La Fédération sénégalaise de football (FSF) contre-attaque. Près de dix jours après la décision polémique de la Confédération africaine de football d’attribuer le trophée au Maroc, la FSF a dépêché à Paris une armée d’avocats internationaux – sénégalais, français, suisses ou bien encore espagnols - pour une conférence de presse, jeudi 26 mars, afin d’expliquer sa décision de porter cette affaire devant le Tribunal arbitral du sport.
Le 17 mars, deux mois après le sacre du Sénégal, le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de lui retirer son titre au profit du Maroc, finaliste malheureux et hôte du tournoi. Il a ainsi donné raison à la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), qui arguait que le départ momentané des joueurs sénégalais du terrain durant la finale équivalait à un forfait.
Lors de ce match chaotique, émaillé de violences entre supporters, les Lions de la Teranga avaient quitté la pelouse pour protester contre un penalty obtenu par Brahim Diaz juste après un but refusé aux Sénégalais. Sous l'impulsion de Sadio Mané notamment, ils avaient repris la partie pour finalement s'imposer en prolongations grâce à un but de Pape Gueye.
La décision inattendue de la CAF, prononcée deux mois après cette finale, a provoqué une onde de choc dans le milieu du football et bien au delà.
"La décision du jury d’appel ne peut pas être considérée comme une vraie décision de justice sportive, tellement elle est grossière, absurde et irrationnelle", a fustigé maître Seydou Diagne, coordinateur de la défense de la FSF.
"Si le monde du football laisse faire (…), le vainqueur de la prochaine Coupe du monde de football pourrait également se décider dans les cabinets d’avocats" a-t-il alerté.
Une "décision fantôme"
La décision d’annuler la victoire du Sénégal est inédite. Jamais une confédération n’avait retiré un titre continental déjà remporté sur le terrain. Un retournement de situation d’autant plus surprenant que le jury de la CAF avait rejeté la plainte marocaine en première instance, estimant que le forfait n’aurait été valable que si l’équipe sénégalaise avait quitté définitivement le terrain.
Le déroulé du procès d’appel suscite également de nombreuses questions. Seul cinq de ses neuf membres y ont participé, dont le président de la Fédération tunisienne de football, Moez Ben Tahar Nasri, réputé proche des dirigeants marocains. Une présence qui a attisé la suspicion de certains observateurs.
Maitre Seydou Diagne a, pour sa part, dénoncé "un procès expéditif" affirmant que la CAF, tenue de motiver sa décision, ne s’était toujours pas pliée à cette obligation.
La Fédération sénégalaise de football est "juridiquement toujours championne d’Afrique" a renchérit l’avocat suisse Serge Vittoz, fustigeant une "décision fantôme".
Alors que de nombreuses zones d’ombre persistent, les avocats de la FSF ont promis de faire la lumière sur les raisons de cette décision.
"Ce que veulent nos adversaires c’est une médaille empoisonnée", a affirmé maître Pierre-Olivier Sur. "Nous allons en chercher les causes et les raisons", a-t-il assuré.
Les avocats de la FSF ont également évoqué le sort des 18 supporters sénégalais arrêtés lors des violences le soir de la finale et emprisonnés depuis, victimes selon eux d’un "acharnement du parquet marocain".
Procédure accélérée ?
La date du nouveau procès dans l’affaire de la victoire contestée de la CAN n’a pas encore été fixée. Jugée cette fois par le Tribunal arbitral du sport, basé à Lausanne, la procédure pourrait s'étirer sur l'année 2026. Le délai moyen est "de 9 à 12 mois", a prévenu maître Serge Vittoz, indiquant néanmoins que le tribunal et la FSF sont favorables à une procédure accélérée, afin que le jugement ne vienne pas perturber le bon déroulé de la Coupe du monde de football, qui débutera le 11 juin au Mexique.
Cette procédure express pourrait ramener le délai à deux mois. Mais il faut pour cela qu’elle soit approuvée par les autres parties, la CAF et la Fédération marocaine de football, souligne-t-il.
En attendant, les joueurs sénégalais s’apprêtent à fouler la pelouse du Stade de France, samedi 28 mars, pour un match amical contre le Pérou. Lors de cette rencontre, les Lions de la Teranga avaient prévu de célébré leur titre avec la diaspora sénégalaise de France. Une fête quelque peu ternie par la décision hautement polémique de la CAF.
Dans ce contexte, les Sénégalais vont-ils exhiber le trophée au risque d’exacerber encore un peu plus les tensions avec le Maroc et ses supporters ? Interrogé sur le sujet, le président de la FSF est resté évasif.
"Il n’y a pratiquement pas de changement sur le programme" a assuré Adoulaye Fall. "Les joueurs sont extrêmement motivés" a-t-il poursuivi, promettant du "beau spectacle" et de "l’engagement". Avant de conclure : "Rendez-vous au stade le 28".
Le 17 mars, deux mois après le sacre du Sénégal, le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de lui retirer son titre au profit du Maroc, finaliste malheureux et hôte du tournoi. Il a ainsi donné raison à la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), qui arguait que le départ momentané des joueurs sénégalais du terrain durant la finale équivalait à un forfait.
Lors de ce match chaotique, émaillé de violences entre supporters, les Lions de la Teranga avaient quitté la pelouse pour protester contre un penalty obtenu par Brahim Diaz juste après un but refusé aux Sénégalais. Sous l'impulsion de Sadio Mané notamment, ils avaient repris la partie pour finalement s'imposer en prolongations grâce à un but de Pape Gueye.
La décision inattendue de la CAF, prononcée deux mois après cette finale, a provoqué une onde de choc dans le milieu du football et bien au delà.
"La décision du jury d’appel ne peut pas être considérée comme une vraie décision de justice sportive, tellement elle est grossière, absurde et irrationnelle", a fustigé maître Seydou Diagne, coordinateur de la défense de la FSF.
"Si le monde du football laisse faire (…), le vainqueur de la prochaine Coupe du monde de football pourrait également se décider dans les cabinets d’avocats" a-t-il alerté.
Une "décision fantôme"
La décision d’annuler la victoire du Sénégal est inédite. Jamais une confédération n’avait retiré un titre continental déjà remporté sur le terrain. Un retournement de situation d’autant plus surprenant que le jury de la CAF avait rejeté la plainte marocaine en première instance, estimant que le forfait n’aurait été valable que si l’équipe sénégalaise avait quitté définitivement le terrain.
Le déroulé du procès d’appel suscite également de nombreuses questions. Seul cinq de ses neuf membres y ont participé, dont le président de la Fédération tunisienne de football, Moez Ben Tahar Nasri, réputé proche des dirigeants marocains. Une présence qui a attisé la suspicion de certains observateurs.
Maitre Seydou Diagne a, pour sa part, dénoncé "un procès expéditif" affirmant que la CAF, tenue de motiver sa décision, ne s’était toujours pas pliée à cette obligation.
La Fédération sénégalaise de football est "juridiquement toujours championne d’Afrique" a renchérit l’avocat suisse Serge Vittoz, fustigeant une "décision fantôme".
Alors que de nombreuses zones d’ombre persistent, les avocats de la FSF ont promis de faire la lumière sur les raisons de cette décision.
"Ce que veulent nos adversaires c’est une médaille empoisonnée", a affirmé maître Pierre-Olivier Sur. "Nous allons en chercher les causes et les raisons", a-t-il assuré.
Les avocats de la FSF ont également évoqué le sort des 18 supporters sénégalais arrêtés lors des violences le soir de la finale et emprisonnés depuis, victimes selon eux d’un "acharnement du parquet marocain".
Procédure accélérée ?
La date du nouveau procès dans l’affaire de la victoire contestée de la CAN n’a pas encore été fixée. Jugée cette fois par le Tribunal arbitral du sport, basé à Lausanne, la procédure pourrait s'étirer sur l'année 2026. Le délai moyen est "de 9 à 12 mois", a prévenu maître Serge Vittoz, indiquant néanmoins que le tribunal et la FSF sont favorables à une procédure accélérée, afin que le jugement ne vienne pas perturber le bon déroulé de la Coupe du monde de football, qui débutera le 11 juin au Mexique.
Cette procédure express pourrait ramener le délai à deux mois. Mais il faut pour cela qu’elle soit approuvée par les autres parties, la CAF et la Fédération marocaine de football, souligne-t-il.
En attendant, les joueurs sénégalais s’apprêtent à fouler la pelouse du Stade de France, samedi 28 mars, pour un match amical contre le Pérou. Lors de cette rencontre, les Lions de la Teranga avaient prévu de célébré leur titre avec la diaspora sénégalaise de France. Une fête quelque peu ternie par la décision hautement polémique de la CAF.
Dans ce contexte, les Sénégalais vont-ils exhiber le trophée au risque d’exacerber encore un peu plus les tensions avec le Maroc et ses supporters ? Interrogé sur le sujet, le président de la FSF est resté évasif.
"Il n’y a pratiquement pas de changement sur le programme" a assuré Adoulaye Fall. "Les joueurs sont extrêmement motivés" a-t-il poursuivi, promettant du "beau spectacle" et de "l’engagement". Avant de conclure : "Rendez-vous au stade le 28".

