Menu




Pétrole et gaz au Sénégal : Macky Sall et ses accointances douteuses avec Forteza

Samedi 13 Mai 2017

Connu pour ses critiques acerbes contre le régime en place, la sortie du brûlot du président de Pastef Les Patriotes était très attendue. Finalement, ce sont les éditions «Fauves» en France qui ont édité l’ouvrage d’Ousmane Sonko intitulé «Pétrole et gaz au Sénégal : chronique d’une spoliation».
L’auteur y situe avec pugnacité les responsabilités de Macky Sall, Aliou Sall, Mohammad Boun Abdallah Dionne, Aly Ngouille Ndiaye, Amadou Bâ, Cheikh Tidiane Bâ, la liste n’est pas exhaustive, dans ce qu’il appelle une «pratique nébuleuse et désastreuse» sur fond de «conflits d’intérêts», de «décisions influencées», de «violation du code minier» et de «fraudes fiscales», entre autres.
Alyakhine publie les premières missiles qui annoncent la mise du «macky» sous un véritable déluge de feu.


OCTROI ET GESTION DES PERMIS : Macky Sall et ses accointances douteuses avec Forteza 
  
«L’affaire Pétro Tim est certainement le premier de la longue série de scandales auxquels nous assistons depuis le début de la présidence de Macky Sall. Elle intervient quasiment au lendemain de sa prestation de serment et constitua le premier test grandeur nature du passage du slogan à l’acte : «gouvernance sobre et vertueuse», «la patrie avant le parti» (a fortiori famille). 
  
…Pourtant, le candidat Macky Sall avait promis aux Sénégalais de dénoncer tous les contrats miniers non conformes à la réglementation s’il était élu. Monsieur Macky Sall n’est pas un néophyte dans ce domaine car, ingénieur géologue de formation, il a fait carrière à la société nationale des hydrocarbures, Pétrosen. 

…C’est dire que l’homme est en terrain connu et ne peut se prévaloir d’une quelconque turpitude. D’ailleurs, ses anciens camarades de parti (Pds), devenus adversaires à partir de 2008, ne lui reprochaient-ils pas, à tort ou à raison, des fautes de gestion à la tête de ce ministère et des accointances douteuses, notamment avec l’américain Forteza sur le gaz de Gadiaga. 

Qu’est-ce qui a pu le pousser donc à signer les deux décrets d’approbation le 19 juin 2012, à peine deux mois après sa prestation de serment, et en toute connaissance de cause des irrégularités ci-dessus expliquées ? 

Rappelons une fois de plus que le contrat qui a été signé durant la présidence de Me Abdoulaye Wade ne conférait aucun droit. Seul un décret d’approbation du président de la République, publié au Journal Officiel, consacre des droits et des obligations pour les parties signataires. 

Sous la présidence d’Abdoulaye Wade, aucun décret d’approbation n’a été signé et publié. C’est le président Macky Sall qui a signé deux décrets n°597 du 19 juin 2012 publié dans le Journal officiel n°6678 du 28 juillet 2012 et n°596 du 19 juin 2012 dans le journal officiel n°6683 du 25 août 2012, qui ont conféré des droits à Pétro Tim Limited. 

L’argument des thuriféraires du régime renvoyant à la responsabilité contractuelle du régime précédent est donc inopérant. Dès lors, il ne leur restait plus qu’à se réfugier derrière le principe de la «continuité de l’Etat» pour justifier l’injustifiable. 

Cela pose une question importante : ce principe s’applique-t-il lorsqu’il existe une violation connue de la loi et des règles de bonne gouvernance, notamment par l’existence d’actes réglementaires d’une légalité douteuse. D’autant que le principe de la continuité de l’Etat n’a pas empêché le Président Macky Sall de revenir sur beaucoup d’engagements de son prédécesseur Abdoulaye Wade dès son accession au pouvoir. 

…Le président Macky Sall, en faisant fi des irrégularités flagrantes qui entachaient le dossier pour signer les décrets, n’a-t-il pas commis une faute grave au regard de la fonction présidentielle et une violation flagrante de la Constitution ? En signant ces décrets, a-t-il seulement observé et fait observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois conformément à son serment prononcé le 02 avril 2012 devant le président du Conseil constitutionnel et du peuple souverain ? Ailleurs, un tel acte serait un motif de destitution et même, dans certains cas, de poursuites judiciaires. 

…Après ça, quel crédit accorder à la « gouvernance sobre et vertueuse» du président Macky Sall, ou à sa traque des biens mal acquis qui en réalité, couvre de simples opérations «chirurgicales» d’élimination d’adversaires politiques ? 

Plus insupportables encore sont le mépris et le dédain par lesquels nos gouvernants traitent et snobent les peuples qui les ont élus sur des questions importantes, alors qu’ils sont si prompts à menacer et invectiver leurs oppositions et contradicteurs, allant jusqu’à les menacer de la foudre du «lion qui dort». 
  
Malgré toute la clameur qui accompagne la gestion nébuleuse de ce dossier depuis plusieurs mois, le président des Sénégalais, principal responsable dans l’affaire, ne s’est pas adressé à la Nation. Pourtant, il trouva suffisamment d’énergie et d’agressivité pour s’en prendre à son opposition à la quelle il reprochait une attitude «irresponsable» lors de l’organisation de la marche du 14 octobre 2016. 
  
  
 

www.alyahine.info





Inscription à la newsletter