L’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, survenu mardi 3 février à Zintan, dépasse largement le cadre d’un règlement de comptes interne à la Libye. S’il élimine l’un des héritiers politiques les plus controversés de l’ère Kadhafi, il fait surtout disparaître une figure qui, ces derniers mois, tentait d’incarner une alternative politique susceptible de rebattre les cartes d’un conflit figé depuis plus d’une décennie.
Pour Virginie Collombier, docteure en sciences politiques et professeure à l’université Luiss Guido Carli de Rome, cette disparition « profite à un certain nombre d’acteurs politiques qui continuaient à le percevoir comme un rival », tout en faisant peser un risque accru d’instabilité sur le pays.
Saïf al-Islam Kadhafi faisait partie des rares acteurs libyens à appeler ouvertement à une réconciliation nationale et à la réunification du pays. Une posture qui, loin de rassurer, inquiétait aussi bien le gouvernement de Tripoli dirigé par Abdelhamid Dabaiba que le camp de l’est emmené par le maréchal Khalifa Haftar.
Selon Virginie Collombier, « cette perspective d’une troisième voie ou d’une troisième composante du champ politique était perçue comme un danger par les deux principaux centres de pouvoir », dans la mesure où elle menaçait leur capacité à maintenir un compromis tacite autour du partage du pouvoir et des ressources.
Des intérêts étrangers en arrière-plan
Mais au-delà des rivalités libyennes, l’assassinat de Saïf al-Islam s’inscrit dans un contexte fortement marqué par l’imbrication d’intérêts régionaux et internationaux. « Toutes les principales forces libyennes sont liées, d’une manière ou d’une autre, à des acteurs régionaux », rappelle la chercheuse. Dès lors, éliminer un acteur capable de rassembler au-delà des clivages traditionnels peut également servir des intérêts extérieurs.
La Libye demeure un enjeu stratégique majeur : contrôle des flux migratoires, accès aux ressources pétrolières, implantation militaire et influence géopolitique en Méditerranée. Dans ce contexte, une Libye durablement divisée, gouvernée par deux pôles dépendants de soutiens étrangers, peut apparaître plus “prévisible” qu’un processus de réconciliation nationale susceptible de remettre en cause les accords informels existants.
Le moment choisi pour cet assassinat interroge également. Il intervient alors que les Nations unies venaient de relancer un dialogue structuré entre acteurs libyens, destiné à débloquer les questions constitutionnelles et institutionnelles qui paralysent le pays depuis des années.
« Le fait que cet assassinat ait lieu à ce moment précis peut être interprété comme une tentative de faire dérailler ce processus onusien », estime Virginie Collombier, rappelant l’échec de la Conférence nationale de 2019 après l’offensive militaire de Haftar sur Tripoli.
Une série d’éliminations troublantes
La mort de Saïf al-Islam s’ajoute à celle, récente, de Mohamed Al-Haddad, chef de l’armée de l’ouest libyen, ainsi qu’à l’élimination d’autres figures sécuritaires de premier plan. Une succession d’événements qui nourrit, au sein de l’opinion libyenne, l’idée d’une stratégie visant à éliminer progressivement toute personnalité susceptible de peser sur l’avenir politique et sécuritaire du pays.
Si aucune preuve formelle ne permet, à ce stade, d’impliquer directement des acteurs étrangers dans cet assassinat, le contexte régional et international apparaît déterminant. Les évolutions de la politique américaine, les rivalités entre puissances régionales et la volonté de certains acteurs de consolider un nouvel équilibre de pouvoir rendent la disparition de Saïf al-Islam politiquement “utile” pour plusieurs camps.
Une chose est certaine : loin de favoriser la stabilité, cet assassinat risque de renforcer la polarisation, d’affaiblir les efforts de médiation des Nations unies et de compromettre un peu plus les perspectives de réconciliation nationale en Libye.
Pour Virginie Collombier, docteure en sciences politiques et professeure à l’université Luiss Guido Carli de Rome, cette disparition « profite à un certain nombre d’acteurs politiques qui continuaient à le percevoir comme un rival », tout en faisant peser un risque accru d’instabilité sur le pays.
Saïf al-Islam Kadhafi faisait partie des rares acteurs libyens à appeler ouvertement à une réconciliation nationale et à la réunification du pays. Une posture qui, loin de rassurer, inquiétait aussi bien le gouvernement de Tripoli dirigé par Abdelhamid Dabaiba que le camp de l’est emmené par le maréchal Khalifa Haftar.
Selon Virginie Collombier, « cette perspective d’une troisième voie ou d’une troisième composante du champ politique était perçue comme un danger par les deux principaux centres de pouvoir », dans la mesure où elle menaçait leur capacité à maintenir un compromis tacite autour du partage du pouvoir et des ressources.
Des intérêts étrangers en arrière-plan
Mais au-delà des rivalités libyennes, l’assassinat de Saïf al-Islam s’inscrit dans un contexte fortement marqué par l’imbrication d’intérêts régionaux et internationaux. « Toutes les principales forces libyennes sont liées, d’une manière ou d’une autre, à des acteurs régionaux », rappelle la chercheuse. Dès lors, éliminer un acteur capable de rassembler au-delà des clivages traditionnels peut également servir des intérêts extérieurs.
La Libye demeure un enjeu stratégique majeur : contrôle des flux migratoires, accès aux ressources pétrolières, implantation militaire et influence géopolitique en Méditerranée. Dans ce contexte, une Libye durablement divisée, gouvernée par deux pôles dépendants de soutiens étrangers, peut apparaître plus “prévisible” qu’un processus de réconciliation nationale susceptible de remettre en cause les accords informels existants.
Le moment choisi pour cet assassinat interroge également. Il intervient alors que les Nations unies venaient de relancer un dialogue structuré entre acteurs libyens, destiné à débloquer les questions constitutionnelles et institutionnelles qui paralysent le pays depuis des années.
« Le fait que cet assassinat ait lieu à ce moment précis peut être interprété comme une tentative de faire dérailler ce processus onusien », estime Virginie Collombier, rappelant l’échec de la Conférence nationale de 2019 après l’offensive militaire de Haftar sur Tripoli.
Une série d’éliminations troublantes
La mort de Saïf al-Islam s’ajoute à celle, récente, de Mohamed Al-Haddad, chef de l’armée de l’ouest libyen, ainsi qu’à l’élimination d’autres figures sécuritaires de premier plan. Une succession d’événements qui nourrit, au sein de l’opinion libyenne, l’idée d’une stratégie visant à éliminer progressivement toute personnalité susceptible de peser sur l’avenir politique et sécuritaire du pays.
Si aucune preuve formelle ne permet, à ce stade, d’impliquer directement des acteurs étrangers dans cet assassinat, le contexte régional et international apparaît déterminant. Les évolutions de la politique américaine, les rivalités entre puissances régionales et la volonté de certains acteurs de consolider un nouvel équilibre de pouvoir rendent la disparition de Saïf al-Islam politiquement “utile” pour plusieurs camps.
Une chose est certaine : loin de favoriser la stabilité, cet assassinat risque de renforcer la polarisation, d’affaiblir les efforts de médiation des Nations unies et de compromettre un peu plus les perspectives de réconciliation nationale en Libye.

