Président du Paraguay depuis 2023, Santiago Peña, a été destitué vendredi 6 novembre 2026 au terme de son procès au Sénat pour sa responsabilité dans une crise bancaire qui a affecté les avoirs de près de 3 millions de d'épargnants. Il avait lui-même présenté sa démission la veille. Le procureur a décidé de le placé en détention à domicile. Jusque-là vice-président, Pedro Alliana a été investi en tant que nouveau président paraguayen.
Le Sénat a reconnu Santiago Peña à l'unanimité de 44 présents – sur 45 membres – coupable de « mauvais exercice de ses fonctions ». « Par conséquent, il est démis de sa charge de président », a déclaré Basilio Nuñez, son président.
Le vice-président Pedro Alliana, 52 ans, issu du même Parti Colorado (conservateur), a été dans la foulée investi président par le Sénat. Le mandat de Santiago Peña, conservateur proche allié de l'administration américaine, devait prendre fin en 2028. Pedro Alliana, nouvel homme fort du Paraguay, est lui aussi mis en cause dans la crise bancaire, mais le Parlement n'avait pas approuvé de procès en destitution.
« Qu'il nous rende notre argent et qu'il finisse en prison ! »
Santiago Peña a été placé, peu après sa destitution, en détention à son domicile, a annoncé une représentante du parquet. L'ex-président « va demeurer en qualité de détenu à son domicile » cette nuit, a indiqué à des journalistes la procureure Silvia Margarita Gonzalez Vester. Elle a ajouté que le président déchu serait entendu samedi à 11h locales (14h TU) au siège du parquet pour les délits présumés de violation de confiance, trafic d'influence et gestion à des fins personnelles.
« Les compatriotes qui traversent une situation très difficile à cause du chaos financier seront pleinement indemnisés. Nous ne les laisserons pas seuls », a déclaré le nouveau président Pedro Alliana, dans une première brève allocution au Sénat après sa prestation de serment.
À l'extérieur du Parlement, l'annonce de la destitution de Santiago Peña a été accueillie par des cris de joie et des cornes de brume de la part de quelques centaines de personnes, rassemblées au long de la journée sur une pelouse, attendant l'issue du procès, entre des pancartes « Peña en prison ». « Enfin, enfin Santiago Peña est parti, enfin justice a été rendue, s'extasiait auprès de l'AFP Jessica Aquino, une employée de 32 ans. Maintenant, on veut qu'il nous rende notre argent et qu'il finisse en prison ! »
Les dirigeants de la banque ont été arrêtés, mais ils ont bénéficié de complicités politiques, notamment celle du président Peña.
La débâcle bancaire, qui a pris en moins de 48 heures une tournure politique pour aboutir au final à la chute du président, a éclaté mardi 3 novembre avec la mise sous tutelle par la Banque centrale (BCP) d'une banque en ligne, Ueno Bank, pour insolvabilité. L'intervention de la BCP avait gelé les dépôts de près de 3 millions de personnes, le nombre de clients que revendiquait Ueno, soit près de la moitié de la population du Paraguay. Des entreprises, des institutions et des retraités ont aussi été affectées.
Des premiers remboursements aux personnes lésées
Santiago Peña était, avant même sa présidence et jusqu'à 2025, actionnaire du conglomérat financier propriétaire de la banque en déroute, ont rappelé des sénateurs pour l'accusation lors du procès. Il n'était pas présent à l'audience, mais défendu par ses avocats, qui ont questionné la validité du procès, car le Parlement « n'a pas compétence pour juger une personne qui a décidé de renoncer à sa charge », a plaidé l'un des conseils, Ricardo Preda, en référence à la démission présentée jeudi par le chef de l'État. Mais le Parlement l'avait refusée, rendant inévitable un procès en destitution, qui revient au Sénat. Si la démission avait été acceptée, Santiago Peña, devenu alors sénateur à vie, aurait joui d'une immunité parlementaire.
Pour l'accusation, des sénateurs ont reproché au président d'avoir « permis, toléré et ne pas avoir corrigé un détournement de fonds des retraites vers une banque liée au cercle présidentiel », autrement dit « avoir subordonné l'intérêt public à des intérêts privés », a lancé le sénateur Adrián Vaesken. Outre son procès politique, le président destitué est aussi visé par la justice : jeudi 5 novembre, le parquet général a annoncé l'ouverture d'une enquête contre lui pour des « faits relatifs à la supervision et à la liquidation de Ueno Bank ainsi qu'au placement de fonds publics dans cette entité ».
En parallèle au procès, la Banque centrale du Paraguay a commencé à reverser leurs fonds, sous forme d'avances, à des épargnants victimes de la crise de la banque Ueno. « Le processus de versements d'avances de garantie aux déposants de Ueno Bank a commencé jeudi », a déclaré vendredi à l'AFP José Maciel, directeur administratif du Fonds de garantie des dépôts de la BCP.
Les premiers décaissements, selon le responsable, portent sur des déposants qui avaient dans la banque numérique Ueno, à l'origine de la crise, « des dépôts compris entre 1 et 10 millions de guaranies » (160 à 1 600 dollars américains). Il n'a pas précisé de nombre, mais selon un avocat de Santiago Peña lors du procès, quelque 700 000 personnes avaient bénéficié de premiers versements vendredi.
Le Sénat a reconnu Santiago Peña à l'unanimité de 44 présents – sur 45 membres – coupable de « mauvais exercice de ses fonctions ». « Par conséquent, il est démis de sa charge de président », a déclaré Basilio Nuñez, son président.
Le vice-président Pedro Alliana, 52 ans, issu du même Parti Colorado (conservateur), a été dans la foulée investi président par le Sénat. Le mandat de Santiago Peña, conservateur proche allié de l'administration américaine, devait prendre fin en 2028. Pedro Alliana, nouvel homme fort du Paraguay, est lui aussi mis en cause dans la crise bancaire, mais le Parlement n'avait pas approuvé de procès en destitution.
« Qu'il nous rende notre argent et qu'il finisse en prison ! »
Santiago Peña a été placé, peu après sa destitution, en détention à son domicile, a annoncé une représentante du parquet. L'ex-président « va demeurer en qualité de détenu à son domicile » cette nuit, a indiqué à des journalistes la procureure Silvia Margarita Gonzalez Vester. Elle a ajouté que le président déchu serait entendu samedi à 11h locales (14h TU) au siège du parquet pour les délits présumés de violation de confiance, trafic d'influence et gestion à des fins personnelles.
« Les compatriotes qui traversent une situation très difficile à cause du chaos financier seront pleinement indemnisés. Nous ne les laisserons pas seuls », a déclaré le nouveau président Pedro Alliana, dans une première brève allocution au Sénat après sa prestation de serment.
À l'extérieur du Parlement, l'annonce de la destitution de Santiago Peña a été accueillie par des cris de joie et des cornes de brume de la part de quelques centaines de personnes, rassemblées au long de la journée sur une pelouse, attendant l'issue du procès, entre des pancartes « Peña en prison ». « Enfin, enfin Santiago Peña est parti, enfin justice a été rendue, s'extasiait auprès de l'AFP Jessica Aquino, une employée de 32 ans. Maintenant, on veut qu'il nous rende notre argent et qu'il finisse en prison ! »
Les dirigeants de la banque ont été arrêtés, mais ils ont bénéficié de complicités politiques, notamment celle du président Peña.
La débâcle bancaire, qui a pris en moins de 48 heures une tournure politique pour aboutir au final à la chute du président, a éclaté mardi 3 novembre avec la mise sous tutelle par la Banque centrale (BCP) d'une banque en ligne, Ueno Bank, pour insolvabilité. L'intervention de la BCP avait gelé les dépôts de près de 3 millions de personnes, le nombre de clients que revendiquait Ueno, soit près de la moitié de la population du Paraguay. Des entreprises, des institutions et des retraités ont aussi été affectées.
Des premiers remboursements aux personnes lésées
Santiago Peña était, avant même sa présidence et jusqu'à 2025, actionnaire du conglomérat financier propriétaire de la banque en déroute, ont rappelé des sénateurs pour l'accusation lors du procès. Il n'était pas présent à l'audience, mais défendu par ses avocats, qui ont questionné la validité du procès, car le Parlement « n'a pas compétence pour juger une personne qui a décidé de renoncer à sa charge », a plaidé l'un des conseils, Ricardo Preda, en référence à la démission présentée jeudi par le chef de l'État. Mais le Parlement l'avait refusée, rendant inévitable un procès en destitution, qui revient au Sénat. Si la démission avait été acceptée, Santiago Peña, devenu alors sénateur à vie, aurait joui d'une immunité parlementaire.
Pour l'accusation, des sénateurs ont reproché au président d'avoir « permis, toléré et ne pas avoir corrigé un détournement de fonds des retraites vers une banque liée au cercle présidentiel », autrement dit « avoir subordonné l'intérêt public à des intérêts privés », a lancé le sénateur Adrián Vaesken. Outre son procès politique, le président destitué est aussi visé par la justice : jeudi 5 novembre, le parquet général a annoncé l'ouverture d'une enquête contre lui pour des « faits relatifs à la supervision et à la liquidation de Ueno Bank ainsi qu'au placement de fonds publics dans cette entité ».
En parallèle au procès, la Banque centrale du Paraguay a commencé à reverser leurs fonds, sous forme d'avances, à des épargnants victimes de la crise de la banque Ueno. « Le processus de versements d'avances de garantie aux déposants de Ueno Bank a commencé jeudi », a déclaré vendredi à l'AFP José Maciel, directeur administratif du Fonds de garantie des dépôts de la BCP.
Les premiers décaissements, selon le responsable, portent sur des déposants qui avaient dans la banque numérique Ueno, à l'origine de la crise, « des dépôts compris entre 1 et 10 millions de guaranies » (160 à 1 600 dollars américains). Il n'a pas précisé de nombre, mais selon un avocat de Santiago Peña lors du procès, quelque 700 000 personnes avaient bénéficié de premiers versements vendredi.

