Le Président de la République, le général d’Armée Abdourahamane Tiani, a révélé vendredi 13 février 2026, lors d’un entretien avec la télévision nationale, que l’attaque survenue à l’aéroport international Diori Hamani dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier a mobilisé une quarantaine de motos et coûté 300 millions de CFA, financés par les sponsors de l’opération.
« Ce sont ces groupes qui ont été recensés par les sponsors pour mener l’opération », a précisé le Président, indiquant que parmi les véhicules impliqués figuraient 10 motos du JINIM, 10 motos et un véhicule de l’EIGS, et 20 motos de la nébuleuse Boko Haram. Selon lui, 200 millions de CFA ont servi aux préparatifs et 100 millions de CFA étaient destinés à la revendication de l’attaque.
Le Président Tiani a également affirmé que l’opération a bénéficié de la collaboration de certains pays, citant nommément les chefs d’État concernés. Au lendemain de l’attaque, il avait désigné les présidents Patrice Talon du Bénin, Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire et Emmanuel Macron de la France comme étant des soutiens directs de l’action menée contre la base 101 de l’armée de l’air nigérienne.
Des accusations politiques
Depuis plusieurs mois, les relations entre France et certains pays du Sahel, notamment le Niger, sont marquées par des accusations graves portées par les autorités nigériennes à l’encontre de l’ancienne puissance coloniale. Le président nigérien, le général Amadou Abdramane, a affirmé que la France soutiendrait des groupes armés, y compris des organisations qualifiées de jihadistes.
Lors de plusieurs déclarations officielles et discours publics, la junte nigérienne a mis en cause la France en l’accusant de jouer un rôle ambigu dans les conflits qui secouent le Sahel.Selon ces allégations, la présence et les intérêts français dans la région ne poursuivraient pas uniquement des objectifs de lutte contre le terrorisme, mais pourraient également — selon eux — favoriser certains groupes armés pour des raisons géopolitiques et économiques.
Ces accusations interviennent dans un contexte de tension diplomatique importante entre Niamey et Paris, exacerbée par le retrait des forces militaires françaises du Niger fin 2023, décidée après plusieurs mois de pressions politiques et populaires au sein du pays.
Les démentis et éléments factuels
Toutefois, aucune enquête indépendante ou rapport crédible n’a confirmé que la France finance, arme ou soutient directement des groupes jihadistes dans le Sahel. Les principaux éléments factuels sont les suivants :
Présence antiterroriste historique : La France a dirigé l’Opération Serval puis l’Opération Barkhane pendant près d’une décennie, avec pour objectif déclaré la neutralisation de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique dans la région.
Retraits progressifs : Face à l’évolution politique et aux critiques locales, les forces françaises se sont retirées du Mali, du Burkina Faso et enfin du Niger, réduisant ainsi leur présence militaire.
Absence de preuves vérifiées : À ce jour, aucun document, enregistrement ou enquête publiée par des institutions internationales ou médias indépendants n’a démontré formellement que la France soutient des organisations terroristes.
Le contexte politique et médiatique
Les accusations du président nigérien s’inscrivent dans un contexte plus large de recomposition géopolitique au Sahel.
Après les coups d’État successifs au Mali, au Burkina Faso et au Niger, plusieurs gouvernements de ces pays ont rompu leurs accords militaires avec la France.
Des rapprochements avec d’autres puissances, notamment la Russia à travers des partenariats sécuritaires ou des contrats avec des sociétés privées, ont alimenté des récits opposés à l’influence occidentale.
Des campagnes médiatiques et politiques ont contribué à diffuser des allégations non vérifiées, souvent reprises sur les réseaux sociaux ou dans certains médias proches des gouvernements en place.
Si la France reste critiquée pour certaines dimensions de ses interventions passées au Sahel, les allégations selon lesquelles elle soutiendrait directement des groupes jihadistes ne sont pas étayées par des preuves objectives. Elles relèvent davantage d’un discours politique offensif dans un contexte de tensions diplomatiques et de réalignements géopolitiques.
La situation sécuritaire dans le Sahel demeure complexe, alimentée par des défis internes, des fractures politiques locales et une multiplicité d’acteurs externes. Dans ce contexte, il est essentiel de distinguer faits avérés et récits politiques non vérifiés pour comprendre les enjeux réels de la région.

