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Relation Françafrique : L’écrivain Babacar Ndiaye critique ouvertement les dirigeants africains

Samedi 3 Septembre 2022

Statisticien, financier et actuaire de formation, Babacar Ndiaye est l’auteur du livre ‘’La France à fric’’. Après avoir déposé ses baluchons dans plusieurs entreprises et des cours dans de prestigieuses écoles et instituts supérieurs à l'International et au Sénégal, il vient de signer un brio qui profitera aux candidats aux prochaines élections présidentielles. Il a ainsi proposé des pistes et des solutions pour le redressement de l'économie sénégalaise, particulièrement africaine.
 
‘’La France à fric’’ est une métaphore qui se cache derrière la France et l'Afrique. L'auteur rebondit sur la monnaie et l'économie pour faire allusion à la Françafrique pour acter les relations entre la France et les pays d'Afrique francophone, même si en réalité, il s'est focalisé sur le cas du Sénégal. Cependant, il y a lieu de remarquer que les propositions émises sont valables pour plusieurs pays d’Afrique, à quelques ajustements près, etc. Selon lui, cet ouvrage est un essai ayant pour but ultime de contribuer à l’édification d’un monde meilleur, rempli de paix et d’amour. Cela passe forcément par une justice sans faille au sein de la famille humaine. Ces derniers siècles, le continent africain a subi trop d’injustices. Après avoir été vidé de sa population jeune et saine pour bâtir un monde meilleur ailleurs, il a été morcelé, entraînant une humiliation morale, un affaiblissement politique et une dépendance intellectuelle chronique. Cette situation a installé, au fil des années, des réflexes d'assistance dans l’esprit de certains Africains", a soutenu l'écrivain après avoir amassé des connaissances pratiques au sein d’Axa Global P & C à Paris, en 2010 et dans plusieurs cabinets internationaux en France avec un petit passage aux Pays-Bas. Poussant la réflexion plus loin, le Directeur d'un cabinet de souhait et de formation: Deprice Consulting pense mordicus que le développement de notre pays ne viendra pas ailleurs. Pour lui, les pays africains devraient réclamer l'indépendance, avant de concevoir son propre modèle. D'ailleurs, explique que son idée est de donner de l’impulsion à travers le partage d’une vision et des propositions de solutions concrètes, tout en tenant compte de l’intérêt de tout individu du monde pour un équilibre bénéfique à tous. Ayant travaillé dans ce cadre avec des cabinets de finance et d’expertise comptable, le Bureau international du travail (BIT), le ministère des Finances (Direction des Pensions plus précisément), le ministère de la Culture, etc., le responsable du Pôle études et analyses au sein du groupe Baobab croit qu'être un acteur de la vie économique, politique et sociale est la meilleure façon de servir son pays, de servir le monde.
 
Les avantages et les inconvénients de la création monétaire
 
Concernant la création monétaire africaine, le statisticien, financier et actuaire de formation, n'a pas fait langue de bois.  À en croire qu'en réalité, cette monnaie présente effectivement des avantages et des inconvénients. D'ailleurs, il a fait une piqure de rappel sur la définition comme processus par lequel la masse monétaire d'un pays ou d’une zone est rehaussée. D'abord sur les avantages, il soutient que la création monétaire présente l’avantage de relancer une économie. En effet, selon ces dires, lorsque la Banque centrale baisse le taux directeur, par exemple, les taux d’intérêt des banques commerciales baissent eux aussi. Ainsi, il y a plus de crédits accordés, entraînant un processus de création monétaire et donc une hausse de la masse monétaire. Par conséquent, l’économie est relancée, stimulée. Aucune richesse réelle n’est créée. Certes, l’effet positif ici, déclencheur de la relance de la machine économique, semble psychologique, entre autres. Ensuite, sur les inconvénients, il a avancé que la création monétaire a des effets inflationnistes sur un pays ou une zone monétaire dans son ensemble, car la monnaie est dépréciée. De même, elle peut engendrer des crises financières mondiales lorsqu’elle est excessive, comme nous l’avons vu par le passé avec la crise de 2007-2008. Tout le monde s’en souvient douloureusement.
 
Le franc CFA
 
S'exprimant sur le franc CFA, sans ambages, il a déballé s'appuyant même sur les inconvénients précités plus hauts que si la Banque centrale européenne (BCE) crée de la monnaie en cas de crise (Covid-19 par exemple), la zone euro profite d’une injection de liquidités pour relancer sa machine économique. Toutefois, en contrepartie, l’euro est déprécié, c’est un des inconvénients. Le franc CFA aussi, à cause de la parité fixe, c’est mécanique. En résumé, il a révélé sans réticence que l’Europe bénéficie seule des avantages et partage les inconvénients avec les zones UEMOA et CEMAC, à savoir la dépréciation monétaire. C’est injuste. Même s’il ne s’agit pas de création monétaire, toute baisse de l’euro, quelle qu’en soit la cause, entraîne systématiquement celle du franc CFA, que cela nous arrange ou pas. En termes simples, nous, pays des zones franc CFA, n’avons pas notre propre monnaie, ne menons pas notre propre politique monétaire, nous subissons. Le franc CFA n’est pas notre monnaie, c’est une subdivision fixe d’une autre qu’est l’euro, complètement déconnectée de nos réalités économiques et nos besoins en politique monétaire.
 
Système éducatif sénégalais
 
Par ailleurs, il n'a pas passé en revue le système éducatif sénégalais. Le formateur ayant dispensé des cours et travaux dirigés de classification automatique et d'actuariat au niveau Master 1 et 2 à l'Institut de mathématiques appliquées (IMA), rentré au Sénégal en 2017 semble comprendre les maux de l'école sénégalaise. Ainsi, il ressort de ses analyses trois points fondamentaux: "un modèle éducatif non approprié à notre structure démographique, un problème de langue (déjà mentionné dans les documents publics, mais l’analyse mérite d’être poussée) et enfin des contenus et programmes non conformes à nos besoins et réalités. Nous avons une proposition pour corriger l’inadéquation de notre système éducatif à notre structure démographique", a-t-il fait savoir. S'appuyant sur le Sénégal, à l’instar des pays africains, il se base sur la population particulièrement jeune. À cet effet, il déclare qu'il est nécessaire de penser un modèle éducatif approprié. Pour lui, le modèle doit se reposer sur ''Diang Diangalé". Ce faisant, il pense que des réformes doivent être menées en profondeur de tout le système pour donner des résultats qui répondent aux besoins de développement du pays à moindre coût. Ce modèle part du constat selon lequel les Daara traditionnels (à vocation purement éducative) ont formé des millions de savants dans tout le pays avec de maigres moyens financiers. Selon lui, ce modèle doit reposer sur une solidarité intergénérationnelle et une décentralisation de la transmission des connaissances, comme l’ont réussi les grands Serigne Daara. Pour faire fonctionner le modèle "Diang Diangalé", il se base sur à partir d’un certain niveau scolaire d’équilibre déterminé périodiquement en fonction des besoins (input du modèle). Sur ce, il croit que les étudiants peuvent choisir un module qu'on peut appeler option ‘’Enseignement’’. Par exemple, un étudiant en 2e année en mathématiques peut encadrer des élèves de 5e pour les exercices, le cours étant assuré par un professeur titulaire. De même, il pourra assister le professeur titulaire sur certaines tâches comme la préparation des cours et des exercices, la correction de certains devoirs, etc. En contrepartie, l’État accorde une majoration (à déterminer périodiquement par le modèle) de la bourse des étudiants ayant opté pour ce module ‘’Enseignement’’. Au fur et à mesure, l’étudiant prendra plus de responsabilités en cas de bonnes prestations. Ce modèle induira l’entrée en vigueur d’une loi portant sur un statut nouveau de type ‘’étudiant/enseignant assistant’’ par exemple. L’étudiant sera noté sur ce module. Les modalités d’évaluation de ce module seront scrupuleusement étudiées et impliqueraient probablement l’appréciation du professeur titulaire, des élèves, des responsables de l’établissement, etc. Dans l’esprit du modèle, il faut veiller à ce que l’étudiant ne soit pas perturbé dans ses études supérieures. Pour cela, il faut un équilibre entre ses études (‘’diang’’) et ses interventions (‘’diangalé’’). Ainsi, l’étudiant intervient à temps partiel et de façon bien calculée… Selon lui, ce modèle suppose un ralentissement du recrutement de nouveaux professeurs à temps plein. Pour cela, il affirme qu'une bonne partie des économies réalisées devrait être allouée pour financer ces professeurs dans la recherche, l’entrepreneuriat, etc. La mise en œuvre du modèle se fera progressivement.
 
Quelques solutions pour redresser les pays africains qui ont longtemps subi des injustices qui plombent leur économie.
 
L’auteur de «La France à fric» défend l’idée selon laquelle il est plus facile de trouver des solutions globales au profit de toute l’humanité que d’en trouver pour un pays ou un continent. « Il faut ‘’réfléchir monde’’. Un pays qui trouve ses solutions en lésant les autres consciemment ou inconsciemment est en train de différer ses propres problèmes, puisque ceux-ci lui reviendront tôt ou tard sous une autre forme», a déclaré l’activiste dans un ton qui ne cache pas son amertume, avant d’ajouter qu’il s’est focalisé sur l’Afrique et sur le Sénégal en particulier à cause de l’injustice subie depuis fort longtemps. Il a ainsi fait une précision de taille en soutenant que l’Afrique cherche des solutions qui la favorisent en lésant les autres. «Ce monde doit être juste et solidaire, ainsi règne paix et amour partout. Les solutions que je propose pour redresser nos économies, surtout celles des pays d’Afrique francophone passent par : la monnaie et la finance internationale, notamment par la création de notre monnaie, à défaut de la mise en place d’une monnaie mondiale unique qui pourrait garantir une justice monétaire au sein de la famille humaine», a-t-il fait savoir sans détour. Toutefois, il a dit que pas de précipitations, vu le caractère sensible de la monnaie. Que des phases transitoires pourraient être envisagées. Dans le livre, vous y trouverez des propositions détaillées. L’économie, qui est caractérisée par des secteurs primaires et secondaires délaissés et un secteur tertiaire relativement dynamique, mais avec une forte extraversion. Ces paragraphes développés dans le livre avec des propositions parlent d’eux-mêmes : Secteur primaire : y retourner ; Secteur secondaire : le relancer ; Secteur tertiaire : le récupérer ; Secteur quaternaire : se rattraper.
 
La corruption
 
Avant de clore, il a soutenu qu’avec l’usage des moyens digitaux, entre autres, pour réduire drastiquement son niveau. Après tout cela, prioriser la santé et la protection sociale pour le bien-être de tous, pense-t-il, avant de soutenir que redresser nos pays passera nécessairement par ces volets, le reste suivra sans difficulté. Livre disponible chez L’Harmattan/Sénégal ou Amazon à l’international
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