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Entre les annonces et les services offerts par Free : L’Asutic relève des écarts

Mardi 12 Novembre 2019

«Il existe un intolérable décalage entre la communication de Free et la qualité des services effectivement vendus aux utilisateurs.» Ce constat est de l’Association des utilisateurs des Tic (Asutic).


Suite aux témoignages sur les «graves dysfonctionnements» de son réseau, l’Asutic a effectué des tests sur le service 3G de l’opérateur. «L’objectif de ce test était de déterminer l’ampleur du problème, analyser la qualité du service 3G de Free et confronter la communication de l’opérateur avec la réalité», explique-t-on dans un communiqué.
Au total, 149 mesures ont été réalisées sur le réseau 3G de Free parmi lesquelles 71 ont été des cas où le réseau était indisponible. «Ainsi, on a un taux d’accès au réseau de 52% avec un débit moyen en téléchargement de 2,09 MBs et en téléversement de 1,65 MBs. La proportion de tests où l’accès au réseau est indisponible est particulièrement élevée», relève Ndiaga Guèye, président de l’Asutic.


Selon ce dernier, ce débit «très faible» comparé au signal H+ qui s’affiche est continuellement accompagné de coupures en moyenne de 2 à 5 minutes toutes les 10 à 30 secondes, voir 1 minute de connexion. «Impossible d’avoir 5 minutes de connexion en continu», regrette l’Asutic, qui précise qu’il ne s’agit pas uniquement d’un débit faible. «Il s’agit aussi et de manière trop récurrente, d’une impossibilité d’avoir accès au réseau. Plus que le débit en lui-même, c’est davantage la stabilité qui pose problème», dénonce l’association.

Ces niveaux de qualité, conséquence de la non-permanence du réseau et la continuité du service de Free, ne semblent pas anodins, aux yeux de l’Asutic, qui se demande si Free ne briderait pas volontairement la con­nexion, «autrement dit, Free ferait-il une gestion du trafic ?».

Asutic interroge même sur les capacités en bande passante de Free pour satisfaire les besoins des utilisateurs en cas d’explosion des ventes de ses offres. Free serait-il ainsi tenté de mettre en œuvre l’article 27 du code des communications électroniques, relatif aux mesures raisonnables de gestion du trafic, rien que pour optimiser l’accès de tous ses abonnés à son réseau pour éviter une congestion de certains éléments ? «Ce qui serait une première au Séné­gal et dans le mauvais sens.»


L’Asutic doute par ailleurs, sur les investissements réellement consentis par l’opérateur pour l’amélioration de la qualité de son réseau, surtout qu’il pouvait et peut toujours y parvenir «très vite en ayant accès aux infrastructures des autres opérateurs sur le fondement des dispositions des articles 103 et suivants du code des communications électroniques mais aussi du décret n° 2016-1988 portant sur le partage des infrastructures».


Selon l’Asutic, la dynamisation concurrentielle initiée par Free doit se faire au profit des utilisateurs. Constatant, la baisse des prix au détriment de la qualité, l’association estime qu’un indispensable et urgent recadrage de Free s’impose. Ainsi, elle compte saisir l’Artp d’une plainte contre Saga Africa Holdings (Free) sur le fondement de l’article 216 du code des communications électroniques pour manquements aux dispositions 8.1 et suivants de son cahier des charges portant sur la permanence et continuité du réseau et des services.


L’association invite l’Artp à faire au plus vite toute la lumière sur les origines des perturbations constatées sur le réseau de Free. Conformément aux dispositions de l’article 202, alinéa 12 du code des communications électroniques, elle demande à l’Artp de mettre en place des critères de qualité assurant aux utilisateurs de pouvoir utiliser dans les meilleures conditions les technologies mobiles sur l’ensemble des zones où elles sont prétendument disponibles par les opérateurs.
Au Gouvernement du Sénégal, elle appelle à élaborer et adopter un code de la consommation qui permettra enfin aux utilisateurs d’avoir recours à la justice par l’action de groupe.
ksonko@lequotidien.sn
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