Le débat sur la légalisation de la polygamie, longtemps cantonné aux marges du discours politique ivoirien, a refait surface avec fracas. En cause : une ancienne prise de position de Naya Jarvis Zamblé, aujourd’hui l’une des figures les plus en vue de l’Assemblée nationale. Une vidéo datant de 2023, récemment redevenue virale, montre la jeune députée défendre avec assurance l’encadrement légal de la polygamie. Une sortie qui continue de diviser l’opinion.
Dans un cadre résolument moderne de Cocody, à quelques pas du Sofitel Hôtel Ivoire, la parlementaire assume pleinement ses propos. Entourée de proches collaborateurs, elle refuse toute lecture idéologique ou religieuse de sa position. Pour elle, le sujet est avant tout social et juridique. « Ce que je combats, c’est une hypocrisie collective », martèle-t-elle, estimant que l’interdiction officielle de la polygamie ne fait que renforcer la précarité des femmes concernées.
Une réalité sociale face au déni juridique
Catholique revendiquée, Naya Jarvis Zamblé insiste : son combat n’est pas confessionnel. Il s’agit, selon elle, de reconnaître une réalité sociologique profondément ancrée dans certaines pratiques, tout en protégeant celles qui en subissent les conséquences. Elle décrit des situations fréquentes où des femmes, engagées pendant de longues années dans des unions non reconnues, se retrouvent brutalement exclues et dépossédées à la mort de leur compagnon.
« Ces femmes existent, leurs enfants existent, mais le droit les ignore », déplore-t-elle. À ses yeux, l’absence de cadre légal transforme ces femmes en victimes silencieuses d’un système qui préfère détourner le regard. D’où son plaidoyer pour une légalisation encadrée, qu’elle présente non comme une obligation, mais comme une option destinée à sécuriser des situations déjà existantes.
À l’Assemblée nationale, cette position avait provoqué un malaise palpable. La députée se souvient d’un échange resté célèbre dans l’hémicycle, lorsqu’elle avait mis ses collègues face à leurs contradictions, soulignant le décalage entre les pratiques privées et les postures publiques. Rires gênés, silence pesant : le sujet touchait un nerf sensible.
Derrière la polémique, se dessine le portrait d’une actrice politique redoutablement déterminée. L’ascension de Naya Jarvis Zamblé s’est construite à coups de ruptures, de défis lancés à l’appareil partisan et de paris risqués. À Gohitafla, son fief du centre-ouest, elle a su s’imposer en déjouant les équilibres locaux, allant jusqu’à battre, à deux reprises, des figures solidement installées.
Jeune, femme et ambitieuse dans un univers encore largement dominé par des codes masculins, elle raconte sans détour les résistances rencontrées : mépris social, sexisme assumé, tentatives d’intimidation. Loin de l’affaiblir, ces épreuves semblent avoir renforcé sa détermination. « Pour exister, il faut parfois provoquer », confie-t-elle.
Conseillère du président de l’Assemblée nationale, maire et députée, Naya Jarvis Zamblé entame l’année 2026 dans une position de force. Réélue avec une large avance lors des législatives de décembre 2025, elle incarne une nouvelle génération politique qui n’hésite pas à bousculer les tabous.
La question de la légalisation de la polygamie, qu’elle a contribué à remettre au centre du débat, reste hautement sensible. Mais pour la députée, le silence serait pire que la controverse. « Tant que la loi refusera de voir ce qui existe, ce sont les plus vulnérables qui paieront le prix », estime-t-elle.
Dans un cadre résolument moderne de Cocody, à quelques pas du Sofitel Hôtel Ivoire, la parlementaire assume pleinement ses propos. Entourée de proches collaborateurs, elle refuse toute lecture idéologique ou religieuse de sa position. Pour elle, le sujet est avant tout social et juridique. « Ce que je combats, c’est une hypocrisie collective », martèle-t-elle, estimant que l’interdiction officielle de la polygamie ne fait que renforcer la précarité des femmes concernées.
Une réalité sociale face au déni juridique
Catholique revendiquée, Naya Jarvis Zamblé insiste : son combat n’est pas confessionnel. Il s’agit, selon elle, de reconnaître une réalité sociologique profondément ancrée dans certaines pratiques, tout en protégeant celles qui en subissent les conséquences. Elle décrit des situations fréquentes où des femmes, engagées pendant de longues années dans des unions non reconnues, se retrouvent brutalement exclues et dépossédées à la mort de leur compagnon.
« Ces femmes existent, leurs enfants existent, mais le droit les ignore », déplore-t-elle. À ses yeux, l’absence de cadre légal transforme ces femmes en victimes silencieuses d’un système qui préfère détourner le regard. D’où son plaidoyer pour une légalisation encadrée, qu’elle présente non comme une obligation, mais comme une option destinée à sécuriser des situations déjà existantes.
À l’Assemblée nationale, cette position avait provoqué un malaise palpable. La députée se souvient d’un échange resté célèbre dans l’hémicycle, lorsqu’elle avait mis ses collègues face à leurs contradictions, soulignant le décalage entre les pratiques privées et les postures publiques. Rires gênés, silence pesant : le sujet touchait un nerf sensible.
Derrière la polémique, se dessine le portrait d’une actrice politique redoutablement déterminée. L’ascension de Naya Jarvis Zamblé s’est construite à coups de ruptures, de défis lancés à l’appareil partisan et de paris risqués. À Gohitafla, son fief du centre-ouest, elle a su s’imposer en déjouant les équilibres locaux, allant jusqu’à battre, à deux reprises, des figures solidement installées.
Jeune, femme et ambitieuse dans un univers encore largement dominé par des codes masculins, elle raconte sans détour les résistances rencontrées : mépris social, sexisme assumé, tentatives d’intimidation. Loin de l’affaiblir, ces épreuves semblent avoir renforcé sa détermination. « Pour exister, il faut parfois provoquer », confie-t-elle.
Conseillère du président de l’Assemblée nationale, maire et députée, Naya Jarvis Zamblé entame l’année 2026 dans une position de force. Réélue avec une large avance lors des législatives de décembre 2025, elle incarne une nouvelle génération politique qui n’hésite pas à bousculer les tabous.
La question de la légalisation de la polygamie, qu’elle a contribué à remettre au centre du débat, reste hautement sensible. Mais pour la députée, le silence serait pire que la controverse. « Tant que la loi refusera de voir ce qui existe, ce sont les plus vulnérables qui paieront le prix », estime-t-elle.

