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Boucle du Fogny : un collectif interpelle l’État sur ses promesses

Samedi 13 Juin 2026

Le Collectif « L’Heure est Grave » a lancé un vibrant appel aux autorités sénégalaises pour la réalisation de la Boucle du Fogny (Bignona), une infrastructure routière jugée indispensable au désenclavement de cette partie de la Casamance. Face à la presse, ce week-end, son président, El Hadji Kamara, a dénoncé une situation devenue, selon lui, insupportable pour les populations locales.

Devant des habitants, des notables et plusieurs acteurs de la société civile, le responsable du collectif a dressé un tableau sombre des difficultés auxquelles les populations du Fogny sont confrontées au quotidien.
« Vivre dans le Fogny aujourd’hui, c’est faire face quotidiennement au calvaire de l’isolement. Nos routes ne sont plus de simples voies de communication : elles sont devenues de véritables obstacles », a déclaré El Hadji Kamara.

Selon lui, l’état dégradé des routes affecte gravement tous les secteurs de la vie économique et sociale. « C’est le calvaire de nos agriculteurs, qui voient leurs productions pourrir sur place faute de pouvoir les acheminer vers les grands marchés », a-t-il déploré. Le président du collectif a également insisté sur les conséquences sanitaires de cet enclavement. « C’est le calvaire de nos malades et de nos femmes enceintes, pour qui rejoindre un centre de santé relève d’un véritable parcours du combattant, parfois au péril de leur vie », a-t-il souligné.

Au-delà du Fogny, El Hadji Kamara estime que c’est toute l’économie de la Casamance qui souffre de l’absence de cette infrastructure. « L’économie de toute la Casamance, et par extension de tout le Sénégal, se trouve freinée par ce chaînon manquant du développement », a-t-il affirmé.

Le collectif considère que la réalisation de la Boucle du Fogny permettrait de redynamiser les activités économiques et commerciales de la zone. « Si cette boucle était réalisée, elle rendrait le secteur viable, relancerait les activités commerciales et faciliterait les échanges », a expliqué M. Kamara. Il a par ailleurs établi un lien entre l’enclavement de la zone et certaines dérives observées chez une partie de la jeunesse. « Certains jeunes, faute d’alternatives économiques, se tournent vers des activités illicites, notamment la culture du chanvre indien, conséquence directe de l’enclavement et de l’insécurité qu’il engendre. Ce n’est ni leur choix ni leur volonté, mais une réalité imposée par les conditions de vie », a-t-il soutenu.

Revenant sur les nombreuses promesses faites par les différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays, le président du collectif a dénoncé une série d’engagements jamais concrétisés. « Depuis les années 1960, nous entendons les mêmes discours. À chaque échéance, à chaque passage officiel, on nous présente des calendriers, des études techniques et des engagements formels. Tous les régimes et tous les présidents ont évoqué cette route avant d’arriver au pouvoir, mais une fois aux responsabilités, la zone est souvent oubliée », a-t-il regretté.

Face à cette situation, les populations du Fogny entendent désormais parler d’une seule voix. « Aujourd’hui, la jeunesse, les femmes, les sages et l’ensemble des forces vives du Fogny s’unissent pour dire aux autorités : “Trop de promesses, le Fogny exige sa boucle” », a lancé El Hadji Kamara. Le collectif affirme ne pas réclamer un privilège, mais un droit fondamental. « Nous ne demandons pas une faveur. Nous réclamons un droit : le droit à la mobilité, le droit au développement et le droit à l’équité territoriale. Le Fogny a trop attendu. Notre patience est arrivée à ses limites », a averti son président.

Parmi les revendications formulées figurent notamment « un calendrier clair, officiel et définitif de démarrage des travaux de bitumage de la Boucle du Fogny » ainsi que « la libération effective et transparente des budgets alloués à cette infrastructure ». S’adressant directement au chef de l’État et au gouvernement, El Hadji Kamara a conclu par un appel pressant à l’action.

« Il est temps de passer des paroles aux actes. Sans la Boucle du Fogny, le désenclavement de la Casamance restera un chantier inachevé. La mobilisation ne fait que commencer. Nous resterons debout, unis et déterminés tant que le premier centimètre de goudron n’aura pas été posé », a-t-il martelé. Avant de clore son intervention, le président du Collectif « L’Heure est Grave » a repris le slogan devenu le cri de ralliement des populations de la zone : « Trop de promesses, le Fogny exige sa boucle ! ».




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