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Donal Trump mauvais joueur

Vendredi 6 Novembre 2020

Le président sortant compte se battre jusqu’au bout pour contester la probable victoire de son adversaire démocrate. Une bataille sur le plan juridique mais qui s’appuie aussi sur les réseaux sociaux et la mobilisation de ses partisans.


Pour connaître l’humeur de Donald Trump, suivez son compte Twitter, son arme favorite. Ce jeudi matin, quarante huit heures après une élection qui n’a toujours pas désigné son vainqueur, le message du président sortant était clair : « STOP THE COUNT ! » Arrêtez le dépouillement ! Cette supplique, ou plutôt cet ordre, de la part d’un chef d’Etat censé être le garant du bon fonctionnement de la démocratie, tout en voulant porter atteinte à l’un de ses piliers, une élection libre, est en soi sidérant. « Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection » a-t-il d’ailleurs ajouté hier soir, dans un discours prononcé depuis la Maison Blanche.


Même en tenant compte des outrances auxquelles il a habitué ses compatriotes, la démarche en dit long sur l’état d’esprit de Donald Trump. Le match, qui avait bien débuté pour lui mardi soir, n’est certes pas fini. Des Etats comme la Pennsylvanie, le Nevada, la Géorgie n’avaient encore dépouillé hier qu’entre 85 et 95 % des bulletins, avec des écarts très serrés, entretenant le suspense. Mais Trump apparaît d’ores et déjà en mauvais perdant, en candidat belliqueux prêt à tout pour conserver la Maison-Blanche.
 
Sa famille monte au front
Sa tactique ? « Lancer un processus judiciaire massif de contestation de toutes les fraudes, auxquelles le camp démocrate se livre dans tous les Etats », assure Stephen, un proche de la campagne Trump, à Washington. Objectif ? Décrédibiliser par avance un scrutin dont le candidat démocrate, Joe Biden, pourrait sortir vainqueur… et donc saper la légitimité du futur président, si la tendance actuelle dans les urnes se confirme. Pour faire baisser la tension, Joe Biden a fait une courte intervention hier appelant ses partisans à la patience et au calme. « Il ne fait aucun doute que lorsque le décompte sera terminé nous serons vainqueurs », a-t-il dit. Le président sortant, lui, fait monter au front sa famille. « On essaie de nous voler cette élection », tonne ainsi depuis Philadelphie, épicentre de toutes les tensions, Eric Trump, le fils du candidat. Dans la foulée, cet homme d’affaires de 36 ans, vice-président du groupe paternel Trump Organization, a publié sur Twitter une vidéo montrant un homme en train de brûler 80 bulletins de vote pro-Trump.


Les responsables du bureau concerné ont démenti, assurant qu’il ne s’agit que d’échantillons et non de bulletins remplis. « Il n’y a pas que cela, des plaintes remontent dans tous les sens à l’équipe menée par Eric Trump et Rudy Giuliani, reprend Stephen. On nous a signalé des bureaux dans des zones démocrates ou les observateurs du Parti républicain ont été empêchés de pénétrer ou tenus à l’écart des opérations de dépouillement, des paquets de bulletins qui disparaissent. Dans le Michigan, 136 000 bulletins de vote pro-Biden apparaissent comme par magie dans la nuit. »
 
 Giuliani coordonne les opérations
 Rudy Giuliani, 76 ans, l’ancien maire à poigne de New York, conseiller juridique de Trump, compte saisir chaque prétexte pour contester la fraude en justice. « On le surnomme le bouledogue, il est tenace, acharné et courageux », vante le supporteur trumpiste. Giuliani, qui s’est envolé pour Philadelphie dès mercredi, coordonne les opérations depuis cette métropole « bleue » cernée de comtés « rouges ». Avec Trump junior, il a embauché de nouveaux avocats, venus renforcer un bataillon de quelque 400 hommes de loi parmi les plus talentueux et doués du pays. Ils se déploient sur le terrain, vont à la pêche aux documents, inspectent les bureaux litigieux… Cette bataille judiciaire qui succède à la bataille des urnes promet d’être longue, comme en 2000 le duel Bush Jr-Al Gore. Car il y a deux niveaux de justice, les cours suprêmes des 50 Etats, puis, si le contentieux est suffisamment étayé, la Cour suprême fédérale. Dans certains comtés, comme en Géorgie, au Nevada et surtout en Pennsylvanie, l’écart entre les deux rivaux n’est que d’une poignée de voix, et de quelques dizaines de milliers au niveau de l’Etat.


Donc des écarts proches de 2 %, où d’éventuelles fraudes pourraient de fait changer le résultat. Examiner tous ces litiges demandera du temps. En outre, c’est aux gouverneurs de chaque Etat qu’il revient de ratifier le résultat, à la date butoir du 8 décembre : les pro-Trump seront-ils tentés de tout bloquer ? Vu l’humeur du président sortant, en contact permanent avec son fils Eric et Giuliani, tout est possible. Les consortiums de médias, qui donnent ici les résultats, pourront certes dévoiler incessamment le nom du prochain président des Etats-Unis, cela n’aura rien d’officiel tant que la justice n’aura pas tranché… ou que l’un ou l’autre des candidats concède sa défaite. Washington (Etats-Unis), le 4 novembre. Donald Trump ne s’avoue pas vaincu.

Source: "Le parisien" 

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