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La place des malades mentaux est-elle en prison ?

Vendredi 5 Juin 2026

Le décès d’Ibrahima Ngom, survenu dans la nuit du 6 au 7 mai 2026 à la prison de Foundiougne, continue de susciter interrogations et indignation. Dans une déclaration rendue publique après une rencontre avec la famille du défunt, le député Guy Marius Sagna a soulevé plusieurs zones d’ombre autour de cette affaire et appelé les autorités à faire toute la lumière sur les circonstances de cette mort.
 

Selon les informations recueillies auprès des proches de la victime, Ibrahima Ngom se serait donné la mort à l’aide d’une lame de rasoir alors qu’il était détenu à la prison de Foundiougne. « Je me suis entretenu aujourd'hui avec la famille de notre compatriote Ibrahima Ngom décédé dans la nuit du 06 au 07 mai 2026. Il nous est revenu qu'il s'est suicidé avec une lame de rasoir à la prison de Foundiougne », a indiqué le parlementaire.

Guy Marius Sagna rapporte également que la famille du défunt affirme que ce dernier souffrait de troubles mentaux et faisait l’objet d’un suivi médical spécialisé. « Ses parents ajoutent qu'il était atteint de maladie mentale et qu'il était suivi par la structure de santé Dalal Xel. Son avocat avait demandé une expertise médicale, ajoute sa famille. Demande qui serait restée sans réponse », a-t-il révélé.

Pour le député, si cette information venait à être confirmée, la responsabilité des autorités pourrait être engagée. « Si c'est le cas, cela signifie que sa mort la nuit du 06 au 07 mai 2026 était évitable », a-t-il estimé.Au-delà du cas particulier d’Ibrahima Ngom, l’élu a soulevé plusieurs questions qu’il juge fondamentales pour la société sénégalaise et pour l’administration pénitentiaire.

« Son cas pose plusieurs questions qui nous interpellent en tant que société, qui interpellent l'État », a-t-il déclaré avant d’énumérer ses préoccupations : « La place des malades mentaux est-ce en prison ? La sécurité dans nos prisons : comment une lame s'est-elle retrouvée dans la prison ? Lumière et vérité seront-elles faites ? » Le député a également établi un parallèle avec une autre affaire qui avait fortement marqué l’opinion publique : la disparition de Seydina Ababacar Ndiaye.

« Le cas de notre compatriote Ibrahima Ngom nous rappelle aussi celui de notre compatriote Seydina Ababacar Ndiaye disparu depuis le 27 mai 2025 des mains des sapeurs-pompiers », a-t-il rappelé.

Selon Guy Marius Sagna, ces deux situations mettent en évidence la nécessité d’une réflexion nationale sur la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiques. « Ces deux cas nous imposent une réflexion sur notre rapport à la maladie mentale. Mais surtout nous poussent à des actions », a-t-il plaidé.

Le député a lancé un appel afin que de tels drames ne se reproduisent plus. « Plus jamais ça ! Solidarité à toutes ces familles ! », a-t-il déclaré.

exclusif net

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