La Division des investigations criminelles (Dic) a procédé à l’interpellation de quatorze personnes entre Dakar et Kaolack, dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire internationale émise par la justice française. Cette opération marque une avancée majeure dans le démantèlement d’un réseau transnational soupçonné de crimes sexuels graves, impliquant des mineurs et des faits de transmission volontaire du VIH.
L’affaire a éclaté en France le 1er avril 2025, avec l’arrestation de Pierre Robert, ressortissant français âgé de 73 ans, présenté par les enquêteurs comme le cerveau présumé du réseau. L’homme, homme d’affaires connu dans la région de Beauvais, a été interpellé à l’issue d’une enquête conjointe menée par l’Office central de répression de la traite des êtres humains (Ocrteh) et l’Office central de lutte contre les violences aux personnes (Ocrvp).
Selon les autorités judiciaires françaises, Pierre Robert est soupçonné d’avoir organisé et financé un réseau structuré de crimes sexuels, incluant des actes commis sur des mineurs et la production de contenus illicites. Une partie des faits reprochés aurait été commise au Sénégal, pays où le mis en cause séjournait régulièrement et où il posséderait plusieurs biens immobiliers.
Incarcéré en France, Pierre Robert fait désormais l’objet d’investigations élargies sur le territoire sénégalais. Une délégation judiciaire française s’est ainsi rendue discrètement à Dakar pour appuyer les investigations confiées à la Dic, sous la supervision du doyen des juges sénégalais.
Dans ce cadre, plusieurs individus soupçonnés d’avoir servi de relais locaux ont été arrêtés. Les enquêteurs évoquent notamment des personnes chargées de recruter, encadrer et filmer des victimes, en contrepartie de rémunérations. Les éléments saisis lors des perquisitions matériels numériques et documents médicaux sont actuellement en cours d’exploitation.
Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes criminels sur mineurs, proxénétisme en bande organisée et mise en danger volontaire de la vie d’autrui. L’enquête, toujours en cours, vise à identifier l’ensemble des ramifications du réseau ainsi que d’éventuelles complicités supplémentaires.
Les autorités sénégalaises et françaises réaffirment leur détermination à lutter contre les crimes sexuels transnationaux, en particulier ceux visant les personnes les plus vulnérables, et à traduire tous les responsables devant la justice.
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