Notre espace politico-médiatique est pollué depuis deux ans par des discours xénophobes et haineux à l’encontre des étrangers notamment vis-à-vis de la communauté peule d’origine guinéenne. Et depuis un mois, ce discours a pris des proportions inquiétantes.
Quand, la rhétorique xénophobe et haineuse est reprise ou banalisée par des figures politiques ou des influenceurs sur les réseaux sociaux et dans l’espace médiatique, elle déplace le débat public vers la haine et la stigmatisation de l’autre et affaiblit les fondements démocratiques en fragilisant l’État de droit et les institutions. C'est à ce niveau que l'État est interpellé.
L’histoire nous apprend que les tragédies collectives de l’humanité commencent toujours par des terminologies et paroles que nous avons trop longtemps banalisées.
Et ce discours stigmatisant, sectaire et xénophobe prôné par les Nationalistes incultes dirigés par un leader qui n'a ni BFEM ni Bac, sans la moindre réaction ferme de l’État gagne de plus en plus du terrain y compris dans ma propre formation politique le PASTEF où des influenceurs, des tiktokeurs et des responsables politiques épousent de plus en plus ce discours xénophobe.
Et le plus cocasse, c’est dans ma propre région Kolda et à Ziguinchor où les différentes communautés vivent en harmonie et entretiennent des mariages mixtes depuis plus d’un siècle où ce discours xénophobe commencent à avoir écho sur le champ politique.
Garder le silence face à ces dérives sectaires et xénophobes c’est être complice.
Ainsi, l'arrestation du militant nationaliste Keylor est indissociable de l’affaire Nourah Ba qui continue de défrayer la chronique.
À propos de Nourah Ba, quand j’ai pris le temps d’observer, d’écouter et de lire les uns et les autres, j’ai compris qu’elle a été victime d’une clameur populaire et d’une indignation hypocrite et sélective. J’ai compris qu’il ne s’agit pas d’une question de régularisation des étrangers et du renforcement du contrôle de l’état civil. Mais, il s’agit plutôt d’une haine viscérale, d’une stigmatisation indescriptible et d’une xénophobie envers une communauté.
Derrière cette prétendue exigence de renforcement du contrôle à l’état-civil se dissimule une entreprise de stigmatisation ethnique. Le reste de la rhétorique n’est rien d’autre que du cynisme et de la manipulation.
En effet, des militants nationalistes passent tout leur temps à insulter Nourah Ba, à la menacer de mort, à tenir des propos orduriers et dégradants à l’encontre de ses parents et de sa communauté sur son compte Tiktok. Mais, le PROCUREUR ne s’est jamais auto-saisi. Dans cette affaire, la justice a manqué d’équité et d’impartialité.
Pis, sur Facebook et Tiktok, des militants de la haine et de la xénophobie insultent tous ceux qui ont une opinion contraire à la leur.
Pourtant, Le Procureur de la République et la Division spéciale de la cybercriminalité voient ces insultes xénophobes mais ne prennent aucune mesure à l’encontre de leurs auteurs.
Quant à Keylor, que je connais, dont je salue le combat pour la régularisation des étrangers et le contrôle de l’état civil, aucune loi de notre corpus juridique ne lui confère le droit d’aller filmer des gens dans leur lieu de travail. La loi sur la protection des données personnelles interdit strictement de filmer des gens ou de prendre des images d’autrui sans leur consentement. Il a fauté.
C'est bien de préciser qu'aucun Sénégalais n’est contre la régularisation des étrangers et le contrôle de l’état-civil afin de lutter contre l’usurpation d’identité et l’insécurité galopante qui ne sont pas que l’œuvre exclusive des étrangers car il y a des sénégalais qui font de l’usurpation d’identité.
Donc, il convient de rappeler ici que les Peulhs Foutah, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, sont originaires du Boundou (l'Est du Sénégal), du Macina et de Kédougou et d'autres du Fouta Djalon. Par conséquent, tout Peulh fouta n'est pas guinéen.
Certes, la majorité a une origine guinéenne qui remonte au royaume du Fouta Djalon qui s'étendait jusqu'à Tamba (Sénégal) mais ils ne sont pas tous guinéens comme le laissent croire certains abrutis et pestiférés qui pensent que le Sénégal commence à Dakar et s’arrête à Diourbel.
C’est à l’image de nos parents Peulhs firdous communément appelés Foulacounda. D'aucuns parmi eux sont originaires du Macina et d'autres da la Guinée Bissau mais ils ne sont pas tous bissau-guinéens.
En effet, la première génération de Peulhs Fouta est arrivée au Sénégal notamment à Kolda au milieu du 19e siècle vers 1840. C’est le cas du Grand érudit de l’islam, Thierno Aliou Diallo qui a fondé Diaguett Fouta et Diaguette Copé après le village de Sare Bilaly. Et c’est lui qui a fondé le premier foyer religieux de Kolda, en l’occurrence Sobouldé contrairement à certaines idées reçues.
À Kolda commune, à l'exception des autochtones, c'est-à-dire mes parents Mandings, les Peulhs Fouta sont les premiers habitants de la commune. Donc, dire que les descendants de cette première génération de Peulhs Fouta ne sont pas sénégalais, c'est raconter des sornettes et des inepties.
L’État doit faire montre d’autorité et stopper net ces dérives sectaires et xénophobes qui dégradent notre cohésion sociale et sapent le substrat social qui fondent notre société.
L'histoire montre que l'absence de réaction rapide face aux discours d'exclusion peut mener à des conflits communautaires graves ou à des violences de plus grande ampleur entre ethnies. Et à ce rythme, notre pays n’est pas épargné.
Au 19e siècle, quand le philosophe allemand, Hegel prônait avec fierté la suprématie de la race blanche, les européens avaient applaudi. Mais, un siècle plus tard, ses idées, qui ont inspiré Hitler, ont dévasté et décimé l’Europe entière avec deux guerres mondiales aux conséquences dévastatrices incommensurables sur le plan humain et économique.
Goebbels, qui encourageait Hitler dans ses dérives sectaires et totalitaires, s’était suicidé en 1945 car il regrettait la tournure des évènements. Donc, le karma existe.
Enfin, pour régler les problèmes liés à l’état-civil, cela ne nécessite pas tout ce discours stigmatisant et xénophobe à l’encontre d’une communauté comme si elle était la seule bénéficiaire.
D’autres étrangers, notamment des mauritaniens, des bissau-guinéens, des maliens, des nigérians, des burkinabè, des ivoiriens, des béninois, des gambiens et des cap-verdiens bénéficient de papiers Sénégalais sans que cela ne fasse un tollé.
Donc, pour y remédier, l’État doit accélérer le processus de digitalisation de l’état-civil, revaloriser le traitement salarial des agents de l’état-civil et mettre des gardes fous contre les discours haineux, xénophobes et stigmatisants.
Bouba Beauga Sadio
Responsable Politique de PASTEF KOLDA
Membre du MONCAP
Quand, la rhétorique xénophobe et haineuse est reprise ou banalisée par des figures politiques ou des influenceurs sur les réseaux sociaux et dans l’espace médiatique, elle déplace le débat public vers la haine et la stigmatisation de l’autre et affaiblit les fondements démocratiques en fragilisant l’État de droit et les institutions. C'est à ce niveau que l'État est interpellé.
L’histoire nous apprend que les tragédies collectives de l’humanité commencent toujours par des terminologies et paroles que nous avons trop longtemps banalisées.
Et ce discours stigmatisant, sectaire et xénophobe prôné par les Nationalistes incultes dirigés par un leader qui n'a ni BFEM ni Bac, sans la moindre réaction ferme de l’État gagne de plus en plus du terrain y compris dans ma propre formation politique le PASTEF où des influenceurs, des tiktokeurs et des responsables politiques épousent de plus en plus ce discours xénophobe.
Et le plus cocasse, c’est dans ma propre région Kolda et à Ziguinchor où les différentes communautés vivent en harmonie et entretiennent des mariages mixtes depuis plus d’un siècle où ce discours xénophobe commencent à avoir écho sur le champ politique.
Garder le silence face à ces dérives sectaires et xénophobes c’est être complice.
Ainsi, l'arrestation du militant nationaliste Keylor est indissociable de l’affaire Nourah Ba qui continue de défrayer la chronique.
À propos de Nourah Ba, quand j’ai pris le temps d’observer, d’écouter et de lire les uns et les autres, j’ai compris qu’elle a été victime d’une clameur populaire et d’une indignation hypocrite et sélective. J’ai compris qu’il ne s’agit pas d’une question de régularisation des étrangers et du renforcement du contrôle de l’état civil. Mais, il s’agit plutôt d’une haine viscérale, d’une stigmatisation indescriptible et d’une xénophobie envers une communauté.
Derrière cette prétendue exigence de renforcement du contrôle à l’état-civil se dissimule une entreprise de stigmatisation ethnique. Le reste de la rhétorique n’est rien d’autre que du cynisme et de la manipulation.
En effet, des militants nationalistes passent tout leur temps à insulter Nourah Ba, à la menacer de mort, à tenir des propos orduriers et dégradants à l’encontre de ses parents et de sa communauté sur son compte Tiktok. Mais, le PROCUREUR ne s’est jamais auto-saisi. Dans cette affaire, la justice a manqué d’équité et d’impartialité.
Pis, sur Facebook et Tiktok, des militants de la haine et de la xénophobie insultent tous ceux qui ont une opinion contraire à la leur.
Pourtant, Le Procureur de la République et la Division spéciale de la cybercriminalité voient ces insultes xénophobes mais ne prennent aucune mesure à l’encontre de leurs auteurs.
Quant à Keylor, que je connais, dont je salue le combat pour la régularisation des étrangers et le contrôle de l’état civil, aucune loi de notre corpus juridique ne lui confère le droit d’aller filmer des gens dans leur lieu de travail. La loi sur la protection des données personnelles interdit strictement de filmer des gens ou de prendre des images d’autrui sans leur consentement. Il a fauté.
C'est bien de préciser qu'aucun Sénégalais n’est contre la régularisation des étrangers et le contrôle de l’état-civil afin de lutter contre l’usurpation d’identité et l’insécurité galopante qui ne sont pas que l’œuvre exclusive des étrangers car il y a des sénégalais qui font de l’usurpation d’identité.
Donc, il convient de rappeler ici que les Peulhs Foutah, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, sont originaires du Boundou (l'Est du Sénégal), du Macina et de Kédougou et d'autres du Fouta Djalon. Par conséquent, tout Peulh fouta n'est pas guinéen.
Certes, la majorité a une origine guinéenne qui remonte au royaume du Fouta Djalon qui s'étendait jusqu'à Tamba (Sénégal) mais ils ne sont pas tous guinéens comme le laissent croire certains abrutis et pestiférés qui pensent que le Sénégal commence à Dakar et s’arrête à Diourbel.
C’est à l’image de nos parents Peulhs firdous communément appelés Foulacounda. D'aucuns parmi eux sont originaires du Macina et d'autres da la Guinée Bissau mais ils ne sont pas tous bissau-guinéens.
En effet, la première génération de Peulhs Fouta est arrivée au Sénégal notamment à Kolda au milieu du 19e siècle vers 1840. C’est le cas du Grand érudit de l’islam, Thierno Aliou Diallo qui a fondé Diaguett Fouta et Diaguette Copé après le village de Sare Bilaly. Et c’est lui qui a fondé le premier foyer religieux de Kolda, en l’occurrence Sobouldé contrairement à certaines idées reçues.
À Kolda commune, à l'exception des autochtones, c'est-à-dire mes parents Mandings, les Peulhs Fouta sont les premiers habitants de la commune. Donc, dire que les descendants de cette première génération de Peulhs Fouta ne sont pas sénégalais, c'est raconter des sornettes et des inepties.
L’État doit faire montre d’autorité et stopper net ces dérives sectaires et xénophobes qui dégradent notre cohésion sociale et sapent le substrat social qui fondent notre société.
L'histoire montre que l'absence de réaction rapide face aux discours d'exclusion peut mener à des conflits communautaires graves ou à des violences de plus grande ampleur entre ethnies. Et à ce rythme, notre pays n’est pas épargné.
Au 19e siècle, quand le philosophe allemand, Hegel prônait avec fierté la suprématie de la race blanche, les européens avaient applaudi. Mais, un siècle plus tard, ses idées, qui ont inspiré Hitler, ont dévasté et décimé l’Europe entière avec deux guerres mondiales aux conséquences dévastatrices incommensurables sur le plan humain et économique.
Goebbels, qui encourageait Hitler dans ses dérives sectaires et totalitaires, s’était suicidé en 1945 car il regrettait la tournure des évènements. Donc, le karma existe.
Enfin, pour régler les problèmes liés à l’état-civil, cela ne nécessite pas tout ce discours stigmatisant et xénophobe à l’encontre d’une communauté comme si elle était la seule bénéficiaire.
D’autres étrangers, notamment des mauritaniens, des bissau-guinéens, des maliens, des nigérians, des burkinabè, des ivoiriens, des béninois, des gambiens et des cap-verdiens bénéficient de papiers Sénégalais sans que cela ne fasse un tollé.
Donc, pour y remédier, l’État doit accélérer le processus de digitalisation de l’état-civil, revaloriser le traitement salarial des agents de l’état-civil et mettre des gardes fous contre les discours haineux, xénophobes et stigmatisants.
Bouba Beauga Sadio
Responsable Politique de PASTEF KOLDA
Membre du MONCAP

