attentiste, defaillante à la limite, incapable de s’inscrire dans les grandes manœuvres. Enfin, des sources confidentielles évoquent une certaine neutralité calculée affirmant que «le régime préfère observer de loin, laissant Macky Sall jouer sa carte personnelle. » Une thèse qui à l’évidence ne peut prospérer et manque de mordant diplomatique.

Macky SALL plombé dans la salle d’attente

Face aux autres candidats, dont les deux grands favoris sont Michelle Bachelet (Chili) et Rafael Grossi (Argentine), Macky Sall part avec un handicap : ses concurrents bénéficient du soutien officiel de leur État, son image est fragilisée par des dossiers judiciaires et des critiques sur sa gouvernance, le soutien du Burundi, même présenté comme continental, reste moins solide qu’un véritable mandat de l’UA. A ce propos, un diplomate européen résume : «Macky Sall est dans son droit de briguer ce poste. Mais sans le soutien de son propre pays, il apparaît isolé. Le Burundi a créé une illusion, mais l’illusion ne suffit pas à convaincre les grandes puissances.»

Cette affaire révèle deux failles majeures. Premièrement, le Burundi a instrumentalisé sa présidence de l’UA pour donner une portée africaine à une initiative qui n’est pas consensuelle. Deuxièmement, le Sénégal a manqué l’occasion de peser dans une bataille diplomatique majeure, révélant un déficit d’anticipation et de stratégie.

Si Macky Sall venait à être élu, ce serait une victoire personnelle, mais aussi un revers pour la diplomatie sénégalaise, qui aurait laissé passer l’opportunité de maîtriser le récit et de défendre ses propres intérêts.
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