L’ancienne ministre de la Culture, Penda Mbow, a exprimé de sérieuses réserves sur le fonctionnement actuel de l’État, marqué selon elle par une forme de « diarchie » au sommet du pouvoir. Une situation qu’elle juge incompatible avec les textes en vigueur et difficilement soutenable à long terme.
S’exprimant lors d’une rencontre régionale organisée par Wathi sur les enjeux de paix, de justice et de cohésion sociale au Sahel et en Afrique de l’Ouest, l’historienne a mis en garde contre les risques de dérive institutionnelle. « Je commence à douter des alternances et, si l’on n’est pas vigilant, on risque de revenir sur certains acquis de la Constitution. Nous ne devons pas revenir tout le temps sur les acquis », a-t-elle déclaré, rappelant que les grandes alternances politiques du Sénégal se sont opérées dans le respect des mêmes textes fondamentaux.
Pour Penda Mbow, la Constitution doit rester une référence intangible. « Nous devons arriver à ce que nos textes soient une référence pour tout le monde et que personne n’y touche, quels que soient nos intérêts », insiste-t-elle.
Abordant la situation actuelle, elle déplore l’existence de « deux têtes au niveau de l’État », une configuration qui, selon elle, ne peut perdurer. « Il faut régler cette question », martèle-t-elle, évoquant la nécessité de réformes pour instaurer un équilibre clair entre le Président de la République et le Premier ministre, voire un basculement vers un régime parlementaire.
Tout en saluant les efforts des dirigeants, elle rappelle que « l’exercice du pouvoir, c’est autre chose », soulignant les limites d’une Constitution qui ne prévoit pas explicitement ce type de cohabitation au sommet de l’État.
Avec Les ECHOS

