Ancien militant de PASTEF, aujourd'hui engagé au sein de Kiiray, les Patriotes Républicains, le Dr Ibrahima Badji porte un regard critique sur la confrontation entre l'exécutif et la majorité parlementaire. Dans un entretien accordé à Exclusif.net, le coordonnateur de Kiiray en Gambie dénonce les blocages autour de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 et met en garde contre les conséquences économiques d'une crise institutionnelle prolongée. Il estime toutefois qu'une dissolution de l'Assemblée nationale ne constitue pas, à ce stade, la solution souhaitable.
La crise politique et budgétaire qui secoue le Sénégal continue de provoquer de vives réactions. Le Dr Ibrahima Badji, consultant en diplomatie et expert en géopolitique, ancien militant de PASTEF ayant rejoint Kiiray, le mouvement des Patriotes Républicains, s'est exprimé sur les tensions entre le gouvernement et la majorité parlementaire.
Dans un entretien accordé à Exclusif.net, il défend les orientations économiques de l'exécutif tout en dénonçant ce qu'il considère comme une volonté de blocage de la part de ses anciens camarades politiques.
« Les marchés n'ont pas peur des chiffres difficiles, ils ont peur du flou »
Interrogé sur les difficultés budgétaires du Sénégal et leurs conséquences sur la confiance des investisseurs, Dr Ibrahima Badji estime que la transparence constitue un impératif pour rassurer les partenaires financiers.
« Il n'y a pas de crise cachée. Nous faisons face à un choc exogène couplé à une transparence nouvelle. La réalité, ce sont 340 milliards de FCFA de recettes en moins, 540 milliards de dépenses en plus avec un baril de pétrole passé de 64 prévus à 110 et 1 956 milliards d'arriérés à apurer », affirme-t-il.
Selon lui, les difficultés actuelles ne doivent pas être interprétées comme une faillite de la politique économique, mais comme une situation imposant des ajustements budgétaires.
« La seule responsabilité du gouvernement actuel est d'avoir dit la vérité », soutient-il.
Le responsable de Kiiray considère que le rétablissement de la confiance passe notamment par la sécurisation des relations avec le Fonds monétaire international (FMI), l'apurement des engagements de l'État et le soutien aux secteurs productifs.
« Pour rassurer les marchés, la feuille de route est claire : voter la Loi de finances rectificative (LFR) pour injecter 300 milliards dans le secteur du BTP, sécuriser l'accord avec le FMI, et démontrer que le Sénégal reste un pays qui paie ses dettes. Les marchés n'ont pas peur des chiffres difficiles, ils ont peur du flou », déclare-t-il.
LFR 2026 : « Contrôler ne signifie pas paralyser »
Sur le bras de fer entre le gouvernement et l'Assemblée nationale, le Dr Badji défend la nécessité d'adopter les ajustements budgétaires proposés par l'exécutif.
Dans cet entretien, réalisé dans le contexte des discussions sur le collectif budgétaire, il avait clairement affiché la position de Kiiray.
« Notre position est limpide : nous votons la LFR. Sans elle, ce sont 300 milliards de FCFA destinés au BTP qui restent bloqués, entraînant l'arrêt des chantiers et mettant en péril nos entreprises locales », avait-il déclaré.
Pour l'ancien militant de PASTEF, le Parlement doit exercer pleinement son pouvoir de contrôle sans pour autant compromettre, selon lui, la continuité de l'action gouvernementale.
« L'Assemblée nationale doit contrôler l'action gouvernementale, c'est son rôle républicain, mais contrôler ne signifie pas paralyser », insiste-t-il.
Il réclame également une meilleure traçabilité des investissements publics, évoquant notamment 555 milliards de FCFA d'investissements reportés.
Ces déclarations prennent une résonance particulière après le rejet, le 3 novembre 2026, du projet de loi de finances rectificative par l'Assemblée nationale.
Dissolution de l'Assemblée nationale : « Elle n'est pas souhaitable aujourd'hui »
Alors que la confrontation entre l'exécutif et la majorité parlementaire alimente les spéculations sur une éventuelle dissolution de l'Assemblée nationale, Dr Ibrahima Badji privilégie une sortie de crise institutionnelle.
« Non, la dissolution n'est pas souhaitable aujourd'hui. Elle engendrerait un coût financier important, une instabilité pour les investisseurs et une menace pour la paix sociale », estime-t-il.
Le responsable de Kiiray appelle à une clarification politique sous l'autorité du président Bassirou Diomaye Faye, tout en insistant sur le respect des institutions.
« La Constitution offre des outils, notamment l'article 86, pour assurer la continuité de l'État. Kiiray appelle à une clarification par le sommet, dans le respect strict des institutions, sous l'égide du Président Bassirou Diomaye Faye qui en est le garant », explique-t-il.
Toutefois, le Dr Badji n'exclut pas une évolution de sa position si les tensions devaient s'aggraver.
« Pour dialoguer, il faut être deux. Si Pastef opte pour le chaos, nous appellerons le Président de la République à prendre pleinement ses responsabilités », avertit-il.
« Le projet s'est transformé en un culte de la personnalité »
Revenant sur les raisons de sa rupture avec PASTEF, Ibrahima Badji ne ménage pas ses anciens camarades.
Il explique avoir adhéré à cette formation politique avec l'espoir de participer à un véritable changement dans la gouvernance du pays.
« J'ai milité à Pastef avec la conviction profonde d'un idéal de rupture. J'ai décidé de quitter ce parti lorsque le projet s'est transformé en un culte de la personnalité où plus aucun débat contradictoire n'était possible », affirme-t-il.
Il reproche également à son ancienne formation politique de privilégier, selon lui, les confrontations institutionnelles au détriment des intérêts nationaux.
« Je suis un républicain. Je ne peux pas cautionner un dispositif qui oppose systématiquement l'Assemblée au Président élu, et qui bloque le budget national pour des règlements de comptes politiques », dénonce-t-il.
À l'inverse, il estime avoir retrouvé au sein de Kiiray une conception de l'engagement politique davantage fondée sur la discipline institutionnelle et le dialogue.
« À Kiiray, j'ai retrouvé le goût du débat, la discipline républicaine et le sens de l'État », précise t-il sur ce point.
La crise politique et budgétaire qui secoue le Sénégal continue de provoquer de vives réactions. Le Dr Ibrahima Badji, consultant en diplomatie et expert en géopolitique, ancien militant de PASTEF ayant rejoint Kiiray, le mouvement des Patriotes Républicains, s'est exprimé sur les tensions entre le gouvernement et la majorité parlementaire.
Dans un entretien accordé à Exclusif.net, il défend les orientations économiques de l'exécutif tout en dénonçant ce qu'il considère comme une volonté de blocage de la part de ses anciens camarades politiques.
« Les marchés n'ont pas peur des chiffres difficiles, ils ont peur du flou »
Interrogé sur les difficultés budgétaires du Sénégal et leurs conséquences sur la confiance des investisseurs, Dr Ibrahima Badji estime que la transparence constitue un impératif pour rassurer les partenaires financiers.
« Il n'y a pas de crise cachée. Nous faisons face à un choc exogène couplé à une transparence nouvelle. La réalité, ce sont 340 milliards de FCFA de recettes en moins, 540 milliards de dépenses en plus avec un baril de pétrole passé de 64 prévus à 110 et 1 956 milliards d'arriérés à apurer », affirme-t-il.
Selon lui, les difficultés actuelles ne doivent pas être interprétées comme une faillite de la politique économique, mais comme une situation imposant des ajustements budgétaires.
« La seule responsabilité du gouvernement actuel est d'avoir dit la vérité », soutient-il.
Le responsable de Kiiray considère que le rétablissement de la confiance passe notamment par la sécurisation des relations avec le Fonds monétaire international (FMI), l'apurement des engagements de l'État et le soutien aux secteurs productifs.
« Pour rassurer les marchés, la feuille de route est claire : voter la Loi de finances rectificative (LFR) pour injecter 300 milliards dans le secteur du BTP, sécuriser l'accord avec le FMI, et démontrer que le Sénégal reste un pays qui paie ses dettes. Les marchés n'ont pas peur des chiffres difficiles, ils ont peur du flou », déclare-t-il.
LFR 2026 : « Contrôler ne signifie pas paralyser »
Sur le bras de fer entre le gouvernement et l'Assemblée nationale, le Dr Badji défend la nécessité d'adopter les ajustements budgétaires proposés par l'exécutif.
Dans cet entretien, réalisé dans le contexte des discussions sur le collectif budgétaire, il avait clairement affiché la position de Kiiray.
« Notre position est limpide : nous votons la LFR. Sans elle, ce sont 300 milliards de FCFA destinés au BTP qui restent bloqués, entraînant l'arrêt des chantiers et mettant en péril nos entreprises locales », avait-il déclaré.
Pour l'ancien militant de PASTEF, le Parlement doit exercer pleinement son pouvoir de contrôle sans pour autant compromettre, selon lui, la continuité de l'action gouvernementale.
« L'Assemblée nationale doit contrôler l'action gouvernementale, c'est son rôle républicain, mais contrôler ne signifie pas paralyser », insiste-t-il.
Il réclame également une meilleure traçabilité des investissements publics, évoquant notamment 555 milliards de FCFA d'investissements reportés.
Ces déclarations prennent une résonance particulière après le rejet, le 3 novembre 2026, du projet de loi de finances rectificative par l'Assemblée nationale.
Dissolution de l'Assemblée nationale : « Elle n'est pas souhaitable aujourd'hui »
Alors que la confrontation entre l'exécutif et la majorité parlementaire alimente les spéculations sur une éventuelle dissolution de l'Assemblée nationale, Dr Ibrahima Badji privilégie une sortie de crise institutionnelle.
« Non, la dissolution n'est pas souhaitable aujourd'hui. Elle engendrerait un coût financier important, une instabilité pour les investisseurs et une menace pour la paix sociale », estime-t-il.
Le responsable de Kiiray appelle à une clarification politique sous l'autorité du président Bassirou Diomaye Faye, tout en insistant sur le respect des institutions.
« La Constitution offre des outils, notamment l'article 86, pour assurer la continuité de l'État. Kiiray appelle à une clarification par le sommet, dans le respect strict des institutions, sous l'égide du Président Bassirou Diomaye Faye qui en est le garant », explique-t-il.
Toutefois, le Dr Badji n'exclut pas une évolution de sa position si les tensions devaient s'aggraver.
« Pour dialoguer, il faut être deux. Si Pastef opte pour le chaos, nous appellerons le Président de la République à prendre pleinement ses responsabilités », avertit-il.
« Le projet s'est transformé en un culte de la personnalité »
Revenant sur les raisons de sa rupture avec PASTEF, Ibrahima Badji ne ménage pas ses anciens camarades.
Il explique avoir adhéré à cette formation politique avec l'espoir de participer à un véritable changement dans la gouvernance du pays.
« J'ai milité à Pastef avec la conviction profonde d'un idéal de rupture. J'ai décidé de quitter ce parti lorsque le projet s'est transformé en un culte de la personnalité où plus aucun débat contradictoire n'était possible », affirme-t-il.
Il reproche également à son ancienne formation politique de privilégier, selon lui, les confrontations institutionnelles au détriment des intérêts nationaux.
« Je suis un républicain. Je ne peux pas cautionner un dispositif qui oppose systématiquement l'Assemblée au Président élu, et qui bloque le budget national pour des règlements de comptes politiques », dénonce-t-il.
À l'inverse, il estime avoir retrouvé au sein de Kiiray une conception de l'engagement politique davantage fondée sur la discipline institutionnelle et le dialogue.
« À Kiiray, j'ai retrouvé le goût du débat, la discipline républicaine et le sens de l'État », précise t-il sur ce point.

