Menu

Iran : Qui est Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême ?

Lundi 9 Mars 2026

Avant même la mort de son père, il était considéré comme un éventuel successeur. Mojtaba Khamenei, fils du défunt guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a accédé dimanche 8 mars au plus haut poste de la République islamique. Au prix d'un potentiel paradoxe : une dynastie théocratique de guides dans une république qui s'était pourtant construite en opposition avec la monarchie héréditaire des Pahlavi.

Auprès de son père, Mojtaba Khamenei occupait un rôle similaire à celui d'Ahmad Khomeini, fils du premier Guide suprême d'Iran Rouhollah Khomeini, au sein du "Beit", le Bureau du guide suprême : "une combinaison d'aide de camp, de confident, de gardien du temple et de faiseur de rois", selon United Against Nuclear Iran, organisation basée aux États-Unis.

"Il y a assez peu de transparence dans ce que fait le ‘Beit' et ses actions reposent sur beaucoup de jeux de pouvoir, de clientélisme. Jamais élu, Mojtaba Khamenei a été nommé à ce poste par son père, qui a souhaité s'entourer des plus fidèles. Des critiques le considèrent comme un personnage corrompu qui bénéficie de sa place à la tête du Bureau du guide car il est le fils d'Ali Khamenei", expliquait Jonathan Piron, historien spécialiste de l'Iran pour le centre de recherche Etopia à Bruxelles, lors d'une interview à France 24 en 2022.

Selon les informations de Reuters, il aurait été présent dans les locaux du guide suprême lors de la frappe aérienne israélienne qui a tué son père. Sa femme y a aussi perdu la vie : Zahra Haddad Adel, issue d'une famille longtemps associée à la théocratie du pays. Avec ces deux proches désormais considérés par les partisans de la ligne dure comme des martyrs de la guerre contre l'Amérique et Israël, la cote de Khamenei, âgé de 56 ans, a probablement grimpé auprès des clercs vieillissants de l'Assemblée des experts, forte de 88 religieux chiites, qui l'ont choisi comme le nouveau guide suprême du pays.


Parmi ceux qui pouvaient concurrencer le "fils de" , il y avait notamment Alireza Arafi, membre du triumvirat qui assure l'intérim du pouvoir, Mohammad Mehdi Mirbagheri, un représentant de l'aile la plus conservatrice du clergé chiite, ou encore Hassan Khomeini, petit-fils de Rouhollah Khomeini.

Celui qui était dépeint comme un sérieux concurrent Ebrahim Raïssi est mort dans un accident d'hélicoptère en 2024, laissant un boulevard à Mojtaba Khamenei.

Un homme de l'ombre et de réseau
Né en 1969 dans la ville de Mashhad, dans le nord-est du pays, environ 10 ans avant la révolution islamique de 1979 qui allait balayer l'Iran, Khamenei a grandi alors que son père militait contre le chah Mohammad Reza Pahlavi.

Après la Révolution islamique, la famille de Khamenei s'est installée à Téhéran. Mojtaba Khamenei sert avec le bataillon Habib ibn Mazahir, une division des Gardiens de la révolution, lors de la guerre entre l'Iran et l'Irak. Une division dont plusieurs membres allaient accéder à de puissants postes de renseignements au sein de l'organisation, probablement avec le soutien de la famille Khamenei, selon AP.

Avec l'accession de son père au poste de guide suprême en 1989, Mojtaba Khamenei et sa famille ont pu bénéficier de la manne financière du régime.

Des qualifications théologiques
Son influence s’est accrue parallèlement à celle de son père, au sein des bureaux de ce dernier, dans le centre de Téhéran. Des câbles diplomatiques américains publiés par WikiLeaks à la fin des années 2000 commencent alors à le désigner comme "le pouvoir derrière les toges". L'un d'eux relatait une rumeur selon laquelle Mojtaba Khamenei aurait mis sur écoute le téléphone du guide suprême. Il est décrit comme le "principal gardien du temple".

Khamenei "est largement considéré au sein du régime comme un dirigeant et un gestionnaire capable et énergique qui pourrait un jour succéder à au moins une part de la direction nationale : son père pourrait aussi le voir sous cet angle", indiquait un autre câble de 2008, notant également son manque de qualifications théologiques et son âge.

Le manque de connaissances théologiques est une critique qui revient souvent concernant ses chances d'accéder au pouvoir. Il ne dispose que du titre de "hojatoleslam" (rang intermédiaire dans le clergé chiite). Or, d'après les critères définis par la Constitution, l'accès à la fonction suprême nécessite d'obtenir le rang d'ayatollah marja (ou "source d'imitation"), d'être à la tête d'un séminaire et de prouver de nombreuses années de pratique de l'enseignement religieux.

"Mojtaba est cependant, en raison de ses compétences, de sa richesse et de ses alliances inégalées, considéré par un certain nombre d'initiés du régime comme un candidat plausible pour une direction partagée de l'Iran lors du décès de son père, que ce décès soit proche ou dans plusieurs années", affirme le même câble diplomatique de 2008.


En 2019, les États-Unis l'ont sanctionné lors du premier mandat du président américain Donald Trump, lui reprochant de "faire progresser les ambitions régionales déstabilisatrices de son père et ses objectifs nationaux oppressifs."

Selon le Trésor américain, il travaille en étroite collaboration avec les Gardiens de la révolution, tant avec les commandants de sa force expéditionnaire Al-Qods qu'avec ses volontaires du Basidj, accusés de la sanglante répression des manifestations de janvier.

Une enquête de Bloomberg, publiée récemment, fait état d'acquisitions immobilières à travers des sociétés écrans à Londres, Francfort ou encore Dubaï. Selon le média, Mojtaba Khamenei a tissé un vaste réseau d'investissements occultes et lucratifs.



Il aurait également soutenu en coulisses l'élection du président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2005 et sa réélection contestée en 2009. Mahdi Karroubi, candidat malheureux à la présidence en 2005 et 2009, dépeint Mojtaba Khamenei en personnage issu du népotisme après ces supposées ingérences dans les élections. Son père aurait déclaré à l'époque que Khamenei était "un seigneur lui-même, pas le fils d'un seigneur".

Avec AP et Reuters

Nouveau commentaire :



SPORTS

Le Cameroun termine en tête, le Cap-Vert s'offre un point historique

CAN Féminine Maroc 2026 : le Ghana arrache sa qualification en quarts de finale après son nul face au Mali

Après les excuses de la FIFA, la CAF renouvelle sa confiance à Gianni Infantino

Officiel : le Barça renonce à son déplacement au Maroc

Scandale : Football: Gianni Infantino accusé d'avoir promis la finale du Mondial 2030 au Maroc

Football : la FIFA présente ses excuses après le retrait du projet FIFA Forward Enterprise

L'UEFA maintient son boycott des compétitions de la FIFA et réclame le départ de Gianni Infantino

Gianni Infantino : « La FIFA ne tolérera plus aucune atteinte à son intégrité »

Phases nationales : Seydou Sané a apporté son soutien aux cinq équipes de Ziguinchor

CAN féminine 2026 : Mame Moussa Cissé quitte son poste de sélectionneur des Lionnes




PEOPLE

Après son intervention en français, Amy Mara fait l'objet de nombreuses critiques

Nécrologie : l'influenceur Mansour Diouf est décédé dans un accident de la route

Jocelyne Béroard plaide pour des vols directs entre Dakar et les Antilles

Jocelyne Béroard : « Kassav' continue de vivre malgré l'absence de Jacob Desvarieux »

Paco Diatta hors de danger : son état de santé évolue favorablement

JOJ Dakar 2026 : découvrez Mamy Mbaye, la chanteuse de l'hymne officiel

RDC : l'artiste Wilfrid Mandé décède dans un accident de la route

Propos racistes visant Mbappé : la FFF annonce une plainte contre Celeste Amarilla

Bonnie Tyler, interprète de « Total Eclipse of the Heart », est décédée

Burkina Faso : les concours de beauté suspendus par la junte militaire