Menu





Macky Sall secoue l’APR, la contestation s’installe

Vendredi 30 Janvier 2026

Depuis la perte du pouvoir en 2024, l’Alliance pour la République (APR) a enregistré de nombreux départs de responsables et de militants. Cette hémorragie politique s’est traduite dans les urnes lors des élections législatives de novembre 2024, au terme desquelles le parti et ses alliés du PDS n’ont obtenu que 16 députés, alors qu’ils en comptaient plusieurs dizaines dans un passé récent.

 

Dans ce contexte délicat, le président de l’Alliance pour la République, Macky Sall, a procédé à un remaniement jugé très risqué de la direction nationale de son parti. Par un arrêté officiel rendu public le week-end dernier, plusieurs responsables historiques et figures influentes de la première heure ont été écartés, tandis que d’autres ont été nommés à de nouvelles fonctions. Une recomposition interne qui suscite déjà de vives réactions au sein de la formation politique.
 

Présentée par la direction comme une volonté de réorganisation et de redynamisation du parti, cette décision est toutefois perçue par de nombreux militants comme un bouleversement audacieux, voire brutal. Dans plusieurs régions, notamment au Sud et au Nord du pays, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une mise à l’écart injustifiée de responsables locaux.
 

Dans le Sud du Sénégal, le remaniement est accueilli avec une certaine amertume. Aucun responsable de cette partie du pays n’a été coopté dans la nouvelle direction nationale, alimentant un sentiment de marginalisation. Figure emblématique de la zone, Benoît Sambou, qui gérait jusque-là les affaires électorales du parti, a été déchargé de cette fonction stratégique. Une décision qui passe difficilement auprès de ses partisans, qui y voient un affaiblissement du poids politique du Sud au sein de l’APR.
 

Au Nord, la contestation est tout aussi vive. Les partisans de Farba Ngom, actuellement en détention, dénoncent la mise à l’écart de leur mentor ainsi que celle de plusieurs de ses lieutenants, longtemps considérés comme des piliers du parti dans cette zone. Selon eux, ce remaniement s’apparente davantage à une sanction politique qu’à une simple réorganisation interne. Ils estiment par ailleurs que le Fouta demeure l’un des rares bastions encore fidèles à l’APR, malgré les assauts répétés du Pastef d’Ousmane Sonko.

Dans le même temps, Fatick, fief historique de Macky Sall, est désormais perçu comme un bastion du nouveau régime, plusieurs responsables locaux ayant accédé à de hautes fonctions étatiques.


« Vu les statuts et le règlement intérieur, le Président de l’APR-Yakaar a arrêté une nouvelle configuration des organes dirigeants », souligne le communiqué.

Selon le document, Moussa Bocar Thiam est nommé coordonnateur du pôle porte-parolat, tandis que Néné Fatoumata Tall devient présidente du Mouvement national des femmes. Seydou Gueye est désigné secrétaire national aux alliances et partenariats et Fabinta Ndiaye secrétaire nationale aux affaires sociales et à la solidarité.

Le communiqué informe également que Mamadou Talla est chargé de la diaspora, El Hadji Malick Sarr prend la direction de l’école du parti et Birame Faye est nommé directeur des structures. Les affaires économiques et financières reviennent à Mamadou Kassé, alors que Maïssa Mahecor est chargé des élections.

Dans le même élan, Moussa Sow est nommé secrétaire national à la jeunesse, Sira Ndiaye secrétaire administratif national et Abdoulaye Diagne coordonnateur national de la COJER.

Pour les secteurs de l’urbanisme, du logement et du cadre de vie, Pape Gorgui Ndong est désigné secrétaire national, tandis que Ousmane Sylla hérite des infrastructures et du transport. Samba Ndong est chargé des comités d’entreprises et Aissatou Ndiaye devient vice-présidente du Mouvement national des femmes.

Plusieurs personnalités sont par ailleurs nommées porte-parole du parti. Il s’agit notamment de Pape Mahawa Diouf, Mame Marième Thiam Babou, Mamadou Dièye, Saourou Sène, Mame Gueye Diop, Ayda Sougou, Bocar Diongue et Alioune Badara Coulibaly. « Les organes du parti sont chargés de l’application du présent arrêté », peut-on lire dans le communiqué signé par Macky Sall et daté du 26 janvier 2026 à Dakar.

Face à la polémique, un communiqué de l’APR a été publié au lendemain de l’annonce pour justifier ces nominations. Selon le document, ces décisions s’inscrivent dans une volonté affirmée de doter le parti d’un appareil de direction solide et adapté aux enjeux politiques actuels. « Les nominations individuelles auxquelles il a procédé, ainsi que la mise en place du Comité de liaison et de suivi des activités du Secrétariat exécutif national, participent de sa volonté de construire un puissant appareil de direction à la hauteur des enjeux du cours politique et de nos grandes ambitions », souligne le communiqué.

exclusif net

Nouveau commentaire :



AUTRES INFOS

Ligue des champions CAF : Pyramids–Berkane et Al Hilal–Sundowns en affiches phares

CAN 2026 : la FRMF conteste le verdict disciplinaire de la CAF

Incident en finale : la CAF rejette tous les recours du Maroc

CAN 2025 : la CAF sanctionne Iliman Ndiaye et Ismaila Sarr

Incidents en finale : la CAF frappe la FRMF et des cadres marocains

Finale de la CAN 2025 : la CAF inflige près de 370 millions FCFA d’amendes à la FSF

Finale de la CAN : lourde sanction contre Pape Thiaw

C’est scandaleux et profondément irrespectueux !

CAN 2025 : Pape Bouna Thiaw, Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye entendus par la CAF

Décès d’Halima Gadji : Bravador appelle à la retenue face à la cacophonie autour de la dépression