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Sénégal : Ismaïla Madior Fall au centre d’un dossier de corruption présumée

Jeudi 24 Avril 2025

 Le couperet est tombé ce mercredi à l’issue d’une réunion du bureau de l’Assemblée nationale : cinq anciens ministres vont être traduits devant la Haute Cour de justice. Une décision lourde de conséquences, qui marque un tournant décisif dans le traitement des affaires liées à la gestion des fonds Covid-19 et aux soupçons de corruption ayant entaché l’ancien gouvernement.


Sans grande surprise, les noms de Ndèye Saly Diop Dieng (ancienne ministre de la Femme et de la Famille), Aïssatou Sophie Gladima (ancienne ministre des Mines), Moustapha Diop (ex-ministre de l’Industrie), et Mansour Faye (ancien ministre du Développement communautaire) figurent parmi les mis en accusation. Tous sont cités dans le cadre de l’affaire dite des fonds Force Covid-19, une enquête tentaculaire sur la gestion présumée opaque des milliards mobilisés pour faire face à la pandémie.

La surprise Ismaïla Madior Fall
Mais la véritable surprise réside dans l’inclusion de Ismaïla Madior Fall, ancien ministre de la Justice. Contrairement à ses collègues, il ne figure pas dans le dossier Covid-19. Il est poursuivi pour des faits présumés de corruption survenus durant son mandat comme Garde des Sceaux.

Selon le quotidien Libération, qui révèle des détails exclusifs sur ce volet, « il est accusé de faits présumés de corruption alors qu’il était Garde des Sceaux, ministre de la Justice ». Le journal précise que le dossier repose notamment sur « une confession très détaillée d’un entrepreneur », corroborée par le directeur des constructions des Palais de justice. Cette double source aurait suffi à convaincre les députés d'enclencher la procédure de mise en accusation.


La décision de traduire ces cinq anciens responsables devant la Haute Cour de justice reflète une volonté manifeste des nouvelles autorités de répondre à l’exigence de reddition des comptes. Elle confirme aussi la volonté du Parlement de jouer un rôle central dans le contrôle de l’action publique, en utilisant un levier juridique aussi exceptionnel que symbolique.


Conformément à la procédure, une séance plénière est prévue ce vendredi pour la mise en place de la commission ad hoc chargée d’examiner les dossiers. Ensuite, une autre plénière de ratification est programmée pour le lundi 28 avril à 10h, où les députés devront se prononcer sur le renvoi ou non des mis en cause devant la juridiction spéciale.

Une séquence politique et judiciaire inédite
Cette nouvelle phase ouvre un chapitre inédit dans la lutte contre la corruption au Sénégal. Si la procédure aboutit, elle pourrait établir un précédent fort, aussi bien sur le plan juridique que politique. Reste à savoir si ces poursuites déboucheront sur des jugements exemplaires ou provoqueront des remous plus profonds au sein du paysage institutionnel.
 
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