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SENEGAL : le jeu macabre du coup bas des députés de BBY.

Vendredi 5 Juillet 2024

Les récentes déclarations des députés de BBY de proposer une loi pour « arracher » au nouveau président Faye le pouvoir discrétionnaire de dissoudre l’Assemblée Nationale, au besoin, nous servent de prétexte à la rédaction de cet article. Le comportement de ces députés fait transparaître une position voilée à travers laquelle se cachent des intérêts qui ne sont pas clairement révélés.

Cette position de ces « représentants du peuple » ne laisse pas paraître clairement son dessein et la mise en pratique de la technique des coups bas pour atteindre l’objet visé, mettant hors-jeu le peuple pour profiter des privilèges que leur offre la fonction et pour satisfaire des désirs claniques et/ou personnels, donc des désirs égoïstes.

Le Sénégal ne s’est résolument pas encore départi de la perpétuelle campagne électorale qui l’a souvent empêché, face aux enjeux majeurs, d’amorcer les véritables réformes nécessaires pour son développement. Cette atmosphère qui a toujours prévalu des régimes précédents semblerait nous envelopper avec ces déclarations saugrenues et irresponsables d’une certaines classe politique. Nos politiciens ne cessent d’utiliser des manœuvres subtiles pour la prise du pouvoir ou pour s’y maintenir au détriment du peuple comme l’atteste à suffisance ce projet en gestation de loi devant empêcher le président de dissoudre l’assemblée nationale .


Dissoudre l’assemblée nationale est du pouvoir discrétionnaire du président de la République conformément aux dispositions constitutionnelles en son article 87 : « Le Président peut, après avoir recueilli l'avis du Premier ministre et celui du Président de l'Assemblée nationale, prononcer, par décret, la dissolution de l'Assemblée (Article 87 de la Constitution). La dissolution ne peut intervenir durant les deux premières années de législature ». Dès lors L’article 87 de la constitution définit les contours. Nous voyons clairement qu’il n’en existe que trois contraintes : la personne qui peut le faire, le timing de la dissolution, et la procédure à suivre. 


Qui ? Seul le président de la République peut dissoudre l’Assemblée nationale. 
Quand ? Il doit s’être écoulé au moins un an entre les précédentes élections législatives et la dissolution. Comment ? Le président doit consulter le premier ministre et les présidents des assemblées avant de la prononcer.

Par conséquent ; les conditions précitées sont réunies d’où rien ne se pose et ne s’opposerait à une probable dissolution en septembre 2024. Ainsi, se sentant menacés, déboussolés et désemparés de perdre des privilèges, ces députés de BBY jouent leur va-tout d’honneur pour exister. C’est pourquoi tous les subterfuges pour empêcher au président de les dégommer nonobstant la volonté populaire qui s’est déjà exprimée le 24 mars dernier, ils s’agrippent toujours. Cette stratégie visant à se maintenir par tous les coups pour permettre la réalisation de leurs desseins groupaux et/ou individuels au détriment des intérêts collectifs les rend aveugle de la réalité. Ce comportement perfide marque ainsi l’inauguration du jeu de dupes où les impostures, les trahisons envers la nation vont être posées comme forme traditionnelle, comme manœuvre politique dans la lutte pour la reconquête du pouvoir d’État. Ces stratégies ne tiennent pas compte du bien-être collectif mais des privilèges qu’ils risquent de perdre en cas de dissolution. Ce comportement met à nue la vraie nature de plusieurs politiciens à réaliser les desseins claniques à l’opposé de l’intérêt général. 


In fine, les récentes déclarations des députés de BBY sont à classer en fonction des jeux d’intérêts, des jeux de manipulation, des fausses alliances, encore et toujours pour faciliter à une frange de s’enrichir d’avantage au détriment de toute une population qui ne cesse de s’embourber dans la crasse, dans la misère la plus abjecte. Face à ces agissements, nous nous posons des questions : Ne plus être député est-il une fin en soi ? pourquoi avoir peur de la dissolution ? Doutent-ils de leur force politique ? Sont-ils conscients de leur fébrilité que beaucoup d’entre eux n’ont aucun poids électoral ? 
 
Président, nous citoyens, nous vous exhortons à dissoudre l’assemblée nationale, à l’assainir pour puisse régner un débat technique d’où sortiront des projets de lois utiles à tous.
« Osons le changement »

Nicolas Silandibithe Bassène

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