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Lady Mounass : "J’ai reçu des appels de gros pervers qui m’ont fait des propositions indécentes"

Samedi 4 Septembre 2021

Lady Mounass, vous connaissez ? Certainement ! Sexy raffinée et Banana, c’est elle leur créatrice. Femme de défi, la donzelle est une artiste qui s’assume et assume son identité provocatrice. Dans cet entretien fait sous le signe de la confidence, elle ouvre son album d’artiste mais aussi de fille de son monde.

  

 Parlez-nous de  votre carrière de mannequinat ?

J’ai  commencé le mannequinat vers les années 2009-2010, mais j’ai eu un arrêt pendant 4 ans, ma famille n’étant pas trop emballée et j’ai même été bastonnée. Toutefois, j’ai à mon actif pas mal de podiums, j’ai même candidaté au concours Miss Dakar, mais je ne suis pas sortie gagnante. Mon père n’a jamais voulu que j’intègre le milieu du showbiz, je me suis finalement résignée et c’est par la suite que j’ai décidé de me mettre dans la musique. Face au refus de mes parents, ma grand-mère a dû plaider en ma faveur pour convaincre mon père.

 D’aucuns disent le cercle du mannequinat hyper-fermé. Est-ce cela qui explique votre reconversion dans la musique ?

Le showbiz est un milieu très complexe, et en tant que fille, on est confrontée à moult situations délicates. Aussi, pour y réussir, faut-il toujours croire en soi. Mon style vestimentaire fait débat et l’on me colle une certaine étiquette.

 Lady Mounass… Pourquoi ce nom d’artiste ?

Quand j’ai quitté les podiums, j’ai rejoint un groupe de rap à Keur-Massar. Ma sœur et moi étions les seules filles du groupe et quand ma sœur a quitté, j’ai poursuivi l’aventure avec les garçons qui m’ont surnommée Lady Mounass.

 La musique est donc pour vous un exutoire ? 
Je suis en fait issue d’une famille de musiciens : ma grand-mère faisait de la musique Pulaar, du « xalam ». J’ai grandi dans cette ambiance que j’ai aimée et c’est devenu une passion.

A quelles difficultés avez-vous fait face avant un tel succès ?

J’ai trimé avec toutes les tracasseries dans le milieu du showbiz, dont la promotion canapé. Il y a des hommes qui ne regardent que la plastique des mannequins. Ma dignité au-dessus de mon envie de réussir, si grande soit-elle. J’ai à coeur de ne pas être une femme objet. Aussi me suis-je toujours débrouillée seule. Ceux qui te proposent de l’aide attendent toujours quelque chose en retour.

 Que répondez-vous à ceux qui vous taxent de trop sexy ?
Je suis sexy raffinée (rire). D’ailleurs, je le réclame dans ma chanson. Qu’on arrête de me coller de mauvaises étiquettes. J’aime tout ce qui est « osé », c’est mon style et ma musique l’exige. Je suis sexy, extravagante, mais ça ne fait pas de moi une mauvaise fille. Je suis sexy, mais pas vulgaire, je ne montre jamais mes parties intimes. Je suis sexy, mais je connais ma valeur et pour moi, c’est le plus important. Aussi faut-il faire la distinction entre mon port vestimentaire scénique et celui de tous les jours.

 Quid de la polémique de votre single Banana ? 

Ce single a tellement fait parler que j’en étais dépassée, j’en ai entendu de toutes les couleurs. Mon père m’a même sermonnée. Mais, un artiste est un créateur, il innove. Banana n’avait rien de « sexuel ». Ce single m’a valu beaucoup de problèmes. J’ai reçu des appels de gros pervers qui m’ont fait des propositions indécentes, d’autres m’ont envoyé des images obscènes sur Facebook.

 

Peut-on s’attendre à des featuring avec d’autres artistes ?

Bien évidemment ! Je suis open et prête à travailler avec quiconque le voudra. J’ai déjà eu à faire un featuring avec un artiste d’un autre pays, alors pourquoi pas avec ceux d’ici.

 

D’autres projets ?

Je prévois de continuer mes tournées, j’en ai fait pas mal dans la sous-région. J’ai été en Guinée où j’ai tourné un clip et fait un featuring avec un artiste de là-bas. Le clip est sorti le 12 août dernier et là, je prépare ma tournée internationale.

 

ANNA THIAW

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