Au-delà de la question institutionnelle, Penda Mbow a fermement rejeté toute perspective de retour au modèle du parti-État, qu’elle considère comme définitivement dépassé dans le contexte politique actuel du Sénégal.
Intervenant toujours dans le cadre des échanges initiés par Wathi, elle a insisté sur la nécessité de préserver les acquis démocratiques et d’éviter toute concentration excessive du pouvoir.
« On ne peut pas retourner vers le parti-État. Le parti-État doit être révolu. Aucun parti aujourd’hui n’aura suffisamment de force pour régenter toute la société », a-t-elle tranché sans ambiguïté dans les colones du journal Les ECHOS.
L’historienne souligne que la configuration politique actuelle est inédite, notamment avec l’émergence d’un Premier ministre doté d’une forte légitimité populaire. Sans le citer directement, elle fait allusion à Ousmane Sonko, dont l’influence auprès d’une large frange de la jeunesse redessine les équilibres du pouvoir.
« Comment résoudre ce problème alors que la Constitution n’a jamais été confrontée à ce type de situation ? », s’interroge-t-elle, rappelant que la Constitution de 1962 avait, en son temps, tranché la question de la dualité du pouvoir dans un contexte de parti unique.
Pour Penda Mbow, les avancées démocratiques du Sénégal sont réelles, mais encore insuffisantes face aux exigences de justice sociale, d’inclusivité et aux attentes d’une jeunesse « très impatiente ».
Elle appelle ainsi à consolider les fondements démocratiques du pays, en s’appuyant sur l’expérience historique du Sénégal, tout en adaptant les institutions aux réalités contemporaines.

