Menu

Ibou Fall : "J’ai un problème avec la polygamie"

Jeudi 11 Avril 2024

Dans l’édition du mardi d’avril 2024 de l’émission « Xew xewou diamono » diffusée sur Iradio, le chroniqueur Ibou Fall a engagé une réflexion critique sur la pratique de la polygamie au Sénégal, en la comparant à l’apartheid tel qu’il était pratiqué en Afrique du Sud.


Cette comparaison audacieuse a été faite dans le contexte de la récente composition du gouvernement annoncée par le Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que du fait notable que le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, est ouvertement polygame, une première dans l’histoire du pays.

Ibou Fall a d’abord abordé la question du nombre de ministres femmes dans le nouveau gouvernement, mais son attention s’est rapidement concentrée sur la question de la polygamie à la lumière de la situation personnelle du président de la République.


Il a exprimé son inquiétude : “Moi, 35 ministres et 5 secrétaires d’État, ça ne me rassure pas (il a fait un lapsus, il s’agit de 25 ministres et 5 secrétaires d’État). Ça ne me rassure pas du tout. En plus, l’histoire des quatre femmes dans le vent, eh bien, moi, ce n’est même pas le nombre réduit de femmes qui me fait sursauter. Moi, c’est depuis qu’on a un nouveau président polygame qu’on assiste à une sorte de régression. Les gens en parlent de gauche à droite; certains parlent de deux, trois, quatre femmes, on semble le prendre à la légère.”


Le chroniqueur a ensuite évoqué son opposition à la polygamie, fondée sur une exigence d’égalité des droits au sein de la République. Sa critique souligne une disparité de droits fondamentale entre hommes et femmes en matière de mariage polygame :

“Tu sais, moi, j’ai un problème avec la polygamie. Pour une raison très simple : nous sommes en République, et tous les citoyens doivent être égaux en droit. Or, la polygamie, telle qu’elle est pratiquée au Sénégal, fait que la moitié de la population a des droits que l’autre moitié n’a pas.”


Approfondissant sa comparaison avec l’apartheid, Ibou Fall a mis en lumière la discrimination intrinsèque à la pratique de la polygamie, qui, selon lui, confère des droits inégaux et favorise une forme de discrimination institutionnalisée avec l’accession au pouvoir d’un président polygame : “C’est-à-dire que nous, on s’est indigné de l’apartheid qui s’est passé en Afrique du Sud, où on accordait des droits que les Noirs n’avaient pas. Mais on est pratiquement dans le même cas, certes, c’est moins sanglant. Mais la discrimination, c’est de la discrimination. Vous ne pouvez pas me démentir. C’est-à-dire que dans une république, tous les citoyens doivent avoir le même droit. Et ça, c’est discriminatoire.”


La critique d’Ibou Fall ne se limite pas à une question de droits égaux mais touche à la nature même de la République et à l’application uniforme de la loi à tous ses citoyens, sans égard à leur religion ou à leurs pratiques culturelles.

 

Il conclut en soulignant le caractère privé que devrait revêtir la pratique de la polygamie, contrastant ainsi avec son institutionnalisation apparente : “Par exemple, les catholiques ne le font pas, et c’est là que la République doit égaliser tout le monde. Si on te disait, toi, tu es musulman, tu as le droit d’avoir quatre femmes, mais la musulmane en face de toi ne peut pas avoir 4 maris. Normalement, ça, ça doit rester à titre privé.”


On en profite pour rappeler au chroniqueur Ibou Fall, que la comparaison entre la polygamie et l’apartheid en Afrique du Sud n’est pas tout à fait appropriée, car les contextes et implications de ces phénomènes sont profondément différents. En Afrique du Sud, un exemple emblématique de la législation de l’apartheid, illustrant de manière frappante la discrimination, est la loi sur les laissez-passer (Pass Laws Act) de 1952. Cette loi s’inscrivait dans un ensemble de réglementations visant à restreindre la mobilité des populations noires en Afrique du Sud, les obligeant à porter constamment un laissez-passer. Ce document spécifiait les lieux où ils étaient autorisés à travailler, vivre et se déplacer.


La loi sur les laissez-passer a eu un impact discriminatoire profond, en limitant sévèrement la liberté de mouvement des Sud-Africains noirs et en les reléguant souvent à des zones spécifiques telles que les bantoustans ou les townships, éloignés des centres urbains et des opportunités d’emploi. Les individus noirs faisaient régulièrement l’objet d’arrestations et d’emprisonnements pour des infractions relatives aux laissez-passer, telles que le manque de document valide ou la présence en dehors de la zone géographique autorisée par leur laissez-passer.


La comparaison entre l’apartheid et la polygamie faite par le chroniqueur Ibou Fall est donc très maladroite. Il est fort probable qu’il fournira des explications lors de sa prochaine émission, prévue pour le mardi prochain.
Lisez encore

Nouveau commentaire :






AUTRES INFOS

L'Éclatante Mamy Sora : Quand l'audace vestimentaire rencontre la confiance en soi

Syrie: l'épouse du président Bachar el-Assad atteinte de leucémie

Iran: début des processions funèbres pour le président Raïssi

La Revue de Presse de Fatou Thiam Ngom du Mardi 21 mai 2024 (wolof)

Biens Mal acquis : Cheikh Bara Ndiaye enfonce l'ex ministre Thèrèse Faye Diouf (vidéo)

Au Maroc, cinquième mois de grève dans les facultés de médecine

Popenguine : ferveur et joie lors de la marche vers le nouveau sanctuaire

Interdit d’antenne à la RFM : Sidath Thioune réagit enfin ! (vidéo)

Bravador : L'Influenceur Ivoirien au Service d'Ousmane Sonko

Nécrologie : Décès de l'artiste Bah Moody


Flux RSS

Inscription à la newsletter