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L’AFP pèsera-t-elle encore après Moustapha Niasse ?

Jeudi 14 Septembre 2017

Le fondateur de l’Alliance des forces de progrès (AFP) quittera la présidence de l’Assemblée nationale après les législatives du 31 juillet. Il devrait rester à la tête de son parti encore plusieurs mois avant de laisser la main à la « jeune génération ». reste à savoir qui lui succèdera.


« Je vous quitte sans vous quitter. » Clap de fin pour Moustapha Niasse à l’Assemblée nationale. Jeudi 30 juin, le président de l’Alliance des forces de progrès (AFP), parti membre de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY), a dit ses adieux aux députés lors d’une cérémonie pleine d’émotion, rehaussée par la présence de son homologue ivoirien, Adama Bictogo.


« Je me suis toujours employé avec vous à garder l’esprit des priorités liées à l’intérêt général pour que les jeunes puissent continuer à vivre aujourd’hui et demain dans un pays et une sous-région stable », a-t-il affirmé lors de cet événement qui marquait à la fois la fin de la session parlementaire ordinaire mais aussi celle de la 13e législature.

Qui pour le remplacer ?
Après avoir dirigé l’Assemblée nationale pendant dix ans, le plus haut poste de sa carrière politique entamée en 1970 sous Léopold Sédar Senghor, Moustapha Niasse, 82 ans, a décidé de ne plus briguer de fonction officielle. Arrivé troisième au premier tour de la présidentielle de 2012, il ne figurait déjà plus comme candidat sur les listes de la coalition BBY pour les législatives qui doivent se tenir le 31 juillet. Mais il ne se retire pas pour autant de la vie politique sénégalaise. « Le président Moustapha Niasse est un homme d’État qui a été dans toutes les sphères du pouvoir exécutif et législatif. Il sera toujours avec nous dans le cadre du parti et mettra toute son expérience à la disposition du pays », explique Malick Diop, porte-parole de l’AFP.


Il y a un an, Niasse avait lui-même annoncé son prochain départ de la tête du parti qu’il avait créé il y a vingt-trois ans après être entré en dissidence avec le Parti socialiste (PS), en 1999. « Les personnes de mon âge sont prêtes à passer le flambeau à la jeune génération », avait-il lancé à ses militants lors d’une rencontre des cadres de l’AFP en juin 2021. « L’Alliance des forces de progrès a enregistré plus de 600 cadres nationaux. Parmi eux, il y a entre 60 et 70 hommes et femmes qui peuvent chacun à leur niveau diriger le parti à ma place. »

Un congrès entérinant le renouvellement du bureau politique devrait être organisé d’ici à la fin de l’année 2022 ou début 2023. Et bien que Moustapha Niasse n’ait pas adoubé un dauphin, plusieurs noms circulent déjà. Parmi eux, Malick Diop, qui dirige l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex) ; Alioune Sarr, le ministre du Tourisme et des Transports aériens ; Mbaye Dione, maire de Ngoundiane et directeur général du groupe bancaire Bimao, ou encore Ousmane Samb, coordonnateur régional de l’AFP à Dakar.


« Nous avons beaucoup de personnes ressources qui peuvent valablement espérer postuler à la tête du parti, y compris moi, explique Ousmane Samb. Mais Moustapha Niasse n’est pas encore parti. C’est encore lui notre secrétaire général. » « Ce qui est sûr, c’est que le parti va continuer à rajeunir lors du prochain congrès », se contente de déclarer Malick Diop.

Énorme gâchis
La prudence est de mise dans un parti où Moustapha Niasse a régné en maître incontesté, n’hésitant pas à « mater » les rébellions internes ou tous ceux qui ont osé contester son autorité. « On peut avoir des ambitions au sein du parti. La parole y est libre. C’est très démocratique, objecte Ousmane Samb. Mais il ne faut pas passer outre les règles. » En 2017, douze frondeurs dont le numéro 2 d’alors, Malick Gakou, avaient été exclus pour avoir milité pour une candidature de la formation politique à la présidentielle de 2019, allant à l’encontre du choix du bureau politique de soutenir la réélection du président sortant.


Malick Gakou estime que « l’AFP, qui avait des perspectives extraordinaires, a été un énorme gâchis ». « Nous sommes tous partis du PS pour créer l’AFP et conquérir le pouvoir. Avec Moustapha Niasse, nous avons fait les élections de 2000, 2007 et 2012. À un moment, il fallait passer la main et remettre le parti aux jeunes, explique Malick Gakou, dont le Grand parti est aujourd’hui membre de la coalition de l’opposition Yewwi Askan Wi. Je n’avais jamais pensé de ma vie que je quitterais l’AFP. Mais je voulais que le débat d’idées soit posé. L’histoire me donne aujourd’hui raison. »



Plusieurs observateurs pensent en effet que l’AFP a perdu de son aura politique et que plus grand-chose ne reste de l’héritage de Moustapha Niasse. Le parti doit en outre constamment résister face aux tentations hégémoniques de l’Alliance pour la République (APR, la formation de Macky Sall) au sein de la majorité présidentielle. Même si l’ancien directeur de cabinet de Senghor a pu rester dix ans au perchoir, son parti n’a plus qu’un seul ministre au sein du gouvernement et n’est représenté que par six députés. Et lors des locales du 23 janvier dernier, la coalition au pouvoir a été battue dans le département de Nioro, bastion de Moustapha Niasse depuis plus d’une vingtaine d’années.

« Nous avons été le premier parti a déclaré publiquement notre soutien au président Macky Sall pour sa réélection en 2019. Naturellement, tout n’est pas rose à 100 % au sein de la coalition présidentielle. Nous avons de temps en temps nos contradictions que nous gérons en interne », tempère Malick Diop. « Le parti présidentiel est surtout tenté d’affaiblir ses partenaires pour qu’ils soient à sa solde, reconnaît Ousmane Samb. Mais l’AFP est un parti de masse très fort et implanté dans toutes les régions du Sénégal. Et nous aspirons à plus de représentants et de responsabilités au sein de la majorité présidentielle. »


Jeune Afrique 
R

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