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Législatives au Sénégal : à qui profitera le bras de fer entre Ousmane Sonko et Macky Sall ?

Vendredi 24 Juin 2022

Alors que les tensions montent entre la majorité présidentielle et la principale coalition d’opposition, d’autres formations politiques espèrent tirer leur épingle du jeu lors des élections législatives du 31 juillet.


Un vacarme assourdissant. Mercredi 22 juin dans la soirée, Dakar et plusieurs autres localités de l’intérieur du pays ont vibré au son des casseroles et des marmites. À l’université Cheikh Anta Diop et dans plusieurs quartiers résidentiels de la capitale sénégalaise comme Ouest Foire, des habitants de tous les âges sont sortis à 20 heures dans la rue ou sur leur balcon, pour faire un maximum de bruit.


Le mot d’ordre avait été lancé deux jours plus tôt par Ousmane Sonko, le principal opposant au pouvoir, lors d’une conférence de presse. « À partir de mercredi, que chaque Sénégalais se munisse d’une casserole, ou de n’importe quel ustensile de cuisine, se mette au balcon de sa maison, devant chez lui ou partout ailleurs, et prenne cinq voire dix minutes, pour faire du bruit », a-t-il lancé. « Que tout le Sénégal bruisse et que Macky Sall comprenne que les Sénégalais ne sont pas d’accord avec ses velléités dictatoriales ni avec son projet funeste de troisième mandat », a affirmé le maire de Ziguinchor après avoir appelé à la tenue de nouvelles manifestations mercredi 29 juin.

Bras de fer
Les tensions montent entre le pouvoir et l’opposition depuis le 3 juin, et la confirmation par le Conseil constitutionnel de l’invalidation de la liste nationale des candidats titulaires de la principale coalition de l’opposition Yewwi Askan Wi (YAW) pour les législatives du 31 juillet. Cette décision revient à mettre hors course plusieurs grandes figures de l’opposition dont Ousmane Sonko lui-même, arrivé troisième à la présidentielle de 2019.

À l’instar des députés Déthié Fall et Mame Diarra Fam ou encore du maire de Guédiawaye, Ahmed Aidara, plusieurs d’entre elles ont été arrêtées lors des manifestations du 17 juin, interdites par le préfet de Dakar et qui ont fait trois morts. Le procès en flagrant délit des deux premiers placés sous mandat de dépôt pour regroupement non autorisé a été reporté au 27 juin. Tandis que le troisième devrait être jugé ce vendredi 24 juin.


Si YAW réclame le rétablissement de sa liste et menace d’empêcher la tenue du scrutin, d’autres formations politiques de l’opposition de moindre envergure refusent d’entrer dans ce bras de fer qui fait trembler le pays. « Même si nous pensons que ces arrestations sont arbitraires, nous ne pouvons pas mener ce combat-là », explique Thierno Bocoum, porte-parole de la coalition Alternative pour une Assemblée nationale de rupture (AAR Sénégal) qui a réussi à franchir l’étape des parrainages et à valider ses listes. « Le fait de dire : ‘notre liste doit être acceptée sinon il n’y aura pas d’élections’ ne peut pas être notre discours », poursuit l’ancien cadre du parti Rewmi qui a pris ses distances vis-à-vis de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck avant de lancer en 2017 l’Alliance générationnelle pour les intérêts de la république (Agir), son mouvement politique.

Troisième voie
« Même si dans tout système démocratique, il y a des conditions à remplir, la libre participation aux élections doit être la règle. Il ne doit pas y avoir d’épée de Damoclès qui interdise aux leaders de l’opposition de participer à une élection », estime le journaliste Pape Djibril Fall qui se présente aux législatives avec sa propre coalition nommée Les Serviteurs. « L’invalidation de la liste de Yewwi Askan Wi empêche des millions de personnes de s’exprimer. Toutefois, nous devons aller aux élections parce que beaucoup d’efforts ont été déployés par les autres coalitions qui ont su faire passer leurs listes », abonde ce chroniqueur très suivi.

Ce discours n’étonne pas Mohamed Gueye : « Cela ne me surprend pas que les autres coalitions ne soutiennent pas le coup de force de Yewwi Askan Wi dont les responsables avaient d’ailleurs reconnu les irrégularités observées sur leurs listes. Après tout, ce sont des coalitions rivales qui briguent toutes les voix des Sénégalais », analyse le directeur de publication de Quotidien, l’un des journaux les plus lus à Dakar.

Le 8 juin, lors d’un déjeuner avec la presse internationale, l’ancien maire de Dakar Pape Diop à la tête de la coalition Bokk Gis Gis s’était d’ailleurs plaint du fait que YAW reléguait les autres formations politiques au second rang. « C’est la presse qui a sciemment installé une dualité entre Yewwi Askan Wi et Benno Bokk Yakaar, la coalition au pouvoir. C’était pareil en 2014 entre Khalifa Sall et Macky Sall. Cette fois-ci, nous sommes en train de nous organiser pour être présents », espère celui qui a également été président de l’Assemblée nationale sous Abdoulaye Wade.

Opportunité
L’invalidation de la liste nationale des candidats titulaires pourrait-elle donc profiter aux formations de l’opposition restées dans l’ombre ? « Il est difficile de dire à ce stade si des voix se détourneront de YAW. La liste de la principale coalition de l’opposition n’a été que partiellement invalidée. Les suppléants des candidats titulaires sont dans la course et iront aux élections. Et ils bénéficieront toujours de l’étiquette YAW », poursuit Mohamed Gueye.



Les “petites” formations concernées pensent, elles, avoir une offre politique tout aussi crédible que celle de Yewwi Askan Wi. « Il ne s’agit pas aujourd’hui de faire des paris sur les échecs des autres pour espérer en profiter. Ce sont les résultats sur le terrain qui vont primer. L’essentiel pour nous est de travailler à faire adhérer un maximum de gens à notre projet », affirme Thierno Bocoum. « La politique ne rime pas avec le cynisme. Nous ne basons pas nos chances sur la validation ou pas de quelque concurrent que ce soit. Nous savons ce que nous valons. Et notre discours est audible, pense de son côté Pape Djibril Fall. Ce n’est pas parce que les coalitions comme Yewwi Askan Wi ou Wallu Sénégal sont importantes qu’elles disent des choses beaucoup plus intéressantes que les “petites”. Nous sommes d’égale dignité. »


Par Jeune Afrique
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