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Vahid Halilhodžić : « Le football africain est désormais capable de rivaliser avec les meilleures nations »

Vendredi 12 Juin 2026

Ancien sélectionneur de plusieurs grandes nations du football mondial, Vahid Halilhodžić a accordé un long entretien à Flashscore.fr dans lequel il revient sur son parcours exceptionnel, ses expériences sur trois continents et sa vision du football moderne. L'entraîneur bosnien, qui a qualifié quatre sélections pour la Coupe du monde, livre également son regard sur l'évolution du football africain et les souvenirs marquants de sa carrière.


Passé par les bancs de la Côte d'Ivoire, de l'Algérie, du Japon et du Maroc, Halilhodžić estime que chaque continent possède ses spécificités. « En Afrique, les joueurs sont souvent puissants physiquement, rapides et athlétiques. Un football basé sur l’impact et l’intensité leur convient généralement bien », explique-t-il, avant de souligner que les joueurs asiatiques se distinguent davantage par leur vitesse et leur mobilité.

Pour l'ancien technicien du FC Nantes, le rôle de sélectionneur exige un suivi permanent des joueurs malgré le peu de temps passé avec eux. « Nous observions chaque week-end entre 50 et 60 joueurs. L’objectif était simple : ne rien laisser au hasard », confie-t-il, révélant avoir mis en place un système d'évaluation détaillé pour analyser les performances de ses internationaux.

Interrogé sur la qualification dont il est le plus fier, Halilhodžić cite volontiers l'Algérie. « J’ai dû mener une profonde reconstruction avec une nouvelle génération de joueurs dans un groupe particulièrement relevé. Malgré cela, nous avons réussi à nous qualifier », rappelle-t-il.

L'épopée des Fennecs lors du Mondial 2014 demeure d'ailleurs l'un de ses plus grands souvenirs. « J’en suis très fier. Ce fut une aventure exceptionnelle, à la fois sportive et humaine », affirme-t-il. Le technicien garde notamment en mémoire le huitième de finale perdu contre l'Allemagne, future championne du monde. « Durant tout le tournoi, ils n’ont réellement souffert que face à nous », souligne-t-il.

Concernant la Côte d'Ivoire, où il a dirigé une génération dorée composée notamment de Didier Drogba, Yaya Touré et Gervinho, Halilhodžić garde le souvenir d'une équipe talentueuse mais divisée. « C’était une génération extraordinaire. Cependant, il existait deux groupes distincts au sein du vestiaire en raison des conséquences de la guerre civile », regrette-t-il.

Malgré tout, il estime que le football africain poursuit une progression remarquable. « Certaines sélections sont désormais capables de rivaliser avec les meilleures nations du monde », affirme-t-il. Selon lui, cette évolution s'explique par la passion des jeunes Africains pour le football et par l'apport croissant d'entraîneurs expérimentés sur le continent.

À l'inverse, l'ancien sélectionneur du Maroc préfère ne pas revenir sur son départ des Lions de l'Atlas avant la Coupe du monde 2022. « Depuis mon départ du Maroc, je n’ai pas regardé une seule seconde de leurs matchs. Pas une seule seconde, car ce que j’ai vécu là-bas a été un véritable cauchemar », lâche-t-il avec amertume.

Enfin, Halilhodžić s'est montré optimiste pour la Bosnie-Herzégovine, qualifiée pour le Mondial 2026. Fier de son pays, il espère voir la sélection réussir un grand tournoi malgré les difficultés structurelles auxquelles elle reste confrontée.

À quelques jours du début de la Coupe du monde 2026, les confidences de Vahid Halilhodžić offrent un éclairage précieux sur les réalités du football international et sur le parcours d'un entraîneur qui a marqué l'histoire de plusieurs sélections à travers le monde.

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