En Côte d'Ivoire, les députés élus fin décembre se sont réunis ce samedi 17 janvier avec un seul ordre du jour pour cette première séance de la troisième législature, celui de l’élection du président de l’Assemblée nationale. C’est l’ancien Premier ministre et candidat du RHDP, Patrick Achi, qui a été élu avec 84,98 % des voix des députés contre 14 % à Lazare Yao Yao, candidat PDCI, la principale formation d'opposition.
Patrick Achi succède à Adama Bictogo au perchoir de l’Assemblée nationale. Si sa désignation par Alassane Ouattara comme candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a créé la surprise après des semaines de spéculations, son élection ce samedi 17 janvier était acquise, l’hémicycle étant très largement dominé par le parti au pouvoir. Patrick Achi l’emporte avec 215 voix, contre 36 pour son unique adversaire, le député du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Lazare Yao Yao.
L’élection au perchoir de Patrick Achi marque pour lui un retour sur le devant de la scène politique, après qu’il se soit éloigné des arcanes du pouvoir à la suite de son éviction de la primature en 2023, au profit de Robert Beugré Mambé. Elle constitue aussi une surprise alors que d’autres noms que le sien avaient également circulé pour représenter le RHDP à cette élection, comme ceux du ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara, de l’actuel vice-président, Tiémoko Meyliet Koné ou de l’ex-ministre des Affaires étrangères, Marcel Amon-Tanoh.
Début 2025, l’ancien Premier ministre avait été rappelé auprès d’Alassane Ouattara comme conseiller spécial à la présidence avec rang de ministre d’État après avoir un temps rejoint une équipe de consultants pour la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), tout en assurant des cours pendant un semestre à l’université américaine d’Harvard.
C’est à lui que le président ivoirien avait confié l’organisation du dernier congrès du RHDP et l’élaboration du programme gouvernemental pendant la campagne présidentielle. Ce technocrate, transfuge du PDCI, a été réélu député dans sa région de la Mé, une terre traditionnellement acquise à Laurent Gbagbo, qu’il préside depuis 2013.
Véritable raz-de-marée
Deux mois après la très large victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle du 25 octobre dernier, les législatives du 27 décembre ont offert un nouveau triomphe électoral au RHDP. Avec 197 sièges sur 255, soit une trentaine de plus que dans l’Assemblée sortante (et 44 circonscriptions supplémentaires conquises), le parti présidentiel achève la consolidation de son hégémonie sur la vie politique ivoirienne, lui qui préside déjà les trois quarts des régions et communes de Côte d’Ivoire, ainsi que toutes les institutions de la République.
Le camp présidentiel confirme son hégémonie dans les régions septentrionales, où les scores des candidats du RHDP ont été écrasants : certains récoltant jusqu’à 100 % des suffrages exprimés, tandis que d’autres s’en approchant de très près. Le RHDP consolide aussi son ancrage dans les autres régions, notamment dans l’Ouest et dans le Sud.
C’est un véritable raz-de-marée orange (77,25 % des sièges) qui a submergé l’opposition, laquelle ressort KO de ce scrutin marqué par un faible taux de participation (35,04 %, et seulement 18 % dans le district d’Abidjan), elle qui espérait résister au camp présidentiel, faute d’imaginer le surpasser ou même l’égaler. Tandis que le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), de Laurent Gbagbo, qui disposait d’un groupe de 18 députés dans l’hémicycle, avait fait le choix de boycotter le scrutin pour protester contre l’« environnement sociopolitique délétère », le PDCI, qui présentait 163 candidats, a encaissé un revers sans précédent puisqu’il perd la moitié de ses sièges, pour n’en conserver que 32 au sein du nouvel hémicycle.
« Dernière citadelle imprenable »
Dans la Mé, le RHDP s’y est arrogé l’ensemble des 7 circonscriptions (contre 6 en 2021). « Il restait un dernier bastion à faire basculer, une dernière citadelle imprenable, celle du lieu de naissance du Front populaire ivoirien [FPI] – créé dans la clandestinité par l’ancien président Laurent Gbagbo en 1982 et désormais présidé par Pascal Affi N’Guessan. C’était un enjeu majeur pour nous et nous y sommes parvenus », se réjouit Patrick Achi, interrogé plusieurs jours avant l’annonce de sa nomination.
Selon lui, les raisons de l’échec de l’opposition sont claires. « Elle n’a pas su proposer aux populations un discours capable de les rassurer sur la continuité de la paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire, ni su adopter un discours de non-violence. Aucun mot non plus sur son programme. C’est ce qui a fait la différence », insiste-t-il.
Si l’ancien parti unique parvient à conserver quelques-uns de ses bastions historiques, tels que les communes abidjanaises de Cocody, du Plateau et de Port-Bouët, et résiste dans les régions de la Nawa et du Bélier, ailleurs, le recul est massif. Le PDCI voit lui échapper Marcory et Yopougon, dans la capitale économique, ainsi que des localités comme Jacqueville et Abengourou.
Le PPA-CI, dont la survie après ce boycott est désormais incertaine, a commenté les résultats du scrutin en parlant d’un « braquage électoral ». Tiémoko Assalé, le maire indépendant de Tiassalé, à la tête du parti Aujourd’hui et demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), a adopté le même registre. Sur les 45 candidats aux législatives investis par son mouvement dans 17 régions, aucun n’a réussi à s’imposer. Lui-même n’a pas été réélu dans sa circonscription de Tiassalé. Une défaite qu’il conteste.
Patrick Achi succède à Adama Bictogo au perchoir de l’Assemblée nationale. Si sa désignation par Alassane Ouattara comme candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a créé la surprise après des semaines de spéculations, son élection ce samedi 17 janvier était acquise, l’hémicycle étant très largement dominé par le parti au pouvoir. Patrick Achi l’emporte avec 215 voix, contre 36 pour son unique adversaire, le député du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Lazare Yao Yao.
L’élection au perchoir de Patrick Achi marque pour lui un retour sur le devant de la scène politique, après qu’il se soit éloigné des arcanes du pouvoir à la suite de son éviction de la primature en 2023, au profit de Robert Beugré Mambé. Elle constitue aussi une surprise alors que d’autres noms que le sien avaient également circulé pour représenter le RHDP à cette élection, comme ceux du ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara, de l’actuel vice-président, Tiémoko Meyliet Koné ou de l’ex-ministre des Affaires étrangères, Marcel Amon-Tanoh.
Début 2025, l’ancien Premier ministre avait été rappelé auprès d’Alassane Ouattara comme conseiller spécial à la présidence avec rang de ministre d’État après avoir un temps rejoint une équipe de consultants pour la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), tout en assurant des cours pendant un semestre à l’université américaine d’Harvard.
C’est à lui que le président ivoirien avait confié l’organisation du dernier congrès du RHDP et l’élaboration du programme gouvernemental pendant la campagne présidentielle. Ce technocrate, transfuge du PDCI, a été réélu député dans sa région de la Mé, une terre traditionnellement acquise à Laurent Gbagbo, qu’il préside depuis 2013.
Véritable raz-de-marée
Deux mois après la très large victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle du 25 octobre dernier, les législatives du 27 décembre ont offert un nouveau triomphe électoral au RHDP. Avec 197 sièges sur 255, soit une trentaine de plus que dans l’Assemblée sortante (et 44 circonscriptions supplémentaires conquises), le parti présidentiel achève la consolidation de son hégémonie sur la vie politique ivoirienne, lui qui préside déjà les trois quarts des régions et communes de Côte d’Ivoire, ainsi que toutes les institutions de la République.
Le camp présidentiel confirme son hégémonie dans les régions septentrionales, où les scores des candidats du RHDP ont été écrasants : certains récoltant jusqu’à 100 % des suffrages exprimés, tandis que d’autres s’en approchant de très près. Le RHDP consolide aussi son ancrage dans les autres régions, notamment dans l’Ouest et dans le Sud.
C’est un véritable raz-de-marée orange (77,25 % des sièges) qui a submergé l’opposition, laquelle ressort KO de ce scrutin marqué par un faible taux de participation (35,04 %, et seulement 18 % dans le district d’Abidjan), elle qui espérait résister au camp présidentiel, faute d’imaginer le surpasser ou même l’égaler. Tandis que le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), de Laurent Gbagbo, qui disposait d’un groupe de 18 députés dans l’hémicycle, avait fait le choix de boycotter le scrutin pour protester contre l’« environnement sociopolitique délétère », le PDCI, qui présentait 163 candidats, a encaissé un revers sans précédent puisqu’il perd la moitié de ses sièges, pour n’en conserver que 32 au sein du nouvel hémicycle.
« Dernière citadelle imprenable »
Dans la Mé, le RHDP s’y est arrogé l’ensemble des 7 circonscriptions (contre 6 en 2021). « Il restait un dernier bastion à faire basculer, une dernière citadelle imprenable, celle du lieu de naissance du Front populaire ivoirien [FPI] – créé dans la clandestinité par l’ancien président Laurent Gbagbo en 1982 et désormais présidé par Pascal Affi N’Guessan. C’était un enjeu majeur pour nous et nous y sommes parvenus », se réjouit Patrick Achi, interrogé plusieurs jours avant l’annonce de sa nomination.
Selon lui, les raisons de l’échec de l’opposition sont claires. « Elle n’a pas su proposer aux populations un discours capable de les rassurer sur la continuité de la paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire, ni su adopter un discours de non-violence. Aucun mot non plus sur son programme. C’est ce qui a fait la différence », insiste-t-il.
Si l’ancien parti unique parvient à conserver quelques-uns de ses bastions historiques, tels que les communes abidjanaises de Cocody, du Plateau et de Port-Bouët, et résiste dans les régions de la Nawa et du Bélier, ailleurs, le recul est massif. Le PDCI voit lui échapper Marcory et Yopougon, dans la capitale économique, ainsi que des localités comme Jacqueville et Abengourou.
Le PPA-CI, dont la survie après ce boycott est désormais incertaine, a commenté les résultats du scrutin en parlant d’un « braquage électoral ». Tiémoko Assalé, le maire indépendant de Tiassalé, à la tête du parti Aujourd’hui et demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), a adopté le même registre. Sur les 45 candidats aux législatives investis par son mouvement dans 17 régions, aucun n’a réussi à s’imposer. Lui-même n’a pas été réélu dans sa circonscription de Tiassalé. Une défaite qu’il conteste.

